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Gaza : devant le Conseil de sécurité de l'ONU, MSF dénonce
le mépris de la vie des civils et appelle à un cessez-le-feu immédiat

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Haïti - Fragile accalmie à Port-au-Prince

Les habitants de la capitale haïtienne accueillent avec soulagement le répit après trois mois de violences de novembre 2005 à janvier 2006. Ce dernier pic de conflit qui ravage Port-au-Prince a fait de nombreuses victimes parmi les civils. Le centre de santé ouvert par MSF soignait alors une trentaine de plaies par balle chaque semaine. Pour l'instant, la tension est retombée, mais de nombreuses incertitudes demeurent, justifiant la poursuite de notre projet.

Une accalmie soudaine après une vague de violences de presque trois mois. A quinze jours de l'élection présidentielle du 7 février dernier à Haïti, les éruptions sporadiques de coups de feu à Martissant, Centre-Ville, Carrefour ou autres bidonvilles et « quartiers chauds » de Port-au-Prince ont d'un coup diminué. Tout comme la fréquence des échanges de tirs entre groupes armés et soldats des Nations unies à Cité Soleil et ailleurs dans la capitale. A l'hôpital Saint-Joseph, dans le quartier de Turgeau, l'activité du centre de prise en charge des blessés de 56 lits ouvert par MSF a reflété cet apaisement. « Nous avons soigné huit blessés par balle la première semaine de février, contre une moyenne de 30 par semaine entre novembre et janvier », raconte Ali Benasci, notre chef de mission.

Marqués à vie
Certaines victimes porteront toute leur vie les traces de ce récent pic de violence.
Renaud, 12 ans, jouait près de sa maison en bordure du bidonville de Martissant lorsqu'un groupe armé a soudain ouvert le feu. Une balle l'a touché à la tête, et le côté gauche de son corps est désormais paralysé. Depuis, sa mère le veille jour et nuit pour tenter de le soulager, lui humectant les lèvres, le nourrissant, l'aidant à se redresser.
Michel, 22 ans, a été blessé au cou lors d'un affrontement entre des Casques bleus de la Minustah et un groupe armé près de l'usine métallurgique Ascierie d'Haïti à Cité Soleil. Une balle a traversé le mur, explique-t-il, et l'a frappé en plein travail, le laissant paralysé à vie en-dessous de la taille. Christophe, 29 ans, maçon, pris dans un échange de tirs similaire le 8 novembre 2005 près de l'aéroport, sur le chemin de son travail, ne remarchera jamais.

Avec Renaud, Michel et Christophe, 44 patients au total sont hospitalisés au centre de rééducation de 48 lits ouvert par MSF à Port-au-Prince, dans le quartier de Pacot. Entourée d'un jardin fleuri, cette spacieuse maison jaune de trois étages, construite dans les années 1920 et surnommée « la maison de pain d'épice », fournit aux victimes de violence ou d'accidents un refuge calme pour récupérer de leurs blessures.

Rééducation pour les blessés
« Ce centre post-chirurgical de rééducation accueille des patients souffrant de fractures suite à un accident de voiture, paralysés par une blessure par balle, amputés, ou sévèrement brûlés », explique Claudia Lodesani, notre coordinatrice médicale. « Ils restent de un à trois mois pour recevoir des soins et suivre des séances de kinésithérapie pour apprendre à vivre avec leur nouvelle situation. » Le personnel du centre assure aussi chaque jour jusqu'à 50 consultations de suivi médical ou chirurgical et une vingtaine de séances de kinésithérapie pour des patients qui ne sont plus hospitalisés.

Depuis l'ouverture de notre projet décembre 2004, le centre de prise en charge des blessés de l'hôpital Saint-Joseph a soigné plus de près de 8.000 patients, dont 1.700 blessés par balle. Même lorsque le nombre de victimes de violence diminue, entre 20 et 25 patients se présentent chaque jour au service des urgences. « Nous soignons en majorité des blessures causées par des accidents de voiture ou des accidents domestiques », raconte Rachael Craven, 35 ans, anesthésiste originaire de Bristol en Angleterre. « Et nous voyons tous types de blessures : fractures, plaies à la tête ou au torse, brûlures. Pour plus du tiers des patients, la violence est à l'origine de leur blessure, avec dans la plupart des cas une plaie par balle. »

Contrairement aux craintes, les élections n'ont pas dégénéré en affrontements et dix jours après le vote, René Préval a été déclaré vainqueur dès le premier tour. Malgré l'accalmie actuelle, de nombreuses incertitudes demeurent. MSF poursuivra son projet de secours aux blessés à Port-au-Prince, en suivant l'évolution de la situation politique. « L'année dernière a été marquée par deux éruptions de violence majeures, explique Ali Benasci, faisant de nombreuses victimes parmi les civils. On ne peut qu'espérer que la fragile accalmie de ces derniers jours se prolonge. »

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