Opération

Colombie : prise en charge des personnes victimes de violence et d'exclusion des soins

© Marta Soszynska/MSF

Médecins Sans Frontières offre une prise aux victimes de violence, y compris sexuelle, en Colombie.

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent dans les aires urbaines, comme à Buenaventura, mais aussi dans les régions plus reculées, à la frontière avec le Venezuela notamment, et offrent une prise en charge dédiée, avec notamment des soins de santé primaire et de santé mentale. 

Nuri vend des poissons sur l'un des marchés de Buenaventura. L'un de ses fils a été brutalement assassiné par un gang local il y a 16 ans. Depuis, elle souffre d'attaques de panique, d'anxiété et de symptômes de schizophrénie. Buenaventura, Colombie. Novembre 2016.
 © Marta Soszynska/MSF
Nuri vend des poissons sur l'un des marchés de Buenaventura. L'un de ses fils a été brutalement assassiné par un gang local il y a 16 ans. Depuis, elle souffre d'attaques de panique, d'anxiété et de symptômes de schizophrénie. Buenaventura, Colombie. Novembre 2016. © Marta Soszynska/MSF

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Depuis le début du processus de paix engagé en 2016 entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie et le gouvernement,  la fréquence des heurts entre groupes armés a baissé. Pourtant, la violence reste un problème majeur dans ce pays, et de nombreuses organisations criminelles s’affrontent pour le contrôle du territoire et commettent des exactions sur des civils : meurtres, déplacements forcés, extorsions, violences sexuelles et séquestrations. En 2015 et 2016 Médecins Sans Frontières a traité 1 192 victimes de violences sexuelles en Colombie. 90 % d'entre elles sont des femmes et 20 % sont des filles de moins de 15 ans.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre une prise en charge aux victimes de violence, y compris sexuelle, particulièrement à Buenaventura. 

En 2016, les équipes de Médecins Sans Frontières ont offerts de soins de santé mentale à près de 4 000 victimes de la violence des groupes armées et à plus de 700 victimes de violence sexuelle. Médecins Sans Frontières a également mis en place en 2015 une ligne d’assistance téléphonique psychologique confidentiel. Il permet d’offrir un conseil psychosocial à des personnes atteintes de troubles sévères de santé mentale.

L’association assure également des consultations de santé primaire et mentale dans les zones les plus touchées par le conflit (Antioquia, Chocó, Córdoba et Norte de Santander) avec une équipe d’urgence. 

 

Buenaventura

Cette opération offre des services de santé mentale aux victimes de violence et de violence sexuelle, et des services d'avortement en toute sécurité aux femmes qui en ont besoin. Buenaventura s’est beaucoup agrandi en très peu de temps : d'environ 50 000 personnes il y a seulement 30 ans, elle est devenue une ville de 400 000 habitants début 2019. Une grande partie de cette croissance est due au conflit (entre les forces gouvernementales et les FARC, les paramilitaires et les bandes criminelles) et aux personnes déplacées par celui-ci.

MSF vient combler un important déficit en matière de services de santé mentale pour les victimes de violence en général. L'association fournit une attention psychologique directe mais aussi par téléphone, ainsi qu'un soutien aux cas psychiatriques. 

 

Nariño

Les équipes de MSF sont témoins et traitent les conséquences de la crise se déroulant à Nariño, un département du sud-ouest de la Colombie. L'escalade du conflit en 2019 y a provoqué le déplacement de 14 000 personnes dans la région du Pacifique.

Les principaux besoins en matière de santé sont les maladies gastro-intestinales et cutanées, causées par les mauvaises conditions de vie et le manque d'eau et de services d'assainissement.

L'impact de la violence et l'absence de sécurité provoquent des sentiments d’insécurité. La santé mentale est un problème important, de nombreuses personnes étant confrontées à des niveaux élevés de stress, d'inquiétude et de peur.

 

Frontière avec le Vénézuela

Selon les Nations unies, environ 1,6 million de Vénézuéliens, poussés par la crise économique, ont franchi la frontière avec la Colombie avant la fin de l'année 2019. 600 000 d'entre eux se sont installés dans les départements frontaliers de La Guajira, Norte de Santander et Arauca (chiffres de 2019).

Médecins Sans Frontières intervient auprès des migrants vénézuéliens, dans les villes de Tibú et Puerto Santander dans le district de La Gabarra, à Tame, Saravena et Arauquita, dans le département d’Arauca, ainsi que dans le département de la Guajira, à Riohacha, en soutenant des structures locales ou en ouvrant des cliniques, ouvertes aux migrants comme aux populations locales. Les besoins médicaux des migrants vénézuéliens, qui vivent dans une situation précaire, sont nombreux, et concernent principalement les affections respiratoires, la santé sexuelle et reproductive, ainsi que les soins de santé mentale.

La grande majorité des maladies observées lors des consultations effectuées par les équipes MSF auprès d'enfants et d'adultes sont directement liées au manque d’accès aux services de base, à l'eau potable et à la nourriture.