Terminus Khamer : histoires d’exil au Yémen

Terminus Khamer : histoires d’exil au Yémen
Camp de Dahadh, dans le gouvenorat d'Amran, avril 2019.  ©Agnes Varraine-Leca/MSF

Depuis la fin du mois de mars, de violents combats se sont intensifiés dans le gouvernorat de Hajjah, entre les troupes d’Ansar Allah et les forces loyales au Président Hadi, soutenues par la coalition internationale. Ces violences ont entraîné le déplacement de milliers de personnes, notamment à Khamer, dans le gouvernorat voisin d’Amran, où les équipes MSF fournissent des soins médicaux et chirurgicaux. Reportage photo dans le camp de Dahadh. 

Ces milliers de familles déplacées viennent s’ajouter à celles déjà exilées depuis plusieurs années à Khamer à cause des combats. Dans le camp de Dahadh, près de 3500 personnes vivent dans des conditions précaires, avec un accès limité aux soins et à l’eau. 

La famille de Fatma (droite) est arrivée dans le camp de Dahadh en 2015, au début du conflit. Ils vivaient dans le gouvernorat de Saada qu'ils ont fui à cause des bombardements de la coalition et des combats. 

Deux habitants du camp de Dahadh devant leur tente, avril 2019.

Des enfants jouent autour d'un point d'eau, dans le camp de Dahadh. 

Vue générale du camp de Dahadh, où près de 3500 personnes vivent dans des conditions précaires. Gouvernorat d'Amran, avril 2019. 

Tuabit est le superviseur du camp de Dahadh. Il souligne le manque de services et le besoin de davantage de latrines, en particulier pour les femmes qui ne peuvent pas y aller seules la nuit, car les latrines sont trop loin. Lui et sa famille ont fui les combats dans le gouvernorat de Saada en 2015, lorsque la guerre a commencé.

Un joueur d'Oud, dans le camp de Dahadh, avril 2019. 

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La famille de Fatma (droite) est arrivée dans le camp de Dahadh en 2015, au début du conflit. Ils vivaient dans le gouvernorat de Saada qu'ils ont fui à cause des bombardements de la coalition et des combats. 

Deux habitants du camp de Dahadh devant leur tente, avril 2019.

Des enfants jouent autour d'un point d'eau, dans le camp de Dahadh. 

Vue générale du camp de Dahadh, où près de 3500 personnes vivent dans des conditions précaires. Gouvernorat d'Amran, avril 2019. 

Tuabit est le superviseur du camp de Dahadh. Il souligne le manque de services et le besoin de davantage de latrines, en particulier pour les femmes qui ne peuvent pas y aller seules la nuit, car les latrines sont trop loin. Lui et sa famille ont fui les combats dans le gouvernorat de Saada en 2015, lorsque la guerre a commencé.

Un joueur d'Oud, dans le camp de Dahadh, avril 2019. 

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Ces dernières années, les équipes MSF ont distribué dans le camp de Dahadh des kits d’urgence à plusieurs reprises et ont mis en place des cliniques mobiles jusqu'à ce qu’elles n’aient plus l’autorisation de se rendre dans le camp. En juillet 2016, elles ont également fourni aux habitants des traitements contre la gale. 

Vue générale du camp de Dahadh, non loin du centre ville de Khamer, dans le gouvenorat d'Amran, avril 2019. 
 © Agnes Varraine-Leca/MSF
Vue générale du camp de Dahadh, non loin du centre ville de Khamer, dans le gouvenorat d'Amran, avril 2019.  © Agnes Varraine-Leca/MSF

Les deux tiers de la population de Dahadh sont arrivés en 2015, au début de la guerre. Ils fuyaient les bombardements massifs de la coalition internationale, dirigée par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, sur le gouvernorat de Saada, fief d’Ansar Allah. Près d’un quart des frappes aériennes de la coalition se sont abattues sur Saada depuis le début du conflit, selon l’organisation Yemen Data Project. Déclarée zone hostile par la coalition en 2015, il s’agit du gouvernorat le plus bombardé du pays.

