URGENCE GAZA

Indonésie - « En trois jours, nous avons relancé l'hôpital de Meulaboh »

Elaine Lau est infirmière, originaire de Hong-Kong. Dans son journal de
bord, elle raconte sa mission à Aceh. Après une semaine à Banda Aceh,
elle est partie vers Meulaboh pour participer à la réhabilitation de
l'unique hôpital de cette ville.


J'ai déjà effectué plusieurs missions avec MSF, mais c'est la première fois que je travaille sur une opération d'urgence aussi importante. J'avais beau m'être préparée psychologiquement à une mission difficile, je ne m'attendais pas, avant d'arriver à Aceh, en Indonésie, à une situation à ce point catastrophique.
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Au début, j'ai travaillé au sein d'une équipe mobile, pour assurer des consultations à Banda Aceh, la capitale régionale. Puis le 6 janvier, une de nos équipes en mission exploratoire nous a envoyé son rapport d'évaluation sur la situation à Meulaboh. Cette ville sur la côte ouest de la province d'Aceh, inaccessible par la route depuis le séisme, avait besoin d'assistance de toute urgence. L'unique hôpital n'y fonctionnait pas. Faute de soins, l'état de santé des nombreux blessés se détériorait rapidement.

Ce qui avait été un hôpital n'ést plus qu'un bâtiment vide
Notre coordinateur a immédiatement décidé d'envoyer une équipe médicale à Meulaboh pour y assurer des soins d'urgence et remettre l'hôpital en marche. Mes coéquipiers et moi avons aussitôt préparé nos affaires et avons pris l'hélicoptère en direction de Meulaboh.

Le trajet a duré une heure. Quand nous sommes arrivés à l'hôpital, nous avons découvert une situation encore bien pire que ce à quoi nous nous attendions. Certains endroits étaient plein de boue, d'autres remplis de cadavres à même le sol. Beaucoup de membres du personnel de l'hôpital ont été tués pendant la catastrophe. Les survivants étaient occupés à rechercher leurs proches encore en vie. Ce qui avait été un hôpital n'était plus qu'un bâtiment vide.

Réhabiliter l'hôpital, tout en assurant les soins
Notre équipe - un médecin australien, six soignants indonésiens et moi, infirmière de Hong Kong - s'est attelée à la réhabilitation de l'hôpital détruit. Nous avons nettoyé la boue, récupéré dans les décombres les lits encore utilisables, et rassemblé les équipements toujours en état de marche pour refaire tourner les différents services de l'hôpital. Tout en continuant, bien sûr, à assurer les soins...

En tout juste trois jours, nous avons remis sur pied le services de chirurgie, de pédiatrie ainsi que de consultations générales. Nous avons aussi institué un système basique de classement des dossiers médicaux des patients, grâce auquel nous pouvons savoir facilement quand il faut refaire un pansement à un patient ou lui administrer des médicaments.

C'est difficile d'imaginer qu'on peut refaire fonctionner un hôpital basique en trois jours, avec seulement huit paires de bras. Ce n'est sûrement pas une première, mais je crois que c'est quand même une belle réussite. Les efforts conjugués de huit personnes de nationalités diverses nous ont permis d'accomplir plus que nous ne le pensions possible. A mon retour à la maison, je m'accorderai un toast en l'honneur de tout ce travail.

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