Ice Cream Tsunami

Ice cream Tsunami
Ice cream Tsunami ©Baptiste Lignel

Baptiste Lignel est photographe. En mars 2011, une partie des côtes japonaises est dévastée par une triple catastrophe : séisme, tsunami et risque nucléaire. Ce fût pour Baptiste Lignel l'élément déclencheur de son soutien à MSF.

Quelques jours après le désastre, Baptiste Lignel décide de mettre en vente l’un de ses clichés intitulé « Ice Cream Tsunami » au profit de l’association, sur son site et en édition limitée. 22 tirages ont ainsi été vendus dès les deux premières semaines de l’opération pour un  montant total de 1 100€ reversés à MSF. Il revient sur cette forme de soutien originale.

 

MSF : En quoi est-ce important pour vous de s'engager pour une cause et pourquoi à travers cette initiative ?

Baptiste Lignel : La plupart des reportages dont je suis à l’origine sont de nature sociale. Ils posent la question de la différence au sein de la société, et la possibilité de s’y intégrer en dépit de cette différence. On peut dire que je suis un photographe engagé.

Cependant je ne photographie ni l’actualité, ni les zones de conflits. Aussi quand un drame aussi cruel et effrayant que le tsunami japonais a eu lieu il m’a fallu trouver une autre manière de m’engager que par la prise de vue.

Lever des fonds au profit d’une association présente et active sur le terrain m’a semblé une bonne idée. Il se trouve que j’ai un site de vente en ligne qui m’a permis de réagir presque instantanément, et de proposer ce tirage en quelques heures. Je savais que c’était dans l’immédiat contre coup que les gens seraient sensibles à ce moyen différent de contribuer à l’effort de MSF.

 

MSF : Qu'est-ce qui vous a décidé à choisir Médecins Sans Frontières ?

BL : A titre personnel autant qu’à titre professionnel je suis depuis longtemps les actions de MSF. Dans ce type de drame, il faut avoir une grande confiance dans la destination et l’utilisation des fonds récoltés, surtout après les expériences bien tristes de détournements de dons après le séisme en Haïti.

Une de mes amies, Odile Hardy, travaille pour MSF, et s’occupe par ailleurs d’une association pour la scolarisation des enfants nomades dans le Nord du Mali, « Enfants de l’Adrar des Iforas », pour laquelle j’avais déjà travaillé. Grâce à ce contact « à l’intérieur », j’ai aussi pu mettre en place l’opération en quelques jours.

 

MSF : Quels retours avez-vous reçus suite à cette opération ?

BL : Si ce n’est pas la première fois que je m’implique dans des causes caritatives par le biais de vente de tirages, c’est la première fois que je l’ai fait seul, sur mon propre site. J’ai eu l’impression que les gens ont réagi positivement car cette proposition sortait du lot de tous les appels à dons qui ont eu lieu à ce moment là. D’une certaine manière je leur faisais cadeau d’un tirage dans la mesure où 100% des contributions ont été versés à l’association.

Pour ma part, j’ai eu l’impression de faire bien peu, dans le confort de ma maison chauffée, alors que sur de nombreux terrains, comme au Japon, la situation humanitaire est très difficile.

 

L’opération est encore en cours ! Les tirages sont disponibles ici

Baptiste Lignel, biographie

(crédit photo: Pablo Lignel)

Baptiste Lignel vit et travaille à Paris.

Après des études de photographie à la Parsons School of Design de New York, il revient en France pour travailler et fonder une famille. Son activité se partage entre le travail pour la presse, pour le domaine institutionnel, l’édition de livre et de tirages d’arts, ainsi que l’enseignement. Il concentre son travail sur les gens, dans une approche de proximité (symbolique et littérale), en prenant le temps de raconter leurs histoires au long cours, parallèles à l’actualité qui se renouvelle perpétuellement. Il est l’auteur de deux livres monographiques aux éditions Trans Photographic Press.

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