Le Mini-Lab, un laboratoire adapté aux contraintes des terrains MSF

Un membre des équipes de Médecins Sans Frontières utilise le microscope du Mini-Lab. 2019.
Un membre des équipes de Médecins Sans Frontières utilise le microscope du Mini-Lab. 2019. ©MSF

Sur leurs terrains d’intervention, les équipes de Médecins Sans Frontières sont régulièrement confrontées à des cas d’infections résistantes, qui obligent les cliniciens à réagir rapidement. Les équipes MSF ont donc imaginé le Mini-Lab, déployable sur de nombreux terrains.

Lorsque l’état de certains patients, pourtant sous traitement, se dégrade, ils sont potentiellement touchés par une infection résistante. Il faut alors procéder à des analyses microbiologiques pour déterminer le type de bactérie qui les affecte et orienter au mieux la réponse en choisissant un traitement approprié.


Le Mini-Lab est un laboratoire en kit, optimisé pour être livré et installé rapidement, dans des contextes où l’équipement adéquat fait défaut. « Ce laboratoire de bactériologie est spécialisé dans les analyses de sang car c’est le plus simple à aborder techniquement et il permet de cibler un besoin des populations les plus vulnérables comme les enfants sévèrement malades, les grands-brûlés, les populations affectées par le VIH/Sida, etc. », indique Albane Mazoyer, chef de projet Mini-Lab.

Une installation rapide et facile

Livré en kit et déployable sur une superficie de 20 m2, le Mini-Lab est facilement transportable, ce qui présente un grand intérêt pour MSF qui travaille dans des régions parfois extrêmement reculées et difficilement accessibles. Le choix a été fait de trouver des substituts aux équipements automatiques qui demandent beaucoup de maintenance, qui sont chers et fragiles. Le laboratoire a été pensé pour être déployé facilement et être accessible financièrement pour des ONG ou des acteurs de soins locaux. Les résultats obtenus permettent de prescrire des antibiotiques adaptés et le Mini-Lab participe ainsi à la lutte contre l’antibiorésistance.

Depuis juin 2019, le centre Drouillard en Haïti a été choisi comme site pilote du projet. Les grands brûlés présentent un risque fort de septicémie et sont donc une population cible du laboratoire de bactériologie.
 © MSF
Depuis juin 2019, le centre Drouillard en Haïti a été choisi comme site pilote du projet. Les grands brûlés présentent un risque fort de septicémie et sont donc une population cible du laboratoire de bactériologie. © MSF

Reconnue comme une priorité de santé mondiale par les Nations unies en 2016, l’antibiorésistance est un phénomène de développement des résistances bactériennes, dû notamment à une mauvaise utilisation des antibiotiques. Les traitements deviennent alors inefficaces et les bactéries résistantes se propagent. Selon l’OMS, l’antibiorésistance pourrait devenir la première cause de mortalité dans le monde d’ici 2050.


« Notre ambition est d’améliorer le traitement des patients et de collecter des données de surveillance, notamment celles liées à l’antibiorésistance dans le cas d’infections bactériennes généralisées ou de septicémies. Actuellement, nous travaillons avec des laboratoires mais nos partenariats sont souvent limités aux très grands hôpitaux et aux grandes villes. L’idée c’est d’aller plus loin en permettant d’apporter des capacités de microbiologie sur des terrains qui en manquent », précise Albane Mazoyer.

Schéma du Mini-Lab avec les différents environnements qui le composent. 
 © MSF
Schéma du Mini-Lab avec les différents environnements qui le composent.  © MSF

D’autre part, sur certains des terrains de l’association, il est difficile d’avoir accès à des personnels qualifiés en microbiologie ou à des résultats fiables. Le laboratoire a donc été conçu pour simplifier les manipulations, accompagner les étapes d’interprétation, etc. Les équipes soignantes bénéficieront de tous les outils nécessaires à la réalisation des analyses dans le cadre du Mini-Lab. 

« En Afrique subsaharienne, par exemple, c’est très difficile de faire venir des experts en microbiologie, de disposer du matériel adéquat et de s’adapter aux contraintes environnementales. Nous avons donc veillé à la simplification de la logistique et à son accessibilité par des personnels non-experts. L’ambition de ce projet est de déployer en 2021 plusieurs Mini-Lab sur les terrains d’intervention et de le rendre accessible à d’autres acteurs », conclut Albane Mazoyer.

À lire aussi