En Mauritanie, MSF intervient auprès des réfugiés maliens fuyant les violences
Depuis deux ans, les réfugiés maliens fuyant la violence affluent en Mauritanie, particulièrement dans la région frontalière du Hodh El Chargui. Les équipes MSF sont de retour dans le sud-est de la Mauritanie pour venir en aide à cette population et aux communautés locales qui les accueillent. Les activités se concentrent sur une offre de soins primaires et secondaires, en particulier en pédiatrie et en santé sexuelle et reproductive, et sur la prise en charge des victimes de violence.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) et le gouvernement, la Mauritanie accueille près de 300 000 réfugiés. Parmi eux, environ 170 000 maliens et maliennes sont enregistrés, pour beaucoup poussés à l’exil par la guerre survenue en 2012.
Un nombre croissant de personnes fuit également le conflit actuel, qui oppose les forces armées maliennes et leur partenaire russe à des groupes armés dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), avec des effets dévastateurs sur la population civile, régulièrement prise pour cible de part et d’autre des lignes de front.
Les arrivées en Mauritanie sont continues, et il demeure difficile d’établir des chiffres précis, en raison de la présence de multiples points d’entrée répartis dans le désert sur plusieurs centaines de kilomètres de frontière. Ces réfugiés vivent dans des villages et campements du Hodh El Chargui, tandis que le camp de Mbera héberge une grande partie des personnes arrivées les années précédentes. Lorsqu’elles passent la frontière, de nombreuses personnes se trouvent épuisées, sans ressources, démunies et traumatisées, après avoir été témoin ou après avoir vécu directement des actes de violence.
Présente dans le sud-est mauritanien de 1992 à 1998 puis de 2012 à 2018, MSF développe aujourd’hui de nouvelles activités pour répondre aux besoins urgents des rescapés du conflit au Mali qui viennent se réfugier en Mauritanie.
Pour fournir des soins gratuits aux nouveaux réfugiés particulièrement vulnérables, les équipes MSF dispensent des consultations de médecine générale, de pédiatrie et de santé reproductive et sexuelle. Elles assurent également l’administration de vaccins et la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère dans des structures de santé à Douenkara, Fassale, Aghor et Tinagwitine. Ces consultations sont également ouvertes aux patients mauritaniens.
Des cliniques mobiles, actuellement à Abaghé et El Mekhel, permettent aussi une prise en charge en fonction des arrivées et des besoins les plus urgents. MSF assure l'orientation vers les hôpitaux, à Bassikounou et Neima, pour les patients les plus sévèrement atteints/présentant les situations les plus critiques.
En 2025, plus de 32 817 consultations ont été réalisées dans le cadre des activités de MSF, dont 851 en santé mentale et 4 109 en santé reproductive.
Massacre, violence sexuelle, sévices, personnes brûlées vives ou décapitées : les récits des rescapés dépeignent un niveau d’horreur rarement atteint dans la région. Ils témoignent aussi de pillages des maisons et des commerces, de greniers incendiés, et de bétail décimé.
Si les réfugiés maliens trouvent dans le Hodh El Chargui un environnement plus sûr, l’accès aux services essentiels reste très limité dans cette région semi-désertique, l’une des plus pauvres du pays. L’Index de développement humain place la Mauritanie à la 156ème place, et les coupes budgétaires américaines de 2025 ont encore aggravé la situation : l’aide américaine représentait une grande partie du financement de la réponse humanitaire internationale dans le pays. L’entraide entre réfugiés et résidents ne suffit pas, les ressources s’épuisent et l’aide humanitaire peu présente se concentre principalement sur le camp de Mbera.