Burundi : un afflux massif de réfugiés fuyant l'intensification des combats en RDC

Un membre MSF devant le camp de Busana
Un membre MSF devant le camp de Busana © MSF

Depuis le 5 décembre, 90 000 réfugiés ont fui la République Démocratique du Congo (RDC) et les combats intenses entre l’armée et le mouvement rebelle M23, pour migrer vers le camp de Busuma au Burundi. Médecins Sans Frontières (MSF), déjà présente sur place, alerte sur cette situation dramatique et appelle à un soutien rapide et à la mobilisation de ressources financières suffisantes pour éviter que la situation ne se détériore davantage.

Dans le camp de Busuma, à Ruyigi, une commune située dans l’est du Burundi, les réfugiés font face à une situation humanitaire dramatique, très loin des standards minimums, alerte Médecins sans Frontières (MSF). 

« C’est le plus gros afflux de réfugiés depuis des années. Dans le nouveau camp de Busuma installé sur une colline, on voit des milliers de tentes les unes à côté des autres. On est très loin des standards minimums en termes d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins de santé » explique Carolina Lopez Led, coordinatrice d’urgence MSF. 

Afin de répondre aux besoins sanitaires dans le camp de Busuma, où environ 65 000 personnes sont installées, MSF a ouvert une clinique le 3 janvier. La plupart des consultations réalisées concernent des maladies respiratoires, le paludisme, les diarrhées et les parasitoses. Nos équipes collaborent également avec le ministère de la Santé en fournissant un soutien logistique et à travers le renforcement des capacités du personnel de santé dans le centre de traitement de choléra (CTC) d’une capacité de 47 lits. Dans le camp de transit de Makombe, à la frontière avec la RDC, les équipes de MSF organisent la distribution de jerrycans, de moustiquaires, de savons et d'articles d'hygiène de base à environ 1 500 personnes. 

Les équipes de MSF ont distribué des kits d'hygiène (savon, seaux, moustiquaires, jerricans) à un peu plus de 2 000 foyers.
 © MSF
Les équipes de MSF ont distribué des kits d'hygiène (savon, seaux, moustiquaires, jerricans) à un peu plus de 2 000 foyers. © MSF

A Busuma, on estime qu’aujourd’hui, chaque personne a accès à 2,5 litres d’eau par jour. Malgré une amélioration progressive, c'est encore loin des 5 litres représentant le standard vital de survie, et encore plus loin des 15 litres quotidiens des standards humanitaires minimums. En moyenne, une latrine est disponible pour 98 personnes, il en faut le double pour atteindre les standards minimums. Les équipes MSF distribuent 51 000 litres d’eau par jour dans le camp à travers des camions citernes et prévoient actuellement des solutions plus durables pour distribuer des quantités plus importantes. Les besoins restent donc très importants pour assurer une hygiène vitale pour les populations, et limiter la propagation de maladies hydriques comme le choléra. 

Dans ces conditions de vie extrêmement difficiles, les autorités burundaises ont confirmé le décès de dizaines de réfugiés. Médecins Sans Frontières s’engage à renforcer l’accès aux soins de santé essentiels et à garantir des services de qualité et gratuits pour les populations dans le camp. 

« L’arrivée massive de réfugiés a pris tout le monde par surprise. Les autorités et les acteurs humanitaires travaillent sous pression pour donner une réponse à la hauteur des besoins aussi rapidement que possible » ajoute Carolina Lopez Led. Sans un soutien rapide et sans les ressources financières suffisantes, les acteurs humanitaires ne pourront pas prendre en charge l’ampleur des besoins et la situation risque de se détériorer rapidement. 

Notes

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