Camp de fortune d'Unchiparang, au Bangladesh, septembre 2017
Des femmes lavent une toile de plastique, qui sert de toit à leur tente, dans un cours d'eau pollué par des ordures et des excréments, camp de fortune d'Unchiparang, au Bangladesh © Paul Andrew Jawor/MSF

Paul Jawor, spécialiste MSF en eau et assainissement, revient d’une mission dans le sud-ouest du Bangladesh et évoque les conditions de vie déplorables des réfugiés. La plupart d’entre eux se sont installés dans des camps de fortune sans accès à de l’eau potable, sans nourriture, sans latrines et sans abri adéquat.

La situation au Bangladesh

« J’ai rarement vu autant de gens – des centaines de milliers – vivant dans des abris de fortune et coincés dans une zone de la taille d’une petite ville européenne, avec très peu d’accès à des services de base. L’assistance arrive petit à petit mais les besoins des réfugiés, en particulier concernant l’accès à l‘eau potable restent immenses.

À Unchiparang, l’un des camps dans lesquels nos équipes sont présentes, les 33 000 personnes qui y vivent ne boivent que de l’eau issue des rizières, des flaques ou des trous d’eau peu profonds creusés à la main. La plupart des rares latrines débordent déjà, obligeant les gens à faire leurs besoins à l’air libre, polluant encore plus l’eau.


Un homme récupère l'eau d'un puits creusé à la main dans le camp d'Unchiparang. ©Paul Andrew Jawor/MSF

Le sol du camp devient rapidement boueux quand il pleut. La nappe phréatique est peu profonde et si vous creusez trop, vous arrivez très vite à de l’eau salée en raison de la proximité de la mer.

Améliorer l’accès à l’eau

Notre priorité, comme toujours dans ces situations, c’est de s’assurer qu’une eau propre et potable est disponible dans la clinique que nous avons montée dans le camp. Nous devons garantir que la structure de santé n’est pas un lieu où les patients peuvent être contaminés par d’autres maladies, en particulier diarrhéiques.

Le personnel de santé doit pouvoir se laver les mains et nettoyer son matériel, les patients doivent pouvoir prendre leurs médicaments avec un verre d’eau potable.

Dans la rivière, qui reste la principale source d’eau, nos équipes ont installé un long tuyau qui mène à plusieurs grands réservoirs pouvant fournir jusqu’à 30 000 litres d’eau traitée par jour. C’est encore loin des standards acceptables pour une population aussi importante, mais nous sommes en train d’augmenter encore notre capacité, notamment pour les gens qui sont installés loin du ruisseau qui traverse le camp. Nous menons aussi une campagne d’information auprès de la population pour que les gens ne contaminent pas le cours d’eau.


Le camp de La colonie de Jamtoli, où des milliers de Rohingyas fuyant la violence au Myanmar se sont installés depuis la fin du mois d'août 2017. ©Paul Andrew Jawor /MSF

À d’autres endroits du camp, nous commençons à creuser des puits à partir des trous d’eau initialement creusés à la main par les habitants du camp qui font jusqu’à deux mètres de diamètre et cinq de profondeur. Nous y ajoutons une plateforme en ciment pour empêcher la poussière de tomber, un muret pour arrêter les eaux de ruissellement et une ligne creusée à l’intérieur du puits pour empêcher la contamination par les eaux de surface. Et bien-sûr l’eau est chlorée. 

La plus grande difficulté, avec cette surface et une telle population est de choisir où creuser les trous. Pour définir les endroits à équiper en priorité, nous avons identifié les lieux d’où venaient les cas de diarrhées les plus nombreux.


Ce trou creusé à la main, d'environ 50 cm de profondeur, est utilisé pour recueillir de l'eau pour la cuisson et parfois pour boire. ©Paul Andrew Jawor /MSF

Quand les puits seront construits, les familles qui vivent aux alentours recevront des jerrycans et des kits d’hygiène et de désinfection. Il est vital que la communauté soit entièrement impliquée. Nos équipes vont leur apprendre à chlorer l’eau et à entretenir les sources d’eau.

Les prochains mois pour les réfugiés d’Unchiparang

Avec la saison sèche qui approche, et de nouveaux réfugiés qui arrivent chaque jour, l’accès à l’eau va rester un gros problème dans tous ces camps de fortune. Comme chaque année, le ruisseau qui traverse Unchiparang va s’assécher d’ici deux ou trois mois. Les trous d’eau en fourniront de moins en moins chaque jour.

C’est pourquoi MSF et les autres acteurs anticipent et mettent en place des systèmes de distribution d’eau qui continueront à fonctionner pendant la saison sèche. Nous comptons construire quatre « piscines » dans le camp d’Unchiparang. On les appelle comme ça non pas parce que l’on peut nager dedans mais pour donner une idée de la taille de ces réservoirs qui mesurent sept mètres sur sept et sont profonds de quatre mètres. Ils peuvent contenir 200 mètres cubes d’eau et sont alimentés à la fois par la pluie et par l’eau souterraine. MSF a déjà construit ce genre de systèmes lors d’autres d’interventions d’urgence, par exemple au Myanmar après que le violent passage du cyclone Nargis dans le delta de l’Irrawaddy en 2010.


Pour poursuivre nos actions d'aide médicale d'urgence, nous avons besoin de vous.

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Outre les activités médicales proprement dites, l’amélioration de l’accès à l’eau et des conditions d’hygiène est une partie importante des activités de MSF pour répondre aux besoins des réfugiés au Bangladesh. MSF a déjà construit plus de 200 latrines, 25 trous d’eau améliorés et un système d’approvisionnement en eau par gravitation. L’organisation fournit aussi aux camps par camions une moyenne de 100 mètres cubes d’eau provenant du puits d’une de ses cliniques.

 

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