Kenya : à Dadaab, la situation désespérée des réfugiés pourrait être aggravée par un nouvel afflux

Lynsey Addario/VII. Dagahaley Dadaab 2011
© Lynsey Addario/VII. Dagahaley, Dadaab, 2011 ©© Lynsey Addario/VII. Dagahaley, Dadaab, 2011

MSF est particulièrement préoccupée par les conséquences médicales des récentes positions publiques des autorités kenyanes exhortant des milliers de réfugiés somaliens à quitter les zones urbaines du Kenya pour des camps saturés. L’organisation observe que tout nouvel afflux dans ces camps exercerait une pression supplémentaire sur une situation déjà très précaire.

Au Nord du Kenya, dans les camps de réfugiés de Dadaab, la saison des pluies relance le risque de maladies et d’épidémies auprès d’une population déjà vulnérable.

Selon le Dr. Elena Velilla, chef de mission MSF au Kenya : “A Dadaab, l’aide humanitaire est insuffisante et ne peut plus faire face à tous les besoins. En raison de l’insécurité présente dans les camps, MSF travaille aujourd’hui dans des conditions extrêmes et ne pourra pas accroître son assistance en cas de nouvel afflux de population dans les camps.“

Le nombre d’enfants admis dans l’hôpital MSF pour malnutrition sévère a doublé le mois dernier et près de 300 enfants sont hospitalisés aujourd’hui. La plupart d’entre eux souffrent de diarrhée aqueuse aiguë ou d’infection sévère des voies respiratoires, conséquences des conditions de vie difficile dans les camps.

“Avec les pluies torrentielles qui s’abattent en ce moment sur la région, les abris et l’assainissement dans le camp, déjà insuffisants et précaires, sont maintenant dans un état encore plus déplorable avec des conséquences dramatiques sur la santé de la population.” Enchérit Dr Velilla.

A Dadaab, MSF, aujourd’hui l’un des principaux acteurs de santé avec un hôpital de 200 lits qui sert de structure de référence pour plusieurs camps- , est confrontée à des besoins humanitaires et médicaux sans cesse croissants.

Depuis sa création des camps il y a vingt ans, Dadaab demeure le théâtre d’urgences à répétitions : inondations, crises nutritionnelles et épidémies. Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), onze épidémies ont été signalées en 2012. Aujourd’hui, des cas isolés de choléra et d’hépatite E continuent d’être répertoriés à travers les camps.

Au regard de la perpétuelle détérioration des conditions de vie des réfugiés, MSF redoute l’impact d’une décision des autorités kenyanes sur une situation humanitaire et médicale déjà désastreuse pour ceux qui vivent à Dadaab. Les activités de MSF à Dadaab MSF gère un hôpital de 200 lits à Dagahaley, l’un des cinq camps qui composent Dadaab.

Il y a plus de 300 enfants sévèrement malnutris dans le programme nutritionnel, 63 d’entre eux ont été hospitalisés dans l’unité de soins intensifs cette semaine. Le personnel MSF dispense en moyenne 14 000 consultations et hospitalise 1000 personnes chaque mois.


Il y a plus d’un an, en octobre 2011, deux collaboratrices de MSF, Montserrat Serra and Blanca Thiebaut, ont été enlevées dans le camp de réfugiés de Dadaab, alors qu’elles apportaient une aide d’urgence à la population somalienne. Elles sont toujours en captivité. Tout  en continuant à répondre aux crises aigües, MSF a suspendu l’ouverture de projets non-urgents en Somalie jusqu’à leur libération.

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