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Rouvrir une clinique dans la ville de Gaza :
« Nous avons vécu les jours les plus difficiles de notre vie »

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Conflit au Soudan : « S’ils ne trouvaient pas d’argent, ils tuaient les gens »

Hamad Mohamo, à gauche, et Fisal Ibriahim Silman, à droite, ont tous les deux fui le Soudan et vivent désormais dans un camp de réfugiés du Soudan du Sud. 
Hamad Mohamo, à gauche, et Fisal Ibriahim Silman, à droite, ont tous les deux fui le Soudan et vivent désormais dans un camp de réfugiés du Soudan du Sud.  ©Peter Braunïg et ©Oliver Barth/MSF

Depuis que le conflit a éclaté le 15 avril au Soudan, plus de 350 000 personnes ont fui vers le Soudan du Sud. Certains des réfugiés sont arrivés à Wedweil, dans l’État du Bahr El Ghazal du Nord. Après avoir été victimes ou témoins d'attaques sur leur chemin,  une grande partie d’entre eux vivent désormais dans des conditions désastreuses.

Hamad Mohamod, 51 ans, a fui la ville de Nyala au Darfour du Sud, avec ses enfants. Ils ont voyagé pendant douze jours et sont arrivés au Soudan du Sud le 28 juin. « Les rebelles pillaient les maisons et prenaient tout ce qu'ils pouvaient trouver, explique-t-il. S’ils ne trouvaient pas d’argent, ils tuaient les gens. C'est pourquoi j'ai fui avec ma famille. » On estime que 9 000 personnes ont été tuées et plus de 1,2 million ont rejoint des pays voisins depuis le début du conflit au Soudan.

« Le conflit intensifie les besoins humanitaires existants au Soudan du Sud, explique Mamman Mustapha, chef de mission MSF dans le pays. Les habitants de l’État du Bahr El Ghazal du Nord sont déjà confrontés à une multitude de problèmes, notamment l'insécurité alimentaire, un accès limité à l'eau potable et un accès limité aux soins de santé. Les récentes inondations et sécheresses ont entraîné de mauvaises récoltes et la mort d’une partie des cheptels. Le prix des denrées alimentaires a augmenté, ce qui a réduit la capacité de la population de se nourrir. »

Comme Hamad, de nombreux réfugiés soudanais parvenus au Soudan du Sud ont dû faire un voyage éprouvant pour se mettre en sécurité, après avoir été témoins du meurtre brutal de leurs amis et de leur famille, d'attaques et de vols perpétrés par des hommes armés.

 

Une infirmière MSF examine un patient dans la clinique installée à proximité du camp de réfugiés de Wedweil au Soudan du Sud. 
 © Peter Bräunig
Une infirmière MSF examine un patient dans la clinique installée à proximité du camp de réfugiés de Wedweil au Soudan du Sud.  © Peter Bräunig

Fisal Ibriahim Silman, 23 ans, est originaire de Khartoum. Elle étudiait pour devenir infirmière, mais lorsque les violences ont éclaté au Soudan, tous ses projets ont radicalement changé. Le 12 mai, son mari a été tué et elle a dû fuir. Partie avec sa mère, son fils et sa sœur,  ils ont été témoins de violents combats en chemin. Des hommes ont tenté de violer sa sœur. Lorsque celle-ci a essayé de s'enfuir, ils lui ont tiré dessus. Fisal, son fils et sa mère sont finalement arrivés à Wedweil, une ville du Soudan du Sud, où ils se sentent en sécurité, malgré les difficultés d’accès à la nourriture.

Les équipes MSF ont ouvert une clinique dans le camp de réfugiés situé près de cette ville, dans le cadre de leur intervention d’urgence. Entre juin et septembre 2023, MSF a effectué plus de 10 400 consultations, a transporté plus de 900 000 litres d'eau jusqu'au camp et effectué un forage afin que l’approvisionnement en eau s’améliore. Cependant, de nombreuses difficultés subsistent, parmi lesquelles les conditions d'hygiène désastreuses du camp, dont la population atteindra bientôt 20 000 personnes.

L’impact de cette situation a d’ailleurs été constaté sur la santé des enfants. Au cours de l’année écoulée, MSF a enregistré une augmentation drastique du nombre d’enfants malnutris admis dans son hôpital d’Aweil. Entre janvier et septembre 2023, 1 015 patients hospitalisés présentaient une malnutrition sévère, soit une augmentation de 70 % par rapport à la même période l’année dernière.

 

« Nous sommes très préoccupés par la santé et le bien-être des réfugiés et des rapatriés qui arrivent à Wedweil. Ils arrivent à un moment où la situation est déjà désastreuse, conclut Mamman Mustapha. De plus, dans le camp de réfugiés de Wedweil, les habitants ne reçoivent que 70 % des rations alimentaires dont ils ont besoin. Cela n’est pas suffisant, et il est possible que les conséquences se fassent sentir dans les mois à venir, lorsque davantage d’enfants commenceront probablement à souffrir de malnutrition. Pour éviter que cela ne se produise, un soutien international bien plus important est nécessaire pour fournir aux réfugiés et au reste de la population du Soudan du Sud l’assistance essentielle dont ils ont besoin pour survivre. »

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