Irak : plus de 42 000 enfants vaccinés contre la rougeole dans les camps de déplacés à Qayara

Camps de déplacés de Qayara, en Irak. Avril 2018
Camps de déplacés de Qayara, en Irak. Avril 2018 ©Hassan Kamal Al-Deen/MSF

Dans la province de Ninive, le programme national de vaccination a été fortement perturbé ces dernières années et des cas présumés de rougeole ont été découverts dans les camps de déplacés de Qayara, où MSF a mis en place une campagne de vaccination pour des milliers d’enfants et d’adolescents.

La campagne de vaccination a été menée en avril dans les huit camps de Qayara, connus sous les noms d’Airstrip, Jed’ah 1-6 et Haj Ali, en collaboration avec le ministère de la Santé de Qayara. La rougeole est un virus particulièrement contagieux qui se transmet par l’éternuement et la toux, et peut se répandre très rapidement dans les zones surpeuplées, comme les camps de déplacés. Elle touche principalement les enfants, en particulier ceux de moins de cinq ans, et peut s’avérer mortelle pour ceux qui développent des complications ou qui ne reçoivent pas de traitement à temps.

« Dans la province de Ninive, le programme national de vaccination a été perturbé ces dernières années par le conflit, les importants déplacements de populations et les difficultés à s’approvisionner en vaccins, explique Lilian Akoth-Otieno, chef de l’équipe médicale de MSF à Qayara. Cela signifie que des milliers d’enfants et d’adolescents du nord de l’Irak risquent d’attraper des maladies facilement évitables, et pas seulement la rougeole. »

MSF a commencé à travailler à Qayara en 2016.
 © Hassan Kamal Al-Deen/MSF
MSF a commencé à travailler à Qayara en 2016. © Hassan Kamal Al-Deen/MSF

MSF a formé 70 personnes au sein des communautés en vue de la campagne de vaccination, afin qu’elles puissent préparer les vaccins, inscrire les enfants, et gérer la logistique.

« La vie était difficile lorsque le groupe État islamique (EI) avait pris le contrôle de la ville, il y avait beaucoup de pénuries, notamment de vaccins, ce qui a entraîné une mauvaise couverture vaccinale, explique Ali, agent de santé communautaire pour MSF à Qayara. Compte tenu des conditions dans les camps, de la proximité entre les tentes et de la densité de population, MSF a organisé rapidement une campagne de vaccination afin d’enrayer la propagation de la maladie et de protéger ceux qui n’ont pas pu se faire vacciner sous l’État islamique ou depuis qu’ils ont été déplacés par le conflit. »

Ali, agent de santé communautaire pour MSF à Qayara.
 © Hassan Kamal Al-Deen/MSF
Ali, agent de santé communautaire pour MSF à Qayara. © Hassan Kamal Al-Deen/MSF

« En tant qu’agents de santé communautaires, nous parvenons à établir une grande proximité avec les familles qui vivent dans les camps, et nous comprenons leurs besoins. Outre la vaccination, ils ont besoin de conseils pratiques sur les questions de santé afin d’enrayer la transmission de maladies contagieuses, telles que la varicelle ou la gale », ajoute Ali.

Maintenant que la campagne de vaccination est terminée dans les camps de Qayara, la priorité est de surveiller les taux de vaccination au sein des populations affectées par la guerre et les déplacements dans le nord de l’Irak afin de prévenir toute autre épidémie.

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