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Carnet de route : un jour avec Hamdi, sage-femme en Éthiopie

MSF Mobile Clinics and Tea Teams in Somali Region - Dolo ethiopie - clinique mobile
Hamdi vérifie l'état de santé de Sahra venue pour des examens de suivi de grossesse. ©Susanne Doettling/MSF

Hamdi Abdi Osman est l'une des 4 sages-femmes MSF dans la zone de Dolo, en région somalienne d'Éthiopie. Âgée de 23 ans, elle est elle-même originaire de cette région. Son quotidien alterne entre les 16 sites où MSF fournit des soins de santé de base, dans une zone difficile d’accès et pratiquement sans aucun centre de santé.

Vendredi matin

Après des mois de sécheresse, les premières pluies de la saison s’abattent sur la ville de Wardher, dans la région somalienne d’Éthiopie.

Hamdi et ses collègues emballent le matériel médical ainsi que les médicaments, avant de les charger dans les véhicules. L’équipe de la clinique mobile est sur le point de partir pour l’un des nombreux villages isolés de la zone de Dolo, une région éloignée bordant la Somalie.

Deux heures plus tard, l'équipe arrive au village d’Hogdugaag, qui compte environ 1 000 habitants, dont un certain nombre de familles nomades séjournant dans la région. Bientôt, ce sont 15 femmes − certaines enceintes, d’autres avec des nourrissons ou de jeunes enfants −, qui attendent à l’ombre de la structure en bois servant de maternité mobile à MSF.

© Susanne Doettling/MSF
© Susanne Doettling/MSF

La première patiente d’Hamdi est Faadumo, 20 ans, devenue mère d’une petite fille il y a 20 jours. Les distances que les femmes des familles nomades doivent parcourir, combinées aux traditions locales, les empêchent de venir pour des examens postnatals. Heureusement pour Faadumo, sa famille s'est installée à seulement une heure du village d’Hogdugaag.

Hamdi vérifie la santé de la mère et donne à la petite fille de la vitamine K. « J'ai accouché avec l'aide d'une femme plus âgée de ma famille, explique Faadumo. C'est mon deuxième enfant. Elle n'a pas encore de prénom ». 

Hamdi prend en charge Faadumo. 
 © Susanne Doettling/MSF
Hamdi prend en charge Faadumo.  © Susanne Doettling/MSF

Hamdi reçoit Aamina, âgée de 20 ans, enceinte de 3 mois. Elle souffre de déshydratation suite à de graves nausées matinales. Hamdi la réfère alors à l'hôpital Wardher pour une réhydratation par intraveineuse. Attendre un enfant dans cette partie de la région somalienne d'Éthiopie est risqué car les soins médicaux d'urgence sont trop souvent difficiles à atteindre. L'hôpital Wardher est le seul hôpital de référence dans la zone de Dolo, composée d’une population d'environ 300 000 habitants.

Les mères se succèdent dans la clinique mobile. « Trop souvent, je vois des femmes qui ont perdu un enfant pendant un travail prolongé, explique Hamdi. Sans accoucheuses formées à proximité pour agir en cas de complications, et loin des bons soins de santé d'urgence, les risques de perdre l’enfant sont élevés. Ici, les femmes ont généralement de 5 à 10 enfants. La plupart des familles ont subi la perte d'un enfant, soit pendant l'accouchement, soit dans ses premières années de vie. L'accouchement à domicile fait partie de notre culture et, lorsque les femmes ont besoin de soins médicaux d'urgence, il est souvent trop tard pour les amener à l'hôpital ».

Hamdi suit la grossesse d'Aamina
 © Susanne Doettling/MSF
Hamdi suit la grossesse d'Aamina © Susanne Doettling/MSF

Dans l’après-midi

L’équipe de sages-femmes MSF est en route pour le village de Mirdonbas, un deuxième site où se rend la clinique mobile.

Sahra vit actuellement avec sa famille à 20 km du village de Mirdonbas. Elle est enceinte de 7 mois de son septième enfant et vient aujourd’hui pour des examens de suivi de grossesse. Les femmes enceintes nomades encourent régulièrement des risques d’anémie et de malnutrition. Mais Sahra est en bonne santé et ses résultats aux tests s’avèrent rassurants.

« Notre mode de vie pastoral signifie que nous nous déplaçons tout le temps, confie Sahra. Surtout pendant la saison des pluies, lorsque nous marchons pendant des heures pour trouver le meilleur pâturage. C’est difficile, surtout pour les femmes. Quand je suis enceinte, après une heure de marche, je suis vraiment fatiguée. Je veux me reposer mais c'est impossible ». Sahra a donné naissance à tous ses enfants à la maison ou en déplacement, mais est venue voir l’équipe MSF pour des soins prénatals et postnatals dans la mesure du possible, quand elle n'était pas trop loin. « Heureusement, je vais bien aujourd'hui, se réjouit-elle. Si je rencontre des complications, je sais que je devrai aller à l'hôpital Wardher. Mais nous n'avons pas toujours de réseau pour appeler une ambulance et ils n'ont pas beaucoup de véhicules pour venir nous chercher ».

Les sages-femmes MSF enseignent aux femmes, à leurs maris et aux autres membres de la communauté à identifier les complications pendant la grossesse ou l'accouchement et à agir rapidement, car une détection précoce peut être vitale.

Hamdi vérifie l'état de santé de Sahra
 © Susanne Doettling/MSF
Hamdi vérifie l'état de santé de Sahra © Susanne Doettling/MSF

Fin de journée

« C'est pourquoi je voulais devenir sage-femme : être là pour nos mères et m'assurer qu'elles restent en bonne santé et accouchent de bébés en bonne santé », conclut Hamdi.
 

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