Somalie : soins chirurgicaux aux blessés

Mogadiscio janvier 2009. Des habitants de la capitale conduisent une femme blessée à l'hôpital après l'explosion d'une voiture.
Mogadiscio, janvier 2009. Des habitants de la capitale conduisent une femme blessée à l'hôpital, après l'explosion d'une voiture. © REUTERS/Feisal Omar (Somalie)

Alors que les violences reprennent dans la capitale somalienne, les équipes MSF continuent de dispenser des soins médicaux dans tout le pays.

Alors que les violences reprennent dans la capitale somalienne, les équipes MSF continuent de dispenser des soins médicaux dans tout le pays.

218 blessés soignés à Daynile. Dans le district de Daynile, près de Mogadiscio, où MSF soutient un hôpital, les équipes médicales ont soigné 218 personnes blessées par balle ou par éclat d'obus entre le 7 et le 22 mai. Parmi elles, 81 étaient des femmes et des enfants de moins de 14 ans.

Le 14 mai, MSF a été contrainte de fermer pour deux jours son centre de santé de Yaqshid, dans la partie nord de Mogadiscio, afin de s'assurer de la sécurité de son personnel. Le dispensaire MSF a maintenant rouvert ses portes.

Depuis le 7 mai, l'équipe y a soigné 14 personnes blessées. Neuf patients présentaient des blessures par balle et les cinq autres des blessures causées par des éclats d'obus.Cinq de ces patients étaient des enfants, dont un bébé de six mois.

Afflux de patients à Lido. Une forte hausse des activités a également été enregistrée dans un autre dispensaire, situé à Lido. Les Somaliens fuient en effet la région et tentent d'échapper aux violences.

 


L'hôpital de Lido, d'une capacité d'accueil de cinquante lits, est saturé avec en moyenne 120 admissions par semaine. Plus de 1 200 consultations ont été données à des enfants de moins de cinq ans dans la semaine du 11 au 15 mai.

Insécurité à Jowhar. Cependant, le nombre de consultations au centre pédiatrique et obstétrique de Jowhar, à 90 km au nord de la capitale, a baissé en raison des violences qui ont éclaté dans la ville le 17 mai. La population a en effet trop peur de se rendre dans les centres de santé de MSF. Quant au programme nutritionnel, le nombre d'admissions y a diminué de 30% par rapport à la semaine précédente. Et au cours de la même période, le nombre de femmes vues au centre de santé a chuté de 40%.

Les populations qui fuient Mogadiscio cherchent refuge dans « le couloir d'Afgooye », route reliant la capitale somalienne à Afgooye, une ville située à 25 km environ au nord-ouest de Mogadiscio. Depuis 2007, MSF travaille à Afgooye où elle dispense des soins nutritionnels et donne des consultations.

MSF soutient également une clinique privée dans la ville voisine d'Hawa Abdi, à environ 15 km de Mogadiscio. Les équipes travaillent actuellement à la construction d'un centre nutritionnel thérapeutique permanent destiné aux hospitalisations (les tentes auparavant utilisées ayant été endommagées par les pluies).

Augmentation des cas de malnutrition. Dans d'autres régions somaliennes, les équipes MSF ont observé une augmentation du nombre d'enfants souffrant de malnutrition. À Marere, dans la région du Lower Juba, le nombre d'hospitalisations dans le centre nutritionnel thérapeutique a augmenté pour atteindre 130 admissions et ce, au cours du seul mois de mai, contre 45 auparavant. 400 autres enfants suivent un traitement en ambulatoire dans la ville voisine de Jilib.

Dans le sud de Galcayo, le nombre d'hospitalisations est également en hausse au centre nutritionnel thérapeutique. Actuellement, 75 patients y reçoivent un traitement contre une moyenne mensuelle de 40 patients. Dans le nord de Galcayo, le nombre de patients a doublé depuis mars-avril. Actuellement, quelque 300 enfants suivent un traitement en ambulatoire et 40 patients sont hospitalisés.

Campagnes de vaccination contre la rougeole. Par ailleurs, à Belet Weyne, ville située près de la frontière éthiopienne dans la région d'Hiraan, les équipes de MSF ont lancé mi-avril des campagnes de vaccination contre la rougeole. 26 000 enfants âgés de 6 mois à 15 ans ont été vaccinés. Cependant, des cas ont récemment été détectés dans d'autres régions du centre de la Somalie, à Adado, Guri El, Dusha Mareb et Galcayo. MSF a mis en place des centres d'isolation pour soigner les personnes infectées. En mars, le personnel médical a traité cinq cas dans le sud de Galcayo, en avril, 50 cas et en mai, 73. MSF continuera à surveiller la situation de près.

MSF intervient dans les régions de Bakool, de Banadir, de Galgaduud, d'Hiraan, du Lower Juba, du Middle Shabelle, du Lower Shabelle et de Mudug. Tous les programmes de MSF sont actuellement gérés par du personnel somalien, soutenu par le personnel international basé à Nairobi qui se rend chaque fois que les conditions de sécurité le permettent.

 

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Mahmud Sheikh Mohammed Hassan, assistant coordinateur d'un des programmes MSF à Mogadiscio, décrit la situation de ces derniers jours :

« Les violences se poursuivent. Entre le 22 et le 27 mai, nous avons reçu 75 blessés. Les gens ne pouvaient pas se rendre à l'hôpital vendredi matin mais ils sont venus l'après-midi. Nous avons commencé à opérer dans l'après-midi jusqu'à dix heures le samedi matin. La nuit a été longue.

Malheureusement, nous avons perdu trois de nos patients sur la table d'opération. Leurs blessures étaient trop graves et ils n'ont pas pu arriver à l'hôpital à temps. Nous n'avons rien pu faire pour les sauver. L'un d'eux était une petite fille, qui ne devait pas avoir plus de 13 ans. Je pense qu'elle était dans un minibus qui a été touché par un obus.

Trois autres présentaient des blessures à la tête et sont maintenant en soins intensifs. Mais, à Mogadiscio, il n'y a pas d'hôpital où ce genre de blessures peut être opérée. La seule chose que nous pouvons faire, c'est soulager leur douleur. Les autres patients se rétablissent et vont bien.

Près de l'hôpital, il y a beaucoup de personnes déplacées. Elles viennent ici car nous sommes à l'extérieur de Mogadiscio. Les gens s'y sentent plus en sécurité. Elles sont 18 000 à vivre en dehors de la ville, dans différentes zones autour de l'hôpital. Au cours de ces derniers jours, je dirais que 5 000 à 10 000 personnes supplémentaires sont arrivées. Elles n'avaient rien pu emporter avec elles.

La semaine dernière, nous avons distribué des bâches en plastique à environ 2 000 familles. Les déplacés ont fabriqué des abris eux-mêmes. Ils ont tenu la bâche grâce à des branches et l'ont recouverte de sacs et de morceaux de plastique. Mais ensuite, il a beaucoup plu. Les gens souffrent vraiment. »

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