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Haïti - « Catastrophes naturelles et violences politiques ont fragilisé la population »

Médecin expérimenté - avec à son actif près de onze ans de travail avec
MSF - Gabriel est parti directement de Colombie pour rejoindre Haïti,
sévèrement touchée en septembre dernier par la tempête Jeanne.
Interview.

Quelle était ta mission ?
Quand je suis arrivé en Haïti, une première équipe travaillait déjà aux Gonaïves, la ville la plus touchée par les inondations causées par la tempête Jeanne. Avec la coordinatrice logistique, j'avais pour mission d'aller explorer des régions plus au nord, où personne ne connaissait réellement l'ampleur des dégâts. Nous sommes donc partis à Port-au-Paix, pour évaluer la situation le long de Trois-Rivières, le fleuve qui irrigue la région.
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Hôpital Immaculée Conception, Port-de-Paix
C'est dans cet hôpital public que notre équipe a mis en place une structure médicale de référence.

Comment s'organisent nos activités ?
A Port-de-Paix, nous intervenons dans trois services de l'hôpital public, les urgences, la pédiatrie et la maternité. Cette implantation nous permet d'avoir un centre de référence pour les cas graves que nous rencontrons lors des consultations mobiles dans la région. Nous soutenons aussi un centre de santé primaire dans le village de Chansolme. Depuis que nous y apportons notre aide, le nombre de consultations a triplé. Il faut dire que nous fournissons soins et médicaments gratuitement. Cela fait une énorme différence pour la population, puisque dans le système de santé haïtien, la consultation est habituellement facturée 10 gourdes (environ 20 centimes d'euros). Or la plupart des malades n'ont pas les moyens de payer.

Quelles sont les pathologies les plus fréquemment rencontrées ?
Autant aux Gonaïves, les équipes ont soigné beaucoup de blessures directement liées à la tempête (coupures, infections dues au contact avec la boue et l'eau). Autant à Port-de-Paix, où nous sommes arrivés plus tard, les équipes médicales traitent des patients qui souffrent de pathologies assez classiques : beaucoup d'infections respiratoires, de diarrhées, des maladies qui touchent en première ligne les enfants. Nous soignons également des cas de paludisme.
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Hôpital Immaculée Conception, Port-de-Paix
Notre équipe y a repris les urgences, la pédiatrie et la maternité, et procure soins et médicaments gratuitement.

Maintenant que l'urgence semble passée, MSF va-t-elle rester ?
C'est vrai que les conséquences immédiates de la tempête Jeanne sont passées, il ne s'agit plus d'une urgence au sens strict. Cela dit, la situation des populations reste très fragile et l'accès aux soins très limité. Comme dans beaucoup d'autres endroits dans le monde, me direz-vous ? En effet, mais l'année difficile qu'a traversée Haïti a rendu la population particulièrement vulnérable. Alors que l'île aurait dû célébrer le bicentenaire de son indépendance, elle a subi plusieurs catastrophes naturelles et été déchirée par les violences politiques. Le nord-ouest de l'île a été très affecté, parce que c'est une région défavorisée et que les secours se sont plutôt concentrés autour des Gonaïves. Les inondations ont touché une grande partie des terres cultivées et des plantations, ce qui nous incite à surveiller de près la situation alimentaire dans les semaines et les mois qui viennent.
L'idée, ce n'est pas de régler tous les problèmes d'Haïti. MSF n'est qu'une ONG médicale, et ne va pas éradiquer la pauvreté. Mais ce qu'on se dit, c'est qu'avec cette mission, nous pourrons mieux comprendre le contexte et réagir plus rapidement en cas de nouvelle urgence.

Photos: © Dieter Telemans

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