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Gaza : devant le Conseil de sécurité de l'ONU, MSF dénonce
le mépris de la vie des civils et appelle à un cessez-le-feu immédiat

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Burkina Faso : un an après l’assassinat de deux employés de MSF à Tougan

MSF condamne l’assassinat brutal et délibéré de deux de ses employés au Burkina Faso
Souleymane Ouedraogo, à gauche, était superviseur logistique dans le projet MSF de la Boucle du Mouhoun. Komon Dioma, à droite, était chauffeur depuis juillet 2021 pour MSF. © MSF

Il y a un an dans le nord-ouest du Burkina Faso, des hommes armés faisaient feu sur un véhicule identifié de Médecins Sans Frontières à quelques kilomètres de la ville de Tougan. A l’intérieur : quatre employés de l’association, trois de nationalité burkinabè et une de nationalité congolaise, partis de Dedougou ce matin du mercredi 8 février pour soutenir et approvisionner leurs collègues qui fournissaient des soins médicaux à la population de Tougan et de ses alentours

Deux personnes ont été mortellement touchées par les tirs, Komon Dioma et Souleymane Ouedraogo. Respectivement âgés de 39 et 34 ans, ils travaillaient en tant que chauffeur et superviseur logistique. Deux autres employés de MSF en ont réchappé et sont parvenus à rejoindre la ville de Tougan à pied. Suite à cette attaque, MSF a fait le choix de suspendre ses activités dans la région de la Boucle du Mouhoun qui ont depuis repris.   

Un an après ce drame, MSF souhaite rendre hommage aux disparus, tués dans le cadre de leur travail humanitaire, et partager le deuil de leurs proches et de l’ensemble de notre personnel affecté. 

Comprendre ce qu’il s’est passé était également essentiel, notamment afin de réévaluer les risques auxquels nos équipes sont exposées. Nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’éléments d’une faction locale de la boucle du Mouhoun affiliée au Groupe de soutien à l’islam aux musulmans (GSIM, ou Jnim selon l’acronyme arabe) qui ont ouvert le feu sur notre véhicule et son équipage. Tougan faisait l’objet depuis plusieurs semaines d’une pression accrue de ce groupe armé pour perturber les voies d’approvisionnement de la ville et isoler ses habitants. Pour nos équipes, la réalisation de ce scenario de blocus à Tougan, qui exacerbait les besoins d’assistance de la population, y rendait notre travail d’autant plus nécessaire.
 

Les principales activités médicales menées par MSF à Tougan consistaient à fournir dans un poste médical avancé, des soins de santé primaire à toutes les classes d’âges, des soins de santé sexuelle et reproductive, et organiser des références médicales vers les hôpitaux, comme celui de Dédougou. Nous travaillions également avec une trentaine d’agents de santé communautaire à l’extérieur de la ville pour dépister la malnutrition infantile, pour prendre en charge les malades souffrant de paludisme, de diarrhées, sans complications, et pour les orienter vers les structures de soins. Ces activités se déroulaient dans le cadre d’un projet lancé en partenariat avec les autorités sanitaires dans la Boucle du Mouhoun en juin 2021.

Le meurtre de nos collègues s’inscrit dans un contexte de violences extrêmes et répétées contre les populations civiles, touchant également le personnel soignant et humanitaire qui tente de leur venir en aide. Depuis 2019, le conflit mettant aux prises l’armée et les forces de sécurité du pays à des groupes armés opérant notamment sous la bannière d’Al Qaeda et de l’Etat islamique, a vu le nombre de ses victimes doubler en 2023 selon ACLED (Armed Conflict Locations Events Database). Environ deux millions de personnes ont été déracinées de leur foyer et les populations civiles sont prises dans l’étau de cette spirale de violence.

MSF reste présente aux côtés de la population burkinabè à Dedougou et dans d’autres localités du pays. La mise en place de nouveaux vols intérieurs par le service aérien d’aide humanitaire des Nations unies (UNHAS) a notamment permis à une équipe MSF de retourner à Tougan pour y évaluer la situation sanitaire en fin d’année 2023. Les habitants nous ont expliqué ne plus pouvoir cultiver et dépendre pour leur ravitaillement de convois militaires et de l’aide humanitaire. Nous évaluons actuellement la possibilité de soutenir davantage le personnel du ministère de la santé encore sur place, en collaboration avec le district sanitaire, pour apporter une aide médicale et humanitaire à la population éprouvée par cet état de siège.

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