Le nombre de cas de choléra déclarés dans les centres de traitement MSF a drastiquement baissé depuis le pic de l’épidémie. En conséquence, MSF ferme la majorité de ses centres de traitement du choléra ou réduit leur capacité. 

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La zone de triage à l'entrée du CTC de l'hôpital Al Thawra, dans le gouvernorat d'Ibb, le 19 septembre 2017. Lors du pic de l'épidémie de choléra, cette zone était remplie de patients. © Florian Seriex/MSF
Les admissions hebdomadaires dans les centres de traitement du choléra (CTC) de MSF sont passées de 11 139, la troisième semaine de juin – au moment du pic de l’épidémie – à 567, la deuxième semaine d’octobre.

Seuls 9% des patients admis par MSF cette semaine-là ont dû être hospitalisés et un nombre limité d’entre eux souffraient de symptômes correspondant à ceux du choléra (diarrhée aqueuse sévère, avec ou sans vomissements). Les cas restant étaient liés à d’autres pathologies. En conséquence, certains centres MSF ont fermé ou s’apprêtent à le faire.  

« Dans certains lieux, comme Khamir, où des cultures ont été faites en laboratoire, aucun cas positif n’a été détecté depuis début septembre, explique Ghassan Abou Chaar, chef de mission MSF au Yémen. L’épidémie de choléra n’est pas terminée, mais ça n’est plus notre priorité médicale au Yémen. Cela ne doit cependant pas éclipser la situation désespérée de millions de Yéménites qui ne peuvent pas accéder aux soins de santé primaires ».

Depuis le début de l’épidémie, MSF a admis plus de 103 000 patients, dans 37 CTC et points de réhydratation orale. Au moment du pic de l’épidémie, MSF employait ou dédommageait 685 travailleurs de santé dédiés au traitement des patients du choléra.  

« Il est maintenant essentiel de mettre en place un système de contrôle avec une surveillance étroite des cas suspects de choléra et les moyens adéquats pour les confirmer.  Sans efforts rapides et adaptés de l’ensemble des acteurs humanitaires, on pourrait voir une résurgence de l’épidémie », selon Ghassan Abou Chaar.

Trente mois de guerre, les prix élevés des biens de consommation et le chômage ont un impact dramatique sur la population. Beaucoup de malades se rendent dans les structures médicales quand leur état de santé est critique parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer le transport. Les femmes accouchent souvent à la maison, en particulier dans les zones reculées, et ne cherchent de l’aide qu’en cas de complications. De plus, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition sévère est élevé.

Le non-paiement des salaires des travailleurs de santé ces 13 derniers mois a profondément affecté le système de santé, obligeant beaucoup de médecins, infirmiers et autres professionnels de santé à chercher des sources de revenus alternatives. Le nombre de cas et de décès dus à des maladies facilement évitables est en augmentation et cela est dû en partie à la crise des salaires.   

Le Yémen est l’un des plus importants terrains d’intervention de MSF dans le monde. Plus de 1600 Yéménites travaillent pour MSF et l’organisation soutient 1160 employés du ministère de la Santé ainsi que des journaliers.

Interview de Ghassan Abou Chaar, chef de mission de MSF au Yémen