Géorgie - Nouvelles activités MSF à Gori

Gori  Ecole maternelle reconvertie en centre d'hébergement des personnes déplacées.
Gori - Ecole maternelle reconvertie en centre d'hébergement des personnes déplacées. ©Brigitte Breuillac / MSF

Des équipes MSF prennent en charge les personnes déplacées, installées depuis peu dans la ville de Gori touchée, en août, par la guerre entre la Géorgie et la Russie. Filipe Ribeiro, coordinateur du programme d'urgence en Géorgie, fait le point sur ces nouvelles activités.

MSF intervient à Gori, ville géorgienne qui avait été occupée quelques jours par les troupes russes.  Pour quelle raison ?
Nous y accompagnons le retour des personnes déplacés. Car beaucoup de gens sont arrivés à Gori après le départ des troupes russes. Il y a parmi eux, ceux qui avaient fui les combats en Ossétie du Sud, les habitants des villages occupés par les troupes russes et les Ossètes du Sud, ainsi que les résidents de la ville de Gori.

Bon nombre d'entre eux s'étaient réfugiés à Tbilissi (à 90 km de là). Mais les autorités géorgiennes ont décidé de les installer à Gori. Ceux qui habitaient les villages situés le long de " la frontière sud-ossète " espèrent rentrer prochainement chez eux, seulement ce n'est pas acquis. En attendant, nous leur venons en aide comme à toutes les personnes déplacées à Gori.

Que fait précisément MSF à Gori ?
Le conflit entre la Géorgie et la Russie avait éclaté dans la nuit du 7 au 8 août dernier. Dès le 14 août, nous avons commencé à apporter une aide médicale aux personnes déplacées à Tbilissi. Et nous déployons à Gori les mêmes activités depuis le 1er septembre. Nous dispensons des soins de santé primaires plutôt axés sur les pathologies chroniques ainsi que des soins psychologiques.

Trois équipes mobiles font le tour des sites d'hébergement collectif - ce sont surtout des écoles maternelles - pour donner des consultations médicales sur place et éventuellement référer les patients sur la polyclinique centrale.

Nous avons aussi une équipe dans cette polyclinique qui prend en charge les familles de déplacés installés dans le camp sous tentes d'Alkhalibakhi. Et nous fournissons une aide matérielle avec des distributions essentiellement de produits d'hygiène.

Par ailleurs, nous continuons à apporter un soutien au service des urgences, le 033, avec des donations de médicaments pour le traitement des pathologies chroniques. Enfin, lorsque s'amorcera le retour des populations dans les villages aux alentours de Gori, du côté de la route conduisant à Tskhinvali (Ossétie du Sud), nos équipes s'y rendront pour accompagner ce mouvement de retour.

Nous allons devoir soutenir les populations déplacées pendant quelques mois. Celles qui ont quitté l'Ossétie du Sud n'ont que peu d'espoirs d'y retourner.
Filipe Ribeiro

La situation humanitaire est-elle critique en Géorgie ?
Nous allons devoir soutenir les populations déplacées pendant quelques mois. Car la situation est difficile et les perspectives sont plutôt sombres pour les populations qui ont quitté l'Ossétie du Sud et n'ont que très peu d'espoirs de retourner chez elles.

Maintenant les services de santé qui avaient été un peu désorganisés et débordés pendant la période des combats ont été très vite remis en place. Ils s'étaient concentrés sur la prise en charge des urgences et des blessés qui étaient stabilisés puis évacués sur Tbilissi avec un système de références et d'ambulances très efficace. Ils fonctionnent de nouveau à peu près normalement.

La situation n'est pas critique. Mais la question qui se pose est de savoir comment l'accès aux soins de santé sera garanti pour les personnes déplacées qui sont rentrées chez elles à Gori. Dans un premier temps, ces populations extrêmement précarisées ont bénéficié de soins gratuits mais si elles doivent réintégrer le système de santé privatisé, elles se retrouveront en difficultés.

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