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Tchétchénie - Des soins pour les femmes et les enfants à Grozny

Une pédiatre MSF en consultation à Grozny le 10/10/2006
Une pédiatre MSF en consultation à Grozny, le 10/10/2006 © Misha Galustov

Des équipes de MSF viennent en aide aux populations
tchétchènes qui souffrent des séquelles de la guerre et d’un accès limité aux soins. MSF dispense notamment des soins dans des cliniques de
gynécologie-obstétrique et de pédiatrie. Zarieta Agassieva,
coordinatrice médicale en Tchétchénie pour MSF, parle des soins offerts aux
femmes et aux enfants de Grozny.

Après être intervenue en Ingouchie auprès des populations tchétchènes déplacées, MSF centre maintenant ses activités médicales en Tchétchénie, sur les femmes et les enfants. De quoi s’agit-il exactement ?
A Grozny, nous travaillons dans deux cliniques de gynécologie-obstétrique situées à Staro-promyslovski, un vaste quartier de quelque 70 000 habitants. Quand les familles tchétchènes qui avaient fui les violences en Ingouchie sont rentrées au pays en 2002, c’est dans ce quartier qu’elles se sont installées.

Ces cliniques de gynécologie-obstétrique ont d’ailleurs suivi les populations dans leurs déplacements. Elles fonctionnaient en Ingouchie, installées dans des containers spécialement aménagés, avant d'être transportées à Grozny, en 2005.
La capitale tchétchène avait subi des destructions considérables pendant la guerre. Beaucoup de patientes connaissaient déja MSF en Ingouchie et nous ont retrouvés à Grozny.

L'affluence est grande. Nos deux gynécologues donnent près de 1400 consultations par mois.

Quels soins sont proposés aux femmes ?
Les femmes peuvent venir pour des consultations gynécologiques. Aussi bien lorsqu'elles sont enceintes que quand elles ont besoin d’une contraception. Elles peuvent aussi subir divers examens (frottis, colposcopie,…). Et l’affluence est grande. Nos deux gynécologues donnent près de 1400 consultations par mois. La natalité, il est vrai, est assez forte. L’an dernier, il y a eu 28 000 naissances en Tchétchénie pour une population de l’ordre de 1,2 millions d’habitants.

Nous prenons aussi en charge des enfants à Grozny ?
Oui, nous avons deux cabinets de consultations pédiatriques dans ce quartier de Staro-promyslovsky, dans des polycliniques pour adultes. Nos deux pédiatres voient surtout des enfants de moins de cinq ans souffrant d’infections respiratoires. Beaucoup de mères sont illettrées. Elles sont très jeunes et ne sont pas longtemps allées à l’école, du fait des événements. Il faut donc souvent leur expliquer l’importance d’une bonne alimentation, les soins à donner aux nouveaux-nés. Les pédiatres, comme les gynécologues, sont très à l’écoute des patients. Les femmes ont besoin de parler, de raconter leurs problèmes personnels ou les difficultés de leurs enfants qui sont agités, ont des troubles de la mémoire, par exemple.

Nous apportons aussi un soutien à des structures médicales ?
Depuis 2000, nous fournissons une aide médicale à une maternité, le Centre de la mère et de l’enfant Aïmani Kadyrova. Nous faisons des donations de médicaments et de matériel médical. Et nous avons aussi fourni des lits d’enfants et des tables d’opération. Car le service de gynécologie-obstétrique est un service important où des femmes viennent de toute la Tchétchénie. C’est là que sont pris en charge les accouchements avec complications et où sont traitées les pathologies des nouveaux-nés.

Globalement, on entend moins parler de la Tchétchénie. Cela veut-il dire que la situation s’est améliorée ?
La situation est plus calme, les gens ne se sentent plus en danger et beaucoup de ceux qui étaient partis sont revenus à Grozny. Dans la ville, beaucoup de travaux de reconstruction ont été réalisés. Mais sur le plan médical, on manque cruellement de personnel. Des médecins sont partis et ceux qui restent exercent d’autres activités pour survivre.

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