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Burkina Faso : à Tougan, ville sous blocus, une situation nutritionnelle catastrophique pour les enfants

Consultation pédiatrique à Matiakoali
Consultation pédiatrique à Matiakoali © Saïda DOUMBIA / MSF

Dans la région de la Boucle du Mouhoun, la situation ne cesse de se détériorer pour les habitants de Tougan, encerclés par un groupe armé djihadiste qui coupe les voies d’approvisionnement et de circulation de la ville, avec des conséquences dramatiques sur la situation nutritionnelle des enfants :  près de 20% des enfants dépistés par Médecins Sans Frontières (MSF) souffraient de malnutrition aigüe dans cette localité du nord-ouest du Burkina Faso.

Du 5 au 12 octobre, des équipes MSF ont pu se rendre à Tougan pour y évaluer les besoins médicaux des habitants, résidents comme déplacés. La mise en place de nouveaux vols intérieurs par le service aérien d’aide humanitaire des Nations unies (UNHAS) a notamment permis cette évaluation sanitaire huit mois après que deux employés de MSF ont été tués dans l’attaque de leur véhicule à proximité de Tougan.

« Après la mise à l’arrêt de nos activités sur place, après des mois de privations et de violences endurées par la population de Tougan, nous nous attendions à faire face à une situation humanitaire très difficile mais le constat, sans appel, de la détérioration nutritionnelle des enfants a confirmé nos craintes. Les résultats du dépistage nutritionnel effectué auprès de 882 enfants de moins de cinq ans indiquent que 19,7% étaient atteints de malnutrition aigüe tandis que 9,6% souffraient de la forme la plus sévère de la malnutrition aigüe », explique Moctar Abass, responsable adjoint des opérations MSF au Burkina Faso. Ces résultats, obtenus en faisant du porte-à-porte dans les quartiers qui concentrent le plus de personnes déplacées, témoignent d’une situation de crise nutritionnelle très largement au-dessus des seuils d’alerte mondiaux.

En partenariat avec les autorités sanitaires burkinabè, MSF se prépare à renforcer la prise en charge des enfants malnutris à Tougan en soutenant les activités des centres de santé et des agents communautaires et en développant des capacités d’hospitalisation pour les enfants les plus sévèrement touchés. Des médicaments et des stocks d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi ont été acheminés par voie aérienne pour aider le personnel du ministère de la santé encore sur place. Tougan abrite environ 36 000 personnes déplacées, dans un pays qui en compte aujourd’hui plus de deux millions selon les chiffres de la commission nationale en charge de les enregistrer.

« La situation à Tougan, où les gens nous disent ne pas pouvoir cultiver leurs champs en dehors de la ville et dépendre quasi exclusivement des convois militaires pour leur approvisionnement en vivres, n’est malheureusement pas isolée. Il y a de fortes raisons de penser que d’autres localités actuellement sous blocus subissent un niveau de crise nutritionnelle similaire », rappelle Moctar Abass. 

Depuis le début de l’année 2023, la population de la Boucle du Mouhoun est prise en étau par les affrontements, attaques et représailles qui se sont intensifiés dans cette région jusque-là moins touchée que les régions de l’Est, Centre-Nord et du Sahel par le conflit opposant les forces de sécurité du pays à des groupes armés. A travers le pays, le modus operandi de ces derniers pour enclaver des dizaines de localités se répète avec la même brutalité : les habitants des villages voisins sont sommés de quitter les lieux, attaqués et parfois massacrés, des mines et autres engins explosifs sont disséminés, les mouvements d’entrée ou de sortie de la ville visée sont interdits et des contrôles effectués dans les transports pour s’en prendre aux habitant qui oseraient défier l’interdiction. Rapidement, les vivres, médicaments et produits de première nécessité viennent à manquer, les prix flambent, et les ravitaillements dépendent principalement de convois militaires et de l’aide humanitaire.

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