Vieille-ville de Khamer, dans le gouvernorat d'Amran, avril 2019. 
 © Agnes Varraine-Leca/MSF
Vieille-ville de Khamer, dans le gouvernorat d'Amran, avril 2019.  © Agnes Varraine-Leca/MSF

Par la suite, l’offensive lancée par la coalition sur la ville de Hodeidah, en juin 2018, a entraîné une nouvelle vague de déplacements vers le gouvernorat d’Amran. Fatima et son mari, pêcheur en mer rouge, ont fui les combats dans la ville en juillet 2018 pour se réfugier à Dahadh. Elle se rappelle du trajet, douze heures interminables pour parcourir les 300 kilomètres qui séparent Hodeidah de Khamer, et de la peur qu’elle a ressentie en entendant les bruits des combats se rapprocher de sa maison. Ils vivent désormais tout au bout du camp, sous une tente, très loin de la mer. 

Portrait de Fatima, devant sa tente dans le camp de Dahadh, avril 2019. 
 © Agnes Varraine-Leca/MSF
Portrait de Fatima, devant sa tente dans le camp de Dahadh, avril 2019.  © Agnes Varraine-Leca/MSF

Début 2019, l’intensification des combats dans le gouvernorat de Hajjah, dans le nord du pays, a entraîné une énième vague de déplacements. En mars, ils étaient plus de 20 000 à fuir les violences, notamment dans le nord d’Abs et vers le gouvernorat d’Amran, venant s’ajouter aux milliers de familles déjà en exil depuis plusieurs mois. 

Les combats les plus destructeurs ont éclaté près d’Abs, une ville à proximité de la frontière saoudienne, où MSF soutient un hôpital de campagne, en collaboration avec le ministère de la santé. Ce même hôpital a été partiellement détruit par une frappe aérienne de la coalition le 15 août 2016, tuant 19 personnes. En juin 2018, c'était au tour du centre de traitement du choléra MSF d’Abs d'être détruit par un tir de la coalition. 

(gauche) La famille de Tareq (gauche) et celle d'Ahmad (droite) sont toutes les deux arrivées à Khamer au printemps 2019, à la suite de violents combats dans le district de Kuchar où elles vivaient. Le fils de Tareq est décédé avant que la famille ait le temps de fuir, faute d'accès à son traitement médical. 
 © Agnes Varraine-Leca/MSF
(gauche) La famille de Tareq (gauche) et celle d'Ahmad (droite) sont toutes les deux arrivées à Khamer au printemps 2019, à la suite de violents combats dans le district de Kuchar où elles vivaient. Le fils de Tareq est décédé avant que la famille ait le temps de fuir, faute d'accès à son traitement médical.  © Agnes Varraine-Leca/MSF

Depuis le printemps dernier, Ahmad vit avec sa femme et ses trois enfants dans les ruines d’une ancienne demeure, près de la mosquée de Khamer. La famille vient du gouvernorat de Hajjah qu’elle a fui en Avril. Ancien commerçant, Ahmad a tout perdu dans les combats et les bombardements qui ont affecté Kuchar, une zone montagneuse située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière saoudienne. En mars, plus de 5 300 familles avaient réussi à fuir le district mais des milliers d’autres étaient prises au piège des combats, sans aucune possibilité de se mettre à l’abri. Selon les Nations unies, on estime à près de 3,65 millions le nombre de personnes déplacées au Yémen. 

Des femmes discutent entre elles dans le camp de Dahadh, près de la ville de Khamer au Yémen.
 © Agnes Varraine-Leca/MSF
Des femmes discutent entre elles dans le camp de Dahadh, près de la ville de Khamer au Yémen. © Agnes Varraine-Leca/MSF

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