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Géorgie - Tuberculose : poursuivre son traitement malgré la guerre

Abkhazie février 2007. Un patient atteint atteint de tuberculose multi résistante reçoit son traitement.
Abkhazie, février 2007. Un patient atteint atteint de tuberculose multi-résistante reçoit son traitement. © Jean-Marc Giboux

En Géorgie, MSF soigne des patients atteints de tuberculose multi-résistante depuis plusieurs années. Le conflit qui s'est déclenché en août avec la Russie a suscité de vives inquiétudes pour ces malades.

Depuis août, le déclenchement des hostilités entre la Géorgie et la Russie a suscité de vives inquiétudes pour la continuité des programmes de traitement de la tuberculose multi-résistante.

MSF soigne en effet des patients atteints par cette grave maladie depuis plusieurs années dans deux différents programmes en Géorgie, dont l'un situé sur le territoire autonome abkhaze. Et une interruption de traitement de quelques jours peut s'avérer dramatique pour ces patients.

Continuité des soins. Les inquiétudes se sont surtout portées sur les patients pris en charge dans la ville de Zougdidi, à quelques kilomètres de l'Abkhazie, où plusieurs lieux stratégiques des alentours ont été bombardés début août.

Une partie des équipes de MSF avait alors dû évacuer la ville pendant quatre jours. "Avant de partir, nous avons expliqué aux patients que les traitements leur seraient quand même distribués, et que s'ils ne pouvaient pas se déplacer, on viendrait chez eux", explique Jocelyne Madrilène, chef de mission MSF en Géorgie.


Dans toute la région du Samagrelo, MSF a mis en place 14 points en ambulatoire, où les patients viennent chercher quotidiennement leurs médicaments. Malgré le conflit, ces centres ont pu être ravitaillés et fonctionner normalement. Le personnel du ministère de la Santé géorgien, avec qui MSF travaille en étroite collaboration, a été présent tout au long des événements.

Même dans un environnement stable, le traitement de la tuberculose multi-résistante est long et comporte de lourds effets secondaires. Près de la moitié des malades ne le supportent pas et l'abandonnent avant terme.

Bonne adhérence au traitement. Un suivi quotidien des patients atteints de tuberculose multi-résistante est essentiel. Une interruption du traitement ne serait-ce que de quelques jours peut s'avérer dramatique pour ces malades, qui peuvent alors développer de nouvelles formes de résistances. De plus, ces personnes peuvent être contagieuses pour leur entourage.

Au moment du déclenchement de la guerre, 96 patients étaient en cours de traitement dans le programme de Zougdidi. Au total, 37 patients ont connu une interruption de traitement, de seulement deux jours pour 23 d'entre eux. "Nous pensions qu'ils seraient peu nombreux à pouvoir venir prendre leurs médicaments. Nous avons été surpris de voir que 62% des patients se sont quand même rendus à leur rendez-vous quotidien", poursuit Jocelyne Madrilène.

Cette bonne adhérence des patients à leur traitement ne va pas de soi lorsqu'il est question de tuberculose multi-résistante. Même dans un environnement stable, le traitement de cette maladie est long et comporte de lourds effets secondaires. Près de la moitié des malades n'en supportent pas les contraintes et l'interrompent avant terme.

En Géorgie, les activités des programmes de tuberculose multi-résistante continuent aujourd'hui de fonctionner normalement. Dans le programme de Zougdidi, 4 nouveaux patients ont depuis lors été admis.

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