France : les souffrances de l'exil

Nos patients présentent des symptômes particulièrement marqués comparables voire supérieurs en terme de sévérité à ceux observés dans nos autres programmes
Nos patients présentent des symptômes particulièrement marqués, comparables voire supérieurs, en terme de sévérité, à ceux observés dans nos autres programmes ©Copyright : MSF

Le Centre de Médecins Sans Frontières à Paris apporte des soins médico-psychologiques aux personnes venues chercher asile et protection en France. La situation sociale très dégradée dans laquelle ils se retrouvent aggravent les souffrances déjà vécues dans leur pays.

Le Centre de Médecins Sans Frontières à Paris apporte des soins médico-psychologiques aux personnes venues chercher asile et protection en France. La situation sociale très dégradée dans laquelle ils se retrouvent aggravent les souffrances déjà vécues dans leur pays.

Les patients reçus au Centre d'Ecoute et de Soins sont pour la plupart sans titre de séjour et non francophones. Ils ont fui un pays en conflit, subi des violences directes ou indirectes...

Comme Monsieur F., débouté du droit d'asile et sans domicile fixe. Il s'est présenté au Centre dans un état psychologique et médical très dégradé. Emprisonné à trois reprises dans son pays, torturé et violé, il a de grandes difficultés à entrer en relation avec une autre personne : « Je me sens ailleurs. Je ne vois plus rien, je n'entends plus rien. Je ne suis plus là... », confit-il à notre équipe.

Durant ses consultations, Monsieur F. ne croise jamais le regard du psychologue et pleure à l'évocation de ses enfants qui loin de lui grandissent sans père et dont il est sans nouvelle.

L'état de grande fragilité psychologique dans lequel il se trouve fait craindre un possible passage à l'acte suicidaire.

 « Je me sens ailleurs. Je ne vois plus rien, je n'entends plus rien. Je ne suis plus là... »
 Un patient 

Une souffrance extrême. La sévérité des troubles rencontrés chez Monsieur F. n'est pas une exception.  « Les patients que nous recevons au centre, explique Jacky, psychologue et coordinateur médical, présentent des symptômes particulièrement marqués, comparables voire supérieurs, en terme de sévérité, à ceux observés dans nos autres programmes de prise en charge psychologiques à MSF ».

Au moment de l'évaluation des psychologues, 51% des patients présentent une souffrance considérée comme sévère ou très sévère. Aux actes de violence vécus dans leur pays, au parcours d'exil de plus en plus difficile, au déracinement, vient s'ajouter la précarité sociale et juridique en France.

« L'angoisse, la peur, causée en grande partie par la situation administrative affecte l'état psychologique de nos patients. Cet état fait écho à leur vécu pré-migratoire, ce qui renforce leur souffrance. », poursuit Jacky.

Absence de soins adaptés. L'objectif du Centre est de répondre à la carence de soins adaptés en France pour ces personnes ayant vécu des évènements traumatiques et recherchant protection et soutien.

Le problème de la langue, l'absence de papier, le degré de précarité sont autant d'obstacles à la prise en charge par les structures médicales. « Nous constatons pourtant, à travers nos activités qu'il est possible, quels que soient la sévérité de leur état de santé et leur degré de précarité, d'aider ces demandeurs d'asile à faire face à leur quotidien, à récupérer une autonomie, à stabiliser leur relation avec leur entourage, à recouvrer des envies et des intérêts pour le futur. », conclut Jacky.

 

 

 

Des patients au parcours traumatisant

Les patients que nous suivons rapportent des événements violents vécus avant ou pendant leur exil :

  • 60% rapportent des faits de torture
  • 31% des blessures physiques
  • 18% des violences sexuelles
  • 60% la mort violente d'un proche
  • 40% un passage en prison
  • et 32% ont subi au moins 4 événements parmi les 6 cités.

 

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