MSF appelle les autorités serbes et les États membres de l’UE à fournir aide et protection aux réfugiés dans le besoin

Dispensaire mobile MSF février 2015
Dispensaire mobile MSF, février 2015 ©Julie Remy/MSF

Les demandeurs d’asile, réfugiés et migrants qui ont risqué leur vie pour rejoindre l’Europe sont abandonnés en Serbie, dans des forêts ou des bâtiments abandonnés, sans nourriture ni abri alors que les températures hivernales sont glaciales. Les équipes de MSF les approvisionnent en produits de première nécessité et leur prodiguent des soins médicaux d’urgence. Parallèlement, MSF appelle les autorités serbes et les États membres de l’Union européenne (UE) à porter assistance et protection aux demandeurs d’asile.

Le règlement Dublin II requiert généralement que les demandeurs d’asile arrivant en UE de manière illégale demandent l’asile dans le pays par lequel ils sont entrés. Toutefois, les migrants et les demandeurs d’asile fuient de plus en plus les conditions précaires auxquelles ils font face en Grèce et en Bulgarie, traversant alors la région des Balkans pour faire route vers l’Europe du Nord. D'après le bureau serbe chargé des questions d’asile, en 2014, environ 16 500 demandeurs d'asile – essentiellement originaires de Syrie, d’Afghanistan et d’Afrique subsaharienne – sont entrés en Serbie afin de trouver refuge et de meilleures conditions de vie décentes en Europe du Nord.

"Les États membres de l’UE doivent reconnaître les conséquences scandaleuses de leurs politiques et améliorer les procédures d’asile, les conditions d’accueil actuelles ainsi que l’absence d’intégration, qui déboutent des milliers de réfugiés et demandeurs d’asile", affirme Stuart Alexander Zimble, coordinateur MSF dans la région des Balkans. "La Grèce, la Bulgarie et l’UE doivent améliorer l’accès aux procédures d’asile ainsi que les conditions d’accueil pour les  arrivants".

Obligées de vivre dans des conditions déplorables du fait d’un système d’asile grec dysfonctionnel, les personnes en quête de protection se voient forcées de prendre davantage de risques en recourant à des réseaux de trafiquants pour quitter la Grèce, à la recherche d’une assistance et d’une protection de meilleure qualité. "La situation en Grèce est tellement catastrophique qu’on ne peut pas rester là en tant que demandeur d’asile", explique un réfugié afghan qui a passé 18 mois dans un centre de rétention en Grèce pour ensuite se rendre en Macédoine et enfin en Serbie.

À leur arrivée en Serbie, nombre de demandeurs d’asile n’ont d’autre option que de dormir dehors, sous des bâches en plastique ou dans des tentes de fortune et ce malgré des températures hivernales pouvant descendre jusqu’à -20° C. Dans le village de Bogovada, des dizaines de personnes attendent chaque jour que leur demande d’asile soit  Dans cette région, le bureau d’asile ne traite que quelques  demandes par jour seulement, forçant ainsi les réfugiés – y compris parfois des femmes enceintes et des enfants – à patienter dans la forêt qui borde le village. Dans la ville de Subotica, près de la frontière hongroise, les migrants s’abritent, la nuit tombée, dans des bâtiments abandonnés et en ruines. Certains dorment dehors, cachés dans des champs, pour éviter de rencontrer la police.

MSF appelle les États membres de l’UE, et en particulier la Hongrie, à s’abstenir de renvoyer vers la Serbie les ressortissants des pays tiers. Avec le soutien du HCR, la Serbie devrait fournir une assistance adéquate et une protection internationale aux demandeurs d’asile, notamment en augmentant ses capacités à enregistrer et à héberger tout demandeur d’asile dans ses centres d’accueil en toute sécurité, efficacité et hospitalité.

Depuis décembre, une équipe MSF gère des dispensaires mobiles et distribue des kits de produits de première nécessité aux réfugiés les plus vulnérables à Bogovada et à Subotica. Les rhumes, infections respiratoires et autres maladies de la peau constituent les pathologies les plus fréquents chez les migrants, principalement à cause du froid et des mauvaises conditions sanitaires. "Ces gens vivent dans des conditions insalubres, ne sont pas assez habillés, sont affamés et n’ont pas les moyens de se laver", explique Vasiliki Armeniakou, coordinateur médical MSF. "Beaucoup présentent des lésions musculaires et osseuses, des douleurs sévères, des coupures, des ecchymoses et des engelures."


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