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Les Somaliens dans la violence et dans l’oubli

En Somalie, la violence qui sévit dans de nombreuses régions s'ajoute à la détresse des populations privées d'accès aux soins. C'est dans ce contexte que les équipes de MSF interviennent, alors que les indicateurs de santé sont au plus bas et que l'OMS annonce une espérance de vie qui ne dépasse pas 43 ans pour les hommes (45,7 pour les femmes).

Depuis la chute du gouvernement Siad Barre, chassé du pouvoir par les chefs militaires rebelles en 1991, la Somalie n'en finit pas de voir s'opposer des clans rivaux et leurs milices. Et si la dernière tentative de formation d'un gouvernement laisse entrevoir un léger espoir, celui-ci n'est pour l'instant pas parvenu à s'imposer. Dans de nombreuses régions, le timide processus de paix est asphyxié par 14 années de conflit qui ont laissé le pays dans un état de délabrement avancé, auquel s'ajoute un niveau élevé de violence quotidienne. La guerre civile a anéanti la plupart des services et infrastructures de santé publics. Presque partout dans le pays, les cliniques et les hôpitaux ont été pillés ou sérieusement endommagés.


En Somalie, 14 années de guerre civile ont anéanti la plupart des services et infrastructures de santé publics. L'espérance de vie n'atteint plus, selon l'OMS, que 43 ans pour les hommes et 45,7 ans pour les femmes.
© Aleksander Glyadyelov

Une violence meurtrière

Avec 35 volontaires internationaux et 560 collaborateurs somaliens, MSF intervient à Mogadiscio, Galkayo, Huddur, Dinsor, Jowhar et Aden Yabal. Les projets se concentrent principalement sur la santé primaire (consultations, accès aux soins de base) dans les régions les plus affectées du sud et du centre de la Somalie. Les équipes prodiguent également des soins pour le traitement de la tuberculose et du Kala-azar (leishmaniose viscérale), ainsi que des soins pédiatriques et chirurgicaux.

Mais la vie des Somaliens comme l'action de MSF sont régulièrement entravées par la violence. Ainsi, la ville de Galkayo, qui compte 80.000 habitants, a été littéralement coupée en deux : les habitants du sud ne se risquent plus au nord et réciproquement. Une "ligne verte" est gardée par des milices rivales et divise la cité, ce qui a obligé les équipes à ouvrir un deuxième hôpital au sud.

Dans les six derniers mois, 300 patients victimes de blessures ou de traumatismes liés à la violence ont été soignés à l'hôpital de "Galkayo nord". Les blessures par balles représentent 80% des cas. La situation est quasi-identique dans l'hôpital de la zone sud, et de nombreuses victimes sont des femmes et des enfants.


La violence se poursuit et fait toujours de nombreuses victimes. Sur cette image, prise en octobre 2004 à Aden Yabal, un homme attaqué à la hache est soigné de ses blessures à la tête et aux mains par un infirmier MSF.
© Pep Bonnet


Des soins inaccessibles

"Nous assurons plus de 40.000 consultations par an dans les deux hôpitaux de Galkayo, explique Colin Mcllreavy, chef de mission de la section hollandaise de MSF en Somalie. Mais cela est à peine suffisant. Les gens doivent parcourir plus de 700 Km pour se faire soigner, faute d'autre solution. Dans ce pays ravagé par la guerre civile, l'accès aux soins médicaux est pratiquement impossible. Le pire est cependant de savoir que, même si nous soignons beaucoup d'habitants, bien plus encore meurent parce qu'ils n'ont pas accès aux soins".

A Mogadiscio par exemple, les centres de santé MSF comptent parmi les rares infrastructures médicales gratuites, et sont surchargés. Faute de soins accessibles et gratuits, les populations de nombreuses régions sont donc privées d'assistance, et meurent dans l'oubli, victimes du paludisme, de la leishmaniose ou de la malnutrition.

Faute de soins accessibles et gratuits, les populations de nombreuses régions sont donc privées d'assistance, et meurent dans l'oubli, victimes du paludisme, de la leishmaniose ou de la malnutrition.

© Aleksander Glyadyelov

Une population à l’abandon

La communauté internationale manifeste peu d'intérêt pour les populations somaliennes et rares sont les acteurs de secours qui interviennent dans le pays, théâtre d'une insécurité permanente.

Violences et menaces ont d'ailleurs conduit les équipes de Médecins Sans Frontières, présentes depuis 1991, à se retirer de certaines zones ou à évacuer temporairement les régions les plus exposées. Mais le tribut le plus lourd reste celui que paie quotidiennement la population somalienne, qui tente de survivre, abandonnée dans un pays aux infrastructures délabrées et en proie à la violence.

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