Tchétchénie : MSF traite les urgences cardiologiques

Dr Madina Saidarkhanova responsable du service de réanimation cardiologique de MSF en Tchétchénie.
Dr Madina Saidarkhanova, responsable du service de réanimation cardiologique de MSF en Tchétchénie. ©MSF

Face à l’insuffisance du système sanitaire à prendre en charge les maladies cardiovasculaires, MSF lance fin 2010 un programme d’urgences cardiologiques à Grozny. Quelques mois après la mise en place du projet, les équipes ont traité près de 700 patients.

Début juillet a eu lieu la première fibrinolyse, un processus qui permet de dissoudre un caillot sanguin, obstruant une artère coronaire, avant qu’il ne soit fatal au patient. Les équipes en ont depuis effectué 15.

Avant l’arrivée de MSF, cette intervention n’avait jamais été effectué ici. Nous ne disposions pas du matériel et des médicaments nécessaires explique Dr Madina Saidarkhanova, responsable du service de réanimation cardiologique.  

Une population à risque

Tabagisme, mauvaise alimentation, manque d’exercice, hypertension artérielle, diabète, mais surtout le stress consécutif aux années de guerre ont favorisé l’apparition des maladies cardio-vasculaires parmi la population tchétchène. Un individu sur six est concerné. Faute d’équipement et de personnel médical spécialisé, ces pathologies sont responsables de plus de 62% des décès dans la république, un taux supérieur à la moyenne nationale de 56%.

En 2009, l'hôpital républicain d'urgence (REH) de Grozny a enregistré 1 555 cas d’infarctus, avec un taux de mortalité élevé de 33%. Le service de cardiologie et réanimation ne dispose alors d’aucun défibrillateur fonctionnel, d'ECG ou d'Holter, d'aucun examen biologique spécifique ou traitement fibrinolytique. A cette époque, le traitement des patients souffrant de maladies cardiovasculaires n’est proposé qu’à Moscou ; une distance qui condamne les cas les plus urgents.

700 admissions en quelques mois

Fin 2010, MSF décide d’ouvrir un projet de cardiologie et de réanimation au sein de l'hôpital des urgences de Grozny, dans l'unité de chirurgie et de réanimation cardio-vasculaire. Compte tenu des faiblesses du système sanitaire et des lacunes dans le domaine de la cardiologie, MSF entend améliorer la capacité des cardiologues tchétchènes à diagnostiquer et à traiter les patients admis aux urgences.

Les premiers mois d’activités ont été consacrés à la mise en place des équipements, consommables et médicaments ainsi qu’à la formation du personnel aux techniques spécifiques de cardiologie. Commencent ensuite les consultations. Depuis février 2011, le service de cardiologie des urgences a enregistré près de 700 admissions et plus de cent patients ont pu être réanimés grâce aux défibrillateurs.

Une première dans l’histoire MSF

Hormis les enjeux médicaux, le projet est un véritable challenge.

C’est la première fois que MSF réalise un projet d’urgences cardiologiques. Il s’agit d’une activité médicale très spécialisée. Au vu des premiers résultats, c’est un succès ; constate Vladimir Najman, chef de mission MSF en Russie.

Fin 2011, le taux de mortalité est descendu à 7,82 %.

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