Haïti : MSF prend en charge les blessés aux Gonaïves

Des habitants traversent les rues inondées après les pluies intenses. Port au Prince Haïti le 7 septembre
Des habitants traversent les rues inondées après les pluies intenses. Port-au-Prince, Haïti, le 7 septembre ©REUTERS/ Evens Felix. Courtesy www.alertnet.org

Une équipe MSF est arrivée aux Gonaïves, dans le nord d'Haïti, le 4 septembre, pour prendre en charge les blessés. Max Cosci, chef de mission MSF, décrit la situation.

Une équipe MSF est arrivée aux Gonaïves, dans le nord d'Haïti, le 4 septembre, pour prendre en charge les blessés. Max Cosci, chef de mission MSF, décrit la situation.

Dans quelles conditions les populations sinistrées vivent-elles ?
Entre le 1er et le 7 septembre, Haïti a été successivement frappé par l'ouragan Gustav, la tempête tropicale Hanna et l'ouragan Ike.

Aux Gonaïves, entre 40% et 60% de la surface de la ville est encore inondée. La plupart des maisons étant en dur, beaucoup de sinistrés se sont installés sur les toits.

Dans les zones où le niveau de l'eau a baissé, les gens vivent dans la rue ou dans des abris temporaires. Pour l'instant, 114 abris temporaires ont été identifiés, mais l'évaluation et le recensement ne sont pas terminés.

On estime à  50 000 environ le nombre de personnes sans abri.

En dehors des Gonaïves, il est extrêmement difficile d'accéder aux zones sinistrées pour mener des évaluations indépendantes. De ce que j'ai pu voir au cours d'un vol en hélicoptère, une immense zone de plusieurs kilomètres carrés est inondée.

 

Il reste des endroits isolés que nous n'avons même pas pu survoler, car il n'y a qu'un nombre limité d'hélicoptères sur place. Notre dernière intervention date du 6 septembre. Nous avons atteint une colline où s'étaient réfugiées des populations, restées sans eau ni nourriture pendant cinq jours. Nous avons pu leur donner de l'eau potable et des vivres, et avons emmené avec nous les blessés à bord d'un hélicoptère.

Quels sont les principaux besoins médicaux ?
Pour l'instant, la situation sanitaire n'est pas catastrophique. Notre équipe est arrivée aux Gonaïves, dans le nord d'Haïti, le 4 septembre. Nous avons immédiatement commencé à travailler dans le centre de santé de Rabouteau, désormais l'unique structure sanitaire opérationnelle dans la zone et la seule équipée pour pratiquer la chirurgie. Car l'hôpital, inondé, est encore hors service et de nombreux centres de santé sont inaccessibles.

Notre équipe a effectué 110 consultations, traité 49 blessés et procédé à 16 interventions chirurgicales
Max Cosci, chef de mission MSF

Le 5 septembre, notre équipe a effectué 110 consultations, traité 49 blessés et procédé à 16 interventions chirurgicales. Nous avons commencé par prendre en charge les personnes les plus grièvement blessées, ou celles présentant des plaies ouvertes pour éviter qu'elles ne s'infectent au contact de l'eau sale. Ensuite, nous avons procédé à des interventions chirurgicales, puis débuté les consultations.

Les points d'eau ayant été contaminés, quelles sont les conséquences pour la population ?
Les sinistrés n'ont d'autre choix que de boire de l'eau non potable, surtout dans les zones isolées. Après quelques jours sans boire, il n'y a plus d'autre possibilité que de consommer de l'eau contaminée. C'est ce qui a déjà provoqué les premiers cas de dysenterie. Mais il a plu hier et les habitants ont donc commencé à récupérer l'eau de pluie. J'espère que cela leur permettra de tenir quelques jours, guère plus. Il est donc urgent de distribuer de l'eau potable.

Quels sont les moyens mobilisés sur place ?
Le problème est que les besoins sont très importants dans tout le pays puisque, avant l'ouragan Ike, la tempête tropicale Fay et l'ouragan Gustave ont provoqué des dégâts dans le sud. Les ressources disponibles ont été déployées principalement dans ces zones et aujourd'hui, face à ces inondations dans le nord, la capacité de réponse au niveau national est très limitée.

 

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