Journée mondiale de lutte contre la tuberculose: en France et dans le monde, même impasse

L'infirmière MSF rend régulièrement visite aux patients traités à domicile pour s'assurer qu'ils suivent bien leur traitement contre la tuberculose  Cambodge février 2011.
L'infirmière MSF rend régulièrement visite aux patients traités à domicile pour s'assurer qu'ils suivent bien leur traitement contre la tuberculose - Cambodge, février 2011. ©Sean Brokenshire/MSF

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la tuberculose du 24 mars 2012, Médecins Sans Frontières (MSF) et le sanatorium de Bligny se sont associés en organisant une conférence de presse commune pour tenter d’attirer l’attention sur la complexité du traitement de la tuberculose, notamment dans ses formes résistantes aux médicaments.

«  La tuberculose est une maladie négligée parce qu’elle touche des populations pauvres, souvent non solvables. Les années passent et nous dressons un constat identique : les outils, les moyens et les obstacles restent désespérément les mêmes. Rien, ou presque, n’a changé dans la façon de prendre en charge les patients depuis plus d’un demi-siècle », explique le Dr Francis Varaine, spécialiste de la tuberculose à MSF.

Les équipes médicales, qu’elles travaillent en France ou dans les pays en développement, s’inquiètent particulièrement de l’émergence de souches multi-résistantes aux médicaments. En effet, cette forme de la maladie, qui infecte annuellement 400 000 à 500 000 nouveaux cas dans le monde selon les estimations de l’OMS, est à la fois complexe à diagnostiquer et à traiter. Seulement 10% des patients sont diagnostiqués, et environ 1% sont traités avec des médicaments dont la qualité est reconnue au niveau international.

« Pour soigner ces malades, notre arsenal thérapeutique est très limité. Certains médicaments que nous utilisons datent des années 1940. Ils provoquent de tels effets secondaires que le quart des patients préfèrent arrêter leur traitement, parce qu’ils ne le supportent pas », poursuit le Dr Varaine.

Les ambitions affichées par l’OMS de traiter 1,6 million de patients multi-résistants d’ici à 2015 ne pourront pas se réaliser sans une augmentation substantielle des moyens de lutte contre cette maladie, l’accélération de l’accès aux molécules encore en développement et l’établissement d’un agenda incitatif de programmes de recherche et développement.

La tuberculose est la deuxième cause de mortalité par maladie infectieuse derrière le VIH/sida. Chaque année, près de 9 millions de personnes sont nouvellement infectées par cette maladie et 1,5 million en meurent.

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