Ebola en République démocratique du Congo : MSF vaccine les communautés dans les zones les plus enclavées

Préparation des équipes dans le Centre de traitement d'Ebola à Bikoro, en RDC. Mai 2018, Hugues Robert/MSF
Préparation des équipes MSF dans le Centre de traitement d'Ebola à Bikoro, en RDC. ©Hugues Robert/MSF

À Bikoro, située dans la province de l’Equateur, en RDC, les équipes MSF ont commencé le 28 mai à vacciner les personnels de santé, qui travaillent en première ligne et sont parmi les plus exposés au virus Ebola.

 

MSF et son centre de recherche épidémiologie Epicentre travaillent dans cette zone depuis plusieurs semaines en partenariat avec le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le vaccin Ebola (rVSVDG-ZEBOV-GP) est l’une des composantes de la stratégie globale pour contenir l’épidémie d’Ebola. Ce vaccin à l’essai n’a pas encore été homologué, il est donc utilisé dans le cadre d’un protocole d’étude qui a été approuvé par les autorités nationales, le Comité Ethique à Kinshasa et le Comité Ethique de MSF.

Ce protocole prévoit que les participants reçoivent toutes les informations sur le vaccin avant de donner leur consentement, et qu’ils fassent l’objet d’un suivi attentif suite à leur vaccination. La participation est volontaire et la vaccination gratuite.

Une vaccination « en anneau »

La vaccination sera effectuée sur la base d'une stratégie « en anneau ». Celle-ci consiste à identifier les nouveaux patients atteints d’Ebola dont le diagnostic est confirmé par des tests en laboratoire, et à ensuite remonter aux personnes avec lesquelles ils ont été en contact. Le réseau de personnes ainsi identifiées - souvent des membres de la famille, des voisins, des collègues et des amis du patient - constitue « l'anneau ». Dans les zones touchées, les personnels de santé en première ligne se verront également proposer la possibilité de se faire vacciner, en raison de leur forte exposition au virus et du haut risque de développer la maladie dans ces conditions.

Cette stratégie permet ainsi de vacciner les personnes de « l’anneau » qui constitue une zone tampon, un « anneau » protecteur, afin d’éviter la propagation du virus.

En collaboration avec le ministère de la Santé, l’OMS et d’autres organisations, MSF et Epicentre étaient déjà engagés dans l’essai clinique à Conakry, en Guinée, au terme de l’épidémie d’Ebola en 2015.

« Le vaccin présentera un bénéfice réel pour les personnes fortement exposées à Ebola. »

« Sur la base des résultats de ces essais, nous sommes confiants quant à l'utilisation du vaccin dans le cadre de l’épidémie actuelle. Il faut effectuer une surveillance étroite, car il n'a pas encore reçu d’autorisation. Les résultats de l'essai suggèrent que le vaccin présentera un bénéfice réel pour les personnes fortement exposées à Ebola, les protégeant de l'infection. Cependant, la vaccination n'est qu'un outil parmi d'autres dans la lutte contre Ebola. Identifier les patients et les contacts est la première étape », déclare Micaela Serafini, directrice médicale MSF à Genève.

Les personnes vaccinées continueront d’observer le même protocole de suivi de l’infection qu’auparavant, et les personnels de santé en première ligne continueront de porter la tenue de protection. La mise en place des piliers fondamentaux des interventions de lutte contre Ebola doit se poursuivre afin d’endiguer la propagation :

  • isoler les personnes malades et leur apporter des soins médicaux et psychologiques,

  • mener des activités de sensibilisation pour identifier les patients,

  • localiser et suivre celles et ceux qui ont été en contact avec les cas confirmés,

  • informer les populations sur la maladie, les mesures à prendre pour l’éviter, les lieux de prise en charge,

  • soutenir les structures médicales existantes,

  • changer temporairement les habitudes culturelles, notamment concernant les funérailles.

Les équipes MSF à pied d’œuvre

L’épidémie actuelle a été déclarée le 8 mai, dans le nord-ouest du de la RDC. Au 28 mai, 35 personnes avaient été diagnostiquées Ebola et 12 patients étaient décédés des causes de cette maladie, selon les données épidémiologiques du ministère de la Santé Congolais.

Les équipes MSF travaillent dans quatre endroits pour soigner les patients et endiguer l'épidémie.

Dans les zones de Mbandaka et Bikoro, deux centres de traitement Ebola ont été mis en place, comptant respectivement 12 et 20 lits. En parallèle, des activités de sensibilisation sont menées auprès des communautés, afin notamment de limiter l’exposition à la maladie et d’encourager les pratiques d’enterrements sans risque.

© MSF mai 2018
© MSF mai 2018

Une équipe intervient également dans des zones reculées d’Itipo et Iboko. Un centre de transit de 10 lits a été installé à Itipo pour les cas suspects d’Ebola, pour qu’ils soient isolés et reçoivent des soins en attendant la confirmation du diagnostic par le laboratoire. Si le test revient positif, ils seront transférés dans le centre de traitement Ebola à Bikoro. À Iboko, une zone d’isolement a été mise en place dans l’hôpital et les équipes construisent actuellement un nouveau centre de traitement Ebola.

Des personnels MSF parmi les plus expérimentés en matière de lutte contre Ebola ont été déployés dans la province de l’Equateur, dont des médicaux, des experts de la lutte contre les infections et des logisticiens.

 

Comment fonctionne un centre de traitement d'Ebola ?

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