République Centrafricaine : pillages, vols armés et violences contre l’aide humanitaire

Le centre de santé MSF de Kabo en RCA ici en décembre 2011.
Le centre de santé MSF de Kabo, en RCA, ici en décembre 2011. ©Anna Surinyach

MSF, qui a été plusieurs fois ciblée par des groupes armés, appelle le nouveau gouvernement à assumer ses responsabilités et à restaurer l’ordre dans le pays. Suite à l’évacuation d’équipes de travailleurs humanitaires, de nombreuses personnes se retrouvent privées de soins.

Des groupes armés incontrôlés présents en République Centrafricaine sèment le chaos et la population civile se retrouve sans accès à l’aide humanitaire dont elle a un besoin urgent. A plusieurs reprises depuis le début du conflit, les structures MSF ont été pillées et les équipes ont subi des vols et reçu des menaces. Les nouvelles autorités doivent assumer leurs responsabilités et rétablir un contrôle sur les groupes armés qui opèrent dans plusieurs zones du pays.

Les équipes médicales de MSF ont été évacuées des villes de Batangafo et Kabo, en raison des vols et de l’insécurité généralisée. Toutes les activités médicales et hospitalières y ont été suspendues. Comme MSF est la seule organisation humanitaire dispensant des soins médicaux, plus de 130 000 personnes ne seront plus prises en charge dans les jours et semaines à venir. MSF a subi des incidents similaires à Boguila, où presque tous les expatriés ont été évacués. L’hôpital fonctionne désormais avec une équipe extrêmement réduite.  En raison de l’insécurité, MSF ne peut accéder à des régions où il y a des besoins médicaux, notamment dans la ville de Bossangoa où l’hôpital a été pillé et où le personnel de ministère de la Santé a pris la fuite.

A Bangui, après la prise de pouvoir par les autorités le 24 mars, les structures MSF ont été pillées à plusieurs reprises, ce qui a causé de grosses pertes, notamment d’équipements, de médicaments, d’argent liquide et de véhicules. Depuis le début de l’offensive de la Séléka, les braquages ont coûté très cher à MSF. Mais plus grave, l’aide humanitaire et les activités médicales destinées aux populations qui en ont besoin sont bloquées.

« MSF reste extrêmement inquiète pour la santé et le bien-être de ces populations, observe Sylvain Groulx, chef de mission MSF à Bangui. Nous devons garder à l’esprit que même en temps de paix, elles doivent se battre tous les jours pour leur survie. Avant les derniers événements, les taux de mortalité liée aux maladies que l’on peut prévenir et traiter (principalement le paludisme) étaient déjà supérieurs aux seuils d’urgence dans plusieurs régions du pays. Aujourd’hui, l’insécurité compromet leurs moyens de survie déjà fragiles. »

A Bangui, les équipes MSF continuent d’apporter un soutien médical dans l’hôpital communautaire. Même si la situation s’est stabilisée dans la capitale, des patients blessés, victimes d’attaques et d’échanges de tirs, continuent de venir s’y faire soigner. Autres problèmes, le manque de personnel médical qualifié et les coupures d’eau et d’électricité.

MSF appelle le nouveau gouvernement, à exercer un plus grand contrôle sur les personnes armées et sur leurs propres forces pour que cessent les menaces et les attaques armées contre le personnel humanitaire et les structures médicales de sorte que la population puisse recevoir une aide humanitaire. A défaut, MSF redoute des conséquences dramatiques pour la population. 
 

MSF est présente en République Centrafricaine depuis 1997 et mène sept programmes dans cinq des sept districts sanitaires du pays. En collaboration avec le ministère de la Santé, MSF apporte un soutien à sept hôpitaux et 38 postes de santé. Soins de santé primaire, traitement du VIH et de la tuberculose, maladies négligées, traitement de la malnutrition, vaccination, chirurgie et autres soins spécialisés sont au cœur des activités de MSF. La prise en charge du paludisme est souvent la priorité des programmes de MSF en RCA.

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Consultez notre dossier consacré à nos activités en République Centrafricaine.

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