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Zimbabwe : le fléau du choléra

MSF répond à des épidémies de choléra au Zimbabwe à Harare la capitale du pays et à Bietbridge.
MSF répond à des épidémies de choléra au Zimbabwe, à Harare, la capitale du pays et à Bietbridge. © MSF

MSF répond à des épidémies de choléra au Zimbabwe, à Harare, la capitale du pays et à Bietbridge. Dans cette ville de 40 000 habitants située à la frontière avec l'Afrique du Sud, les équipes ont monté en urgence un centre de traitement du choléra dans l'hôpital de la ville, pour faire face à un afflux important de malades.

MSF répond à des épidémies de choléra au Zimbabwe, à Harare, la capitale du pays et à Bietbridge. Dans cette ville de 40 000 habitants située à la frontière avec l'Afrique du Sud, les équipes ont monté en urgence un centre de traitement du choléra dans l'hôpital de la ville, pour faire face à un afflux important de malades.

« Je ne suis pas très bien » annonce tranquillement Henry, un homme d'âge moyen, allongé sur le sol sale. Henry est tellement déshydraté que ses joues sont creusées et ses yeux enfoncés.

Clara Chamizo, infirmière MSF, n'est plus étonnée, debout, au milieu de dizaines de patients gisant à même le sol dans l'arrière cour de l'hôpital principal de Beitbridge, où MSF a monté en trois jours un centre de traitement du choléra de 130 lits.

La propagation du choléra a été très rapide dans cette ville de 40 000 habitants environ, au sud du Zimbabwe, à proximité de la frontière avec l'Afrique du Sud.

Le mardi 14 novembre, les autorités sanitaires locales annonçaient 5 cas, cent fois plus deux jours plus tard, plus de 1.500 à la fin de la semaine. 54 personnes étaient décédées durant la semaine.

Etat de choc.
« Il y avait un homme couché à côté d'un autre sur un chariot sous le soleil. » se souvient Veronica Nicola, médecin MSF présente au début de l'épidémie. « Le temps que j'arrive jusqu'à lui, il était en état de choc, nous avons essayé dix fois de trouver une veine mais il est mort là, sous nos yeux. Ils étaient si nombreux allongés là, chacun appelant à l'aide. C'est la première fois de ma vie que je pose autant de perfusions en un seul jour.»

Une fois la bactérie entrée dans le corps, elle libère une toxine et le vibrion cholérique s'attaque très rapidement à l'intestin. Au lieu de jouer son rôle d'absorption, l'intestin expulse l'eau contenue dans le corps sous forme de violentes diarrhées et de vomissements représentant un volume de 10 à 20 litres par jour.

Le 14 novembre, les autorités sanitaires locales annonçaient 5 cas, cent fois plus deux jours plus tard, plus de 1.500 à la fin de la semaine. 54 personnes étaient décédées durant la semaine.

Un traitement est nécessaire en urgence : la moitié des personnes atteintes de déshydratation meurent si les pertes de liquide ne sont pas compensées.

En cas de déshydratation sévère, il est parfois nécessaire de perfuser 8 à 12 litres de solutés par personne. Le traitement est simple mais là, tout manquait : des sels de réhydratation, des perfusions, jusqu'à l'eau et les produits pour désinfecter. Des centaines de litres de liquide de perfusion ont été acheminés par MSF.

Sensibilisation difficile. Bietbridge est une ville carrefour, peuplée de résidents mais aussi de chauffeurs routiers qui attendent de franchir la frontière et de personnes qui espèrent passer en Afrique du Sud. Les coupures d'eau et d'électricité sont fréquentes, des ordures et les évacuations d'égouts se déversent dans la rue.

L'équipe en charge de la sensibilisation sur les mesures d'hygiène pour limiter la propagation se heurte à la colère de la population : « Comment voulez-vous faire quand il n'y a pas d'eau ! Pourquoi vous ne nettoyez pas les ordures dans la rue ? »

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