Fonds d’urgence COVID-19

Donnez à nos équipes les moyens de faire face à l’épidémie et à ses conséquences sur nos terrains d’intervention.

Je donne

Chine - Accroître le nombre de malades sous traitement

Depuis fin 2003, nous prenons en charge des malades du sida, à Nanning, une ville de 3,5 millions d'habitants située dans la province du Guangxi, troisième province de Chine la plus touchée par le sida. le point sur ce programme avec Franck Eloi, chef de mission MSF en Chine.

Comment se structure aujourd’hui notre programme à Nanning ?
Après une assez longue mise en place, notre programme VIH/sida à Nanning s'est nettement développé ces derniers mois. 1003 patients sont actuellement suivis par nos équipes, dont 652 sont sous traitement anti-rétroviral (ARV) et, parmi eux, 39 enfants. 7 malades bénéficient également d'une seconde ligne de traitement. Chaque mois, 40 nouveaux malades sont mis sous traitement. Aujourd'hui, trois médecins – deux médecins chinois, un médecin expatrié – suivent ces malades dans notre clinique de Nanning. Nous avons également ouvert quatre centres de dépistage au sein de trois structures hospitalières et un centre de santé. Nous mettons plus particulièrement l'accent sur le suivi individuel des malades, en leur proposant des thérapies adaptées, le suivi et le « counselling » pour leur traitement et un support psycho-social. Tous nos soins, ainsi que les tests, sont gratuits et anonymes. Deux aspects particulièrement importants en Chine, où les soins sont payants, et où continue à régner une forte stigmatisation des patients séropositifs.

© Ashley Gilbertson / Aurora

Dans quel contexte travaillons-nous ?
Les autorités chinoises affirment désormais une réelle volonté de soigner les malades du VIH/sida. Mais l'accès au traitement est particulièrement difficile. Il y aurait, selon les chiffres officiels, 650.000 séropositifs et 220.000 malades recensés dont seulement 31.000 sous traitement dans l'ensemble du pays. Ces estimations sont inchangées depuis 2003, ce qui nous laisse à penser que la réalité est différente de celle affichée. De plus, le manque de centre de dépistage et le coût élevé des traitements excluent de fait la très grande majorité des malades. A MSF, les malades que nous prenons en charge sont exclus des soins, que ce soient pour des raisons économiques ou pour des raisons sociales.

Comment le programme va-t-il se développer ?
Dans la province du Guangxi, entre 10 et 30% des malades en besoin urgent de traitement bénéficient d'ARV. Nous continuons à travailler avec les autorités chinoises pour accroître le nombre de malades sous traitement. Pour cela, nous souhaitons que soient mis en place d'autres centres de dépistages indépendants et gratuits, mais également d'autres lieux de traitement et de suivi des malades, autour de la ville de Nanning, mais également dans et en dehors de la province. Décentraliser l'accès aux tests et aux traitements est une priorité.
L'autre axe de travail que nous devons développer concerne l'accès aux médicaments. Nous poursuivons nos actions pour utiliser des médicaments de qualité et à prix réduits. Car les seuls médicaments que nous pouvons importer sont ceux qui sont à la fois enregistrés dans le pays et qui ont subi des tests sur place, ce qui est un processus très long. Ainsi, pour le sida, ni les combinaisons à doses fixes pour les traitements de première ligne ni les médicaments de seconde ligne ne sont enregistrés. Traiter les malades signifie aussi leur permettre d'accéder à des médicaments de qualité.

À lire aussi