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Darfour : des milliers de Soudanais fuient vers le Tchad

Des bombardements aériens et attaques de villages au Darfour poussent des milliers de personnes sur les routes. MSF extrêmement inquiète du sort des civils demande un accès sans entrave à ces populations.
© Dieter Telemans/MSF

Des bombardements aériens et attaques de villages au Darfour poussent des milliers de personnes sur les routes. MSF, extrêmement inquiète du sort des civils, demande un accès sans entrave à ces populations.

Genève/Birak-Tchad. Le 13 février 2008 -

Du 8 au 10 février, l'armée soudanaise, assistée de milices, a lancé une offensive dans le nord et l'ouest du Darfour. Cette attaque, une des plus violentes depuis ces dernières années dans cette zone du Darfour, a entraîné d'importants déplacements de population et l'interruption de l'ensemble des activités médicales dans la ville de Seleia, où MSF travaille depuis 2006.

Depuis mi-décembre 2007, l'accès à la zone Nord d'El Geneina, au Darfour Ouest, a été systématiquement refusé à nos équipes internationales, en dépit d'une situation humanitaire qui se détériore et de la nécessité de conduire des évaluations médicales rapides. Aujourd'hui, MSF demande à tous les belligérants un accès libre aux populations qui ont besoin d'une assistance immédiate.

« Nous sommes particulièrement inquiets pour les populations restées au Darfour après l'attaque, explique Huub Verhagen, responsable MSF des opérations au Soudan et au Tchad. De nombreuses familles ont été séparées lors de la fuite et n'ont aucune nouvelle de ceux qui sont de l'autre côté de la frontière. »

A Birak, au Tchad voisin, l'équipe MSF confirme qu'au moins 7.000 personnes sont déjà arrivées dans la zone. Ces réfugiés, parmi lesquels des membres du personnel MSF, ont fui les villes de Seleia, Sirba et Abu Seruj. Il ne s'agit que d'une partie de la population civile touchée par l'offensive militaire. Ces villes, aujourd'hui vidées de leur population, comptaient environ 50.000 habitants avant les attaques.

Selon les réfugiés, les attaques ont commencé le 8 février avec des bombardements aériens effectués par des avions et des hélicoptères de combat. Les récits des rescapés témoignent des violences qu'ils ont subies. « Nous avons vu des soldats entourant la ville avant qu'ils pillent nos maisons et y mettent le feu », raconte un des habitants de Seleia arrivé dans la zone de Birak. La base MSF de Seleia, où 100 femmes et enfants avaient cherché refuge, a également été saccagée et pillée. Les réfugiés rapportent également avoir été attaqués, menacés et rançonnés sur leur route les menant au Tchad.

Au Tchad, les réfugiés sont regroupés autour de villages, sous des arbres, et n'ont rien d'autre que les vêtements qu'ils portaient lors de leur fuite. Les blessés nécessitant des soins immédiats ont été pris en charge par les équipes MSF. Les priorités des équipes sont aujourd'hui l'accès à l'eau potable, la distribution de couvertures - la région étant froide et très venteuse - et la mise en place de consultations médicales.

MSF travaille des deux côtés de la frontière tchadienne-soudanaise, depuis 2004, apportant une aide médicale aux populations directement touchées par le conflit. A Seleia, MSF travaille dans le centre de santé prenant en charge, entre autres, les soins ante-nataux et la chirurgie. 1.500 consultations mensuelles sont réalisées. Mi-décembre 2007, les travailleurs internationaux de MSF ont été évacués temporairement. Depuis, les multiples demandes d'autorisation administratives pour retourner à Seleia ont été systématiquement refusées.

Contact : Frederic Baldini, MSF Suisse Tel: +41 22 849 89 75

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