Liban : MSF alerte sur l’impact désastreux des attaques israéliennes sur l’accès aux soins

Liban : MSF alerte sur l’impact désastreux des attaques israéliennes sur l’accès aux soins
MSF a mis en place de nouvelles cliniques mobiles à Beyrouth et dans la région de la Bekaa pour soutenir les personnes déplacées à l'intérieur du pays. 7 mars 2026, Liban  © MSF

Quatre semaines de bombardements incessants de l’armée israélienne - dont des dizaines sur des structures de santé - et de déplacements forcés de population ont eu des conséquences désastreuses sur les conditions de vie et l’accès à la santé de la population, alerte Médecins Sans Frontières (MSF). MSF appelle à garantir la protection des civils et à mettre fin aux attaques contre les structures de santé, ainsi qu’à arrêter les ordres d’évacuation qui forcent la population à se déplacer massivement.

Depuis le 2 mars, la population civile est confrontée à des conditions de vie de plus en plus désastreuses : l’intensification des attaques menées par les forces israéliennes a contraint plus d’un million de personnes à fuir leur domicile et a perturbé leur accès aux soins de santé. Selon le ministère de la Santé, 1 039 personnes ont été tuées, dont 12 % d’enfants, entre le 2 et le 23 mars. 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au 23 mars, plus de 63 attaques contre des établissements de santé avaient été signalées, faisant 40 morts et 91 blessés parmi le personnel soignant. En outre, plus de cinq hôpitaux ont été contraints d’évacuer, et plus de 54 centres de soins de santé primaires à travers le Liban ont dû fermer, limitant encore davantage l’accès aux soins essentiels pour la population.  

« Nous appelons à la protection des civils et des structures médicales à tout moment, afin de permettre aux personnes de continuer à accéder aux soins de santé et aux autres services essentiels », déclare le Dr Tejshri Shah. 

Plusieurs hôpitaux du sud du Liban restent opérationnels, assurant les premiers soins d’urgence et l’orientation des patients. MSF soutient ces établissements en leur fournissant du matériel médical, du carburant pour l’électricité et du matériel de secours essentiel - tel que des couvertures et des kits d’hygiène.

Un patient déplacé de 56 ans atteint de leucémie, pris en charge dans l’une des cliniques mobiles de MSF, décrit les conséquences de l’interruption des soins après l’évacuation des hôpitaux : « J’ai fui sans rien et je n’ai nulle part où aller. J’avais l’espoir d’être presque guéri du cancer. Aujourd’hui, je passe mes nuits dans une tente, dans un parc, sans savoir où trouver ma prochaine dose de médicaments ni comment poursuivre mon traitement. » 

« Le personnel hospitalier de Nabatiyeh, qui a décidé de continuer à travailler sur place, n’a pas d’autre choix que de se réfugier à l’intérieur de l’hôpital et d’éviter les déplacements en voiture, pour se mettre en sécurité », déclare la Dr Luna Hammad, coordinatrice médicale de MSF qui s’est rendue à l’hôpital public de Nabatiyeh, aujourd’hui l’un des établissements qui accueille le plus grand nombre de blessés au Liban. « Ils endurent cette situation depuis des semaines, avec très peu de repos, sous une pression constante et dans la peur, alors que les hôpitaux continuent d’accueillir des vagues de blessés. »

Les attaques terrestres et les frappes aériennes répétées contre des infrastructures civiles, comme les ponts du sud du Liban, isolent de fait les habitants encore présents dans les grandes villes et de nombreux villages situés au sud du fleuve Litani, les coupant du reste du pays. 

« Nous sommes inquiets pour la sécurité des civils qui n’ont pas quitté ces zones, que ce soit par choix ou par manque de moyens », déclare la directrice générale de MSF, le Dr Tejshri Shah, en visite au Liban. Les ordres de déplacement forcé compliquent gravement l’accès aux soins médicaux pour la population et entravent tout autant l’action des personnels médicaux et humanitaires. 

Au total, les ordres d’évacuation concernent 14 % du territoire libanais et ont entraîné le déplacement d’une personne sur cinq dans le pays. Même en dehors des zones désignées comme "à évacuer", notamment dans certaines parties de Beyrouth et du sud du Liban, les populations vivent sous la menace directe et récurrente de frappes aériennes et de drones. Dans certaines zones de Beyrouth, du Mont-Liban, du Sud-Liban, du Nord-Liban et de l’Akkar, les équipes de MSF fournissent des soins de santé primaires, orientent les patients vers des spécialistes et soutiennent la continuité des traitements. Toutefois, l’accès continu aux soins spécialisés et aux traitements de longue durée reste fortement perturbé.

Notes

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