Congo-Brazzaville : l’épidémie de choléra semble maitrisée à Pointe-Noire

Pointe Noire Congo Epidemie cholera
Pointe Noire, Congo, Epidemie cholera ©MSF

Depuis novembre 2012, des cas de choléra sont recensés dans la ville de Pointe-Noire au sud du Congo-Brazzaville. Après une baisse du nombre de personnes atteintes, on assiste à une petite remontée du nombre de malades. La saison des pluies n’est pas terminée mais l’épidémie semble maîtrisée. 

Alors que bien des personnes s’attendaient à une diminution du nombre de cas de choléra dans la ville, les quelques pluies tombées ces dernières semaines ont réactivé l’épidémie. 74 personnes ont été prises en charge à la fin de la semaine dernière dans les structures de la ville contre une cinquantaine les semaines précédentes.

L’épidémie a débuté à la mi-novembre 2012 après des pluies diluviennes tombées sur la ville. Depuis cette date, les équipes ont réussi à améliorer la prise en charge des malades dans l'un des hôpitaux de Ponte-Noire mais des cas de choléra sont toujours comptabilisés. Au total depuis novembre 2012, environ 600 personnes ont été atteintes par la maladie. 

Des facteurs de propagation aggravants

Pointe-Noire est une ville côtière construite sur une zone marécageuse et traversée de mini ruisseaux. Avec l’exode rural, le développement de certains quartiers s’est fait de manière anarchique : habitats de fortune, grande promiscuité, absence d’eau potable et manque d’assainissement (stagnation des eaux usées, tas d’immondices) sont autant de facteurs qui augmentent le risque de propagation du choléra. Les eaux de pluies accroissent ce risque en charriant les déchets et les eaux sales. La proximité de la nappe phréatique dans la ville ne permet pas d’avoir des latrines profondes qui très souvent, se trouvent rapidement débordées en cas de pluie.

Stratégie de riposte

Dès le début de l’épidémie, des mesures ont été prises pour essayer d’enrayer l’épidémie. MSF a aidé les autorités congolaises à mettre en place une stratégie de riposte et de prévention. Un centre de traitement du choléra (CTC) a d’abord été installé dans l’enceinte de l’hôpital général de Loandjili, puis cinq points de réhydratation spécifiques ont été installés dans les quartiers où le nombre de cas était le plus élevé.

Parallèlement, les équipes de santé mènent une campagne de sensibilisation dans la ville afin d’expliquer qu’en cas de diarrhées, « les consultations sont gratuites dans ces centres ». Tracts, crieurs, associations, paroisses… sont les relais nécessaires pour faire comprendre à la population qu’il faut venir au plus vite sur la trentaine de structures de santé publiques de Pointe-Noire. Dans le cas de diarrhées dues au choléra, les soins sont normalement gratuits dans ces centres mais MSF continue de faire pression sur les autorités sanitaires locales pour une gratuité totale de la prise en charge de tous les cas de diarrhée en contexte épidémique, dans toutes les structures de santé de la ville de Pointe-Noire. 

MSF s’occupe également de la formation du personnel. Le choléra est dans l’absolu une maladie facile à soigner, mais sa prise en charge requiert des mesures spécifiques, notamment d’hygiène, afin d’éviter tout risque de contamination.

À lire aussi