RCA : les violences se poursuivent dans la région de Bambari

Dispensaire mobile MSF région de Bambari février 2015
Dispensaire mobile MSF, région de Bambari, février 2015 ©Jeroen Oerlemans

Les conditions de sécurité volatiles à Bambari, dans la préfecture de l’Ouaka en République centrafricaine (RCA), ont des conséquences sur les habitants de la ville et empêchent les organismes d’aide humanitaire, dont MSF, de totalement répondre aux besoins médicaux de la population.

Bien que les barricades érigées au cours des derniers jours aient maintenant été démontées, les violences et vols à main armée perpétrés contre des civils restent quotidiens ; l’atmosphère dans la ville et ses environs demeure tendue. Les habitants de Bambari vivent dans la peur. Ainsi, récemment, un groupe d’hommes armés a pénétré de force dans l'enceinte de l’hôpital de Bambari et les patients ont dû fuir.

Dans un tel contexte, il est difficile pour MSF de prodiguer des soins médicaux à ceux qui en ont besoin. Notre équipe a été forcée de restreindre temporairement ses déplacements. Nos activités ont depuis repris, avec notamment la mise en place des dispensaires mobiles pour les communautés chrétiennes que musulmanes. Lors des violences, l’équipe a également assuré la prise en charge de 12 blessés à l’hôpital de Bambari. La plupart souffraient des blessures par balle ou par grenades. L'un d'entre eux est malheureusement décédé.

Cette insécurité empêche la population de rejoindre les structures de santé et entrave l'action des organisations humanitaires. Ainsi, pendant plusieurs jours, l’équipe MSF n'a pas pu se rendre dans les cinq centers de santé qu’elle soutient. Toutefois, du matériel (des pansements et des kits de stabilisation des blessés) avait pu être pré-positionné afin de prendre en charge des blessés et autres cas urgents.

La situation est également tendue autour de Bambari, une zone où l'accès aux soins médicaux posait déjà problème avant. Une équipe MSF a cependant pu rejoindre Ngakobo, un village situé à 66 km au sud de Bambari, où environ 9 500 personnes déplacées sont regroupées. "Sur la route : des villages fantômes, en ruines, abandonnés par les villageois lors des attaques", raconte Martin Braaksma, chef de mission MSF en RCA. "Dans d’autres villages, les habitants n'osent pas se rendre dans les champs travailler. Ils sont pris au piège par la violence". En deux jours, 427 consultations ont été dispensées dans le camp ainsi que dans un village proche, principalement pour des cas de paludisme et d’infections respiratoires. MSF a également lancé une intervention visant à fournir un accès à l’eau potable en quantité suffisante dans le camp.

Le paludisme reste l’un des principaux problèmes de santé publique en RCA, particulièrement chez les enfants. Dans la région de Bambari, MSF gère six centres de diagnostic et de traitement de cette pathologie . En janvier 2015, MSF a pris en charge 3 231 patients atteints de paludisme, dont plus de 40% étaient des enfants âgés de moins de 5 ans.

MSF est présente à Bambari depuis mai 2014.

Dossier spécial RCA

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