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Somalie - Une situation sanitaire à la dérive

Somalie mars 2008.
Somalie, mars 2008. © Jehad Nga

Alors qu'ils luttaient déjà pour leur survie et que l'accès à des soins
de santé de base est presque impossible, les Somaliens ont connu au
cours de l'année 2008 la violence la plus extrême de la décennie.

Les populations des zones du centre et du sud du pays vivent dans des conditions humanitaires qui continuent de se détériorer.

Le système de santé est complètement démantelé, et même s'il est difficile de les vérifier, la Somalie fait état des pires indicateurs sanitaires au monde :
une femme sur dix meurt en couches et près d'un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans.

La flambée des prix des denrées alimentaires ainsi qu'une sécheresse prolongée dans le pays ont exacerbé l'impact de la guerre sur la malnutrition infantile.

En décembre 2006, de nouveaux combats ont commencé entre des groupes d'insurgés et les forces du gouvernement fédéral de transition de la Somalie, renforcées par les troupes éthiopiennes. Depuis lors, les Nations Unies estiment que près d'un million de Somaliens ont fui leurs maisons.

La Somalie fait état des pires indicateurs sanitaires au monde : une femme sur dix meurt en couches et près d'un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans.
L'intensification des combats dans l'un des quartiers résidentiels les plus peuplés de Mogadiscio s'est traduit par une recrudescence du nombre de civils blessés et a encore une fois entraîné le déplacement de milliers de personnes.

Entre janvier et fin novembre, près de 2 300 patients ont été soignés par MSF pour des blessures par balle ou causées par des tirs de mortier.

Des centaines de milliers de civils vivent donc en zone de guerre. Plus au nord, à Galcayo, ville relativement plus calme en comparaison avec la capitale, une équipe de MSF a toutefois opéré ou soigné plus de 500 victimes de violence en 2008.

Sur la route reliant Mogadiscio à Afgooye, où de nombreuses personnes ont été forcées de fuir la violence, plus de 250 000 déplacés vivent dans des conditions épouvantables.

Depuis le mois de janvier, des équipes de MSF ont traité plus de 9 500 enfants souffrant de malnutrition. La population dépend en grande partie de l'aide alimentaire extérieure mais l'assistance est assurée par intermittence et des familles entières fuyant la violence se retrouvent sans abri, manquant de nourriture et de soins médicaux.

De nombreux Somaliens prennent des risques importants pour quitter leur pays et vont principalement vers le sud, au Kenya.

On compte actuellement 200 000 réfugiés, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR), répartis dans trois camps au Kenya. Récemment, 35 000 autres réfugiés ont rejoint ces camps.

Ceux qui ne peuvent pas chercher refuge au Kenya se dirigent vers le Nord, où ils sont nombreux à risquer leur vie en embarquant dans des bateaux de contrebandiers pour traverser le Golfe d'Aden afin d'atteindre le Yémen.




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Selon les chiffres des Nations Unies, plus de 43 500 personnes - essentiellement des Somaliens mais également des Éthiopiens fuyant la faim et les persécutions - ont tenté la traversée en 2008. Les passagers racontent que des groupes de 100 personnes sont couramment entassées dans des embarcations de 30 à 40 places. Beaucoup meurent asphyxiés tandis que d'autres se noient avant de pouvoir atteindre la côte. Depuis le début de l'année 2008, dans le Yémen du Sud, les équipes de MSF ont pris en charge plus de 8 000 réfugiés arrivés par bateau.

Cette situation est d'autant plus épouvantable que les travailleurs humanitaires sont de plus en plus la cible d'attaques, y compris des assassinats et des enlèvements. Cette situation fait de la Somalie - pays aux besoins humanitaires apparemment illimités - un endroit où il est pratiquement impossible de développer une assistance.

Début 2008, MSF a été forcée de sortir du pays ses 97 volontaires internationaux après la mort de trois de leurs collègues dans un attentat à la bombe sur le bord d'une route dans la ville portuaire méridionale de Kismayo. L'enlèvement et la libération ultérieure de deux humanitaires à Bossasso, dans la province autonome de Puntland en Somalie, ont mis un point final au programme de santé et nutritionnel de la ville. Au mois d'août, compte tenu de l'ampleur des combats et des risques encourus par les patients et le personnel, MSF a cessé toute activité médicale dans l'une de ses cliniques située dans le quartier de Wardigley/Hodan de Mogadiscio.

Actuellement, MSF n'a aucun personnel international basé en permanence en Somalie. Le travail humanitaire de l'organisation se poursuit grâce aux membres nationaux qui ont pris en charge les programmes mis en place.

En 2008, MSF continue donc de travailler dans 9 régions du pays, assurant des soins de santé primaires, le traitement de la malnutrition, des soins de santé et l'assistance aux déplacés, des interventions chirurgicales, la distribution d'eau et de produits de première nécessité ; ceci afin de répondre en partie aux considérables besoins de la population somalienne.

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