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Sud-Soudan / Nord Bahr-El-Ghazal : appui à l’hôpital et veille épidémique

Avec le retour de la saison des pluies la situation sanitaire au Sud Soudan présente des signes inquiétants : choléra paludisme malnutrition.Un point sur la situation avec Pascal Duchemin chef de mission de retour du Nord Bahr El Ghazal où MSF intervi
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Avec le retour de la saison des pluies, la situation sanitaire au Sud-Soudan présente des signes inquiétants : choléra, paludisme, malnutrition.Un point sur la situation avec Pascal Duchemin, chef de mission, de retour du Nord Bahr-El-Ghazal, où MSF intervient dans l'hôpital d'Aweil.

Quelle est la situation au Sud-Soudan aujourd'hui ?

On décrit souvent le Sud-Soudan comme un pays en post-conflit. En fait, la situation est instable, avec des conflits internes récurrents. S'ils ne remettent pas en cause le processus de paix entamé en 2005, ils génèrent néanmoins d'importantes tensions, pouvant entraver l'accès aux populations.

Le Nord Bahr-El-Ghazal connaît cette année un calme relatif. Un accord sur les transhumances pendant la saison sèche a permis de limiter les conflits entre pasteurs Misseryia et populations sédentaires.

Contrairement au Nord Soudan, d'où certaines équipes MSF ont été expulsées, toutes les sections MSF sont présentes au sud du pays. Elles mènent des projets d'accès aux soins médicaux, ou de réponses ponctuelles aux épidémies et urgences.

Qu'en est-il de notre projet au sein de l'hôpital d'Aweil ?

L'hôpital d'Aweil est l'hôpital de référence du Nord Bahr-El-Ghazal, qui regroupe une population estimée à plus d'un million de personnes. Cet hôpital étant géré par le ministère de la santé soudanais, nous intervenons principalement dans les service de gynécologie obstétrique et de pédiatrie.

Le volume d'activité (voir encadré) est très important, et nécessite du personnel qualifié. Outre le personnel soudanais du ministère de la santé, nous travaillons avec des assistants médicaux que nous faisons venir de Khartoum, mais aussi du Kenya et d'Ouganda.

Soins materno-infantiles à Aweil

Chaque mois, près de 5 000 consultations sont dispensées pour des enfants de moins de 15 ans. Dans cette tranche d'âge, les principales causes d'hospitalisation sont liées à des septicémies, des diarrhées, des infections respiratoires...

Chez les plus jeunes enfants, la malnutrition demeure une cause importante de mortalité. Dans le programme nutritionnel, plus de 2000 enfants malnutris sévères ont été inclus depuis le début de l'année.

Une moyenne de 2 500 consultations ante-natales et 160 accouchements, dont plus d'une dizaine de césariennes, ont lieu chaque mois à l'hôpital.

A quelles maladies les équipes MSF font-elles face en ce moment ?

La saison des pluies est propice à certaines épidémies. Actuellement, on reçoit une quinzaine de cas de choléra par semaine. Nous sommes donc encore en phase de préparation et d'anticipation. Le retour de la saison des pluies s'accompagne de fortes précipitations et d'inondations, qui facilitent la diffusion du vibrio cholerae, agent infectieux responsable des épidémies de choléra.

Cette année, la saison des pluies s'annonce tardive, ce qui peut avoir des conséquences sur les récoltes et entraîner une période de soudure plus longue. Le nombre de cas de malnutrition risque donc d'augmenter. Nous avons en ce moment 920 enfants suivis.

Enfin, le retour des pluies entraîne chaque année une forte augmentation des cas de paludisme.

Par ailleurs, depuis le début de l'année, 40 000 personnes seraient revenues du Nord Soudan pour s'installer de nouveau dans le Nord Bahr-El-Ghazal. Parmi ces « returnees», beaucoup étaient partis au moment de la guerre entre le Nord et le Sud. Souvent hébergés par des proches, ils risquent d'être en difficulté dans les prochains mois.

Réponses aux urgences médicales

L'année dernière, d'importantes inondations autour d'Aweil ont poussé plusieurs milliers de personnes à se déplacer à partir de juillet 2008, et une épidémie de choléra s'est déclenchée. Près de 6 300 patients ont été soignés et MSF a apporté un support aux centres de traitement du ministère de la santé. Environ 1,8 million de litre d'eau potable a été distribué aux personnes déplacées, ceci afin d'éviter la propagation de l'épidémie.

En outre, 4 000 personnes ont été traitées pour le paludisme au cours de l'année 2008.

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