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Chine - Tuberculose : de nombreux défis à relever

Couple et bébé séropositifs  Chine Nanning (province du Guanxi) août 2005.
Couple et bébé séropositifs - Chine, Nanning (province du Guanxi), août 2005. © Wilfried Maisy - www.wmaisy.com

Le rapport 2008 de l’Organisation mondiale
de la santé (OMS) sur la tuberculose montre qu’elle est toujours l’une des
causes majeures de mortalité mondiale (2 millions de décès par an). Plus grave
encore : le nombre de morts dues à cette maladie augmente. La Chine compte
environ ¼ du nombre global de malades et occupe le 2ème rang sur la liste des pays où la tuberculose est
endémique.

Selon ce rapport, en 2006, la Chine enregistrait 4,5 millions de cas de tuberculose (TB) et un nombre annuel de nouveaux malades estimé à 1,3 millions. Comme ailleurs, les pauvres sont les plus durement touchés et notamment les millions de migrants de l’exode rural n’ayant qu’un accès limité aux soins.

Compte tenu de la gravité du problème, le gouvernement chinois a lancé un programme national en 1991 (conjointement avec l’OMS). Depuis, la détection des cas de TB en Chine s’est améliorée et des soins gratuits sont disponibles dans des centres spécialisés.

TB multirésistante émergeante. Néanmoins, malgré ces efforts, les défis restent nombreux. Ainsi, à l’échelle de la planète, l’OMS a estimé que pour 5 cas de TB détectés, 4 autres cas ne le sont pas. C’est aussi vrai pour la Chine où l’épidémie continue de se propager et où l’expansion de la TB multirésistante (TB-MDR) est particulièrement préoccupante.


Lorsqu'un malade ne prend pas correctement ses médicaments et/ou ne bénéficie pas de traitements complets (adhérence au traitement) ou encore qu'il est soigné avec des médicaments de mauvaise qualité, il peut développer des résistances aux molécules antituberculeuses de 1ère ligne. Il peut également être directement infecté par une personne déjà atteinte d'une TB-MDR. C’est le cas pour au moins la moitié des malades multirésistants en Chine. Cela pourrait s’expliquer par le manque d’information et de formation du personnel soignant et par le non-transfert des malades atteints de TB des centres de santé générale aux centres spécialisés.

La TB-MDR est encore plus complexe et plus longue à traiter que la tuberculose simple : deux ans de traitement sont nécessaires, avec des médicaments toxiques provoquant d'importants effets secondaires.

Pauvreté et co-infection avec le VIH. Bien que dans le cadre des programmes gouvernementaux chinois les médicaments contre la TB soient gratuits, les plus démunis ne peuvent payer les nombreux examens et radios nécessaires au diagnostic de la maladie.

Par ailleurs, les centres TB étant souvent éloignés du lieu de vie et de travail des malades, ceux-ci ne peuvent pas - ou très difficilement - se déplacer pour venir chercher leur traitement. Enfin, les populations migrantes se déplacent beaucoup d’une région à une autre, en quête d’un emploi. Autant de facteurs qui empêchent une bonne adhérence au traitement de 1ère ligne et font émerger des résistances.

Dans le programme HIV/sida mené par MSF à Nanning, 10% des patients séropositifs développent des infections tuberculeuses actives. Or, diagnostiquer la TB chez les malades séropositifs, avec les outils obsolètes dont on dispose actuellement, est particulièrement difficile. «Les retards de diagnostic peuvent entraîner un retard de traitement et le décès des malades en phase terminale du sida » déplore Peter, conseiller médical MSF à Nanning.

Pour endiguer l’épidémie de TB en Chine, il faut donc, de toute urgence, améliorer l’adhérence au traitement de 1ère ligne, les outils de diagnostic et l’accès aux médicaments de 2ème ligne. Dans la province de Jilin, dans le nord du pays, où la situation est particulièrement critique, MSF a participé aux négociations pour la mise en place d’un éventuel programme de prévention et de gestion de la TB-MDR.

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