Myanmar : maintenir l’accès aux soins malgré le coup d’État

Une femme se rend avec son enfant à la clinique MSF Insein, à Rangoun en Birmanie, en juin 2019.
Une femme se rend avec son enfant à la clinique MSF Insein, à Rangoun en Birmanie, en juin 2019. © Minzayar Oo

Plus d’un mois après le coup d’État organisé par la junte militaire au Myanmar, les opposants continuent de manifester tous les jours malgré la répression de plus en plus violente. Sur place, les équipes de MSF travaillent d’arrache-pied pour maintenir l’accès aux soins des plus vulnérables et soutenir les établissements médicaux qui en ont besoin.

La répression du mouvement de protestation a fait des dizaines de morts et des milliers de blessés dans tout le pays depuis le 1er février, date de la prise de pouvoir militaire. MSF a préparé son équipe d’urgence afin de pouvoir réagir et soutenir les hôpitaux dans l’éventualité où leurs capacités seraient dépassées par les besoins. 

Le 28 février a été l'une des journées les plus violentes au Myanmar depuis le coup d’État, avec au moins 18 morts. L’équipe MSF est intervenue ce jour-là et le suivant à Rangoun pour évaluer les besoins sur les lieux de manifestations et donner des fournitures médicales aux hôpitaux de la ville ainsi que dans d'autres localités où intervient MSF.

La clinique MSF de Lashio, dans le nord-est du pays, a reçu et soigné quatre blessés. La ville de Dawei, dans le sud-est, a également connu de violents affrontements ces derniers jours. Les équipes de l’association soutiennent les initiatives communautaires avec des dons de fournitures médicales et de trousses de premiers secours ; elles aident à la gestion des patients et à leur prise en charge médicale. 

Des volontaires apportent des conseils à une personne séropositive, dans le cadre d'un groupe d'auto-support pour les personnes vivant avec le Sida/VIH à Rangoun, au Myanmar, juin 2019.
Des volontaires apportent des conseils à une personne séropositive, dans le cadre d'un groupe d'auto-support pour les personnes vivant avec le Sida/VIH à Rangoun, au Myanmar, juin 2019. © Minzayar Oo

Parallèlement, elles s’assurent que les soins prodigués aux patients séropositifs ne sont pas interrompus en raison des perturbations importantes des services de santé. En effet, un nombre croissant de patients du Programme national de lutte contre le Sida (NAP) du ministère de la Santé et des Sports reviennent dans les cliniques MSF, où ils étaient initialement traités - avant que le programme ne soit transféré au ministère de la Santé - pour s’approvisionner en médicaments et voir un médecin. De nouveaux patients ont été pris en charge par MSF depuis que le NAP ne fonctionne plus. Une grande partie des hôpitaux publics du Myanmar sont fermés et il est de plus en plus difficile d’orienter les patients vers des structures médicales plus adaptées pour un traitement spécialisé.

Les activités de MSF se poursuivent également dans l’État de Rakhine, où la population rohingya, notamment les personnes qui vivent dans des camps de déplacés, reste particulièrement vulnérable après des décennies de discriminations, de violences et de persécution. 

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