Afrique du sud : auprès des migrants fuyant la violence

Dans un camp mis en place par les autorités sud africaines à Johannesburg
Dans un camp mis en place par les autorités sud-africaines, à Johannesburg ©Jean-Marc Jacobs/MSF

Plus de 80 000 personnes ont fui leur domicile suite aux attaques contre des étrangers en Afrique du Sud le mois dernier. A Johannesburg et à Pretoria, les déplacés sont regroupés dans des camps inadaptés.

La flambée de violence en Afrique du Sud, dans les régions de Gauteng, du Cap Ouest et du Kwa-Zulu Natal, a débuté il y a un mois. Des dizaines de milliers d’Africains originaires des pays voisins s’étaient alors réfugiés dans des commissariats, des centres communautaires, des églises et des mosquées.

Durant près de trois semaines, ils ont vécu dans des conditions très précaires, recevant de l’aide grâce à des initiatives individuelles ou à la mobilisation d’organisations. MSF a alors distribué, à Johannesburg et à Cap Town, 8.600 kits d’hygiène, 10.700 couvertures et 1.300 mètres m2 de bâches plastiques pour fabriquer des abris.

Aujourd’hui, alors que les pays voisins organisent le retour de leurs ressortissants, une partie de la population étrangère africaine est toujours présente en Afrique du Sud. Certains se cachent, d’autres sont regroupés dans des camps mis en place par les autorités sud-africaines, à Johannesburg et à Pretoria.

Sept camps inadaptés. Les équipes MSF travaillent dans les six camps situés dans la plus grande ville sud-africaine, Johannesburg, et dans un camp à Pretoria, la capitale. « Les gens sont très effrayés et beaucoup n’ont pas confiance dans l’aide mise en place par les autorités sud-africaines. C’est pourquoi la présence d’une organisation indépendante comme la nôtre est importante. », explique Philippe Havet, coordinateur de l’intervention d’urgence MSF en Afrique du Sud.

De nombreux patients, dont des Zimbabwéens et des Congolais, vivent non seulement dans des conditions matérielles difficiles mais aussi dans la peur.
Philippe Havet, coordinateur de l’intervention d’urgence MSF

Mis en place le 1er juin, ces camps ne sont toujours pas adaptés : « Les conditions d’hygiène et d’accès à l’eau ne sont pas adéquates, les températures chutent la nuit et les tentes ne sont pas prévues pour ce type de temps. Près de la moitié de nos patients souffrent d’infections respiratoires. »

4.000 consultations médicales. Les équipes MSF ont donné plus de 4.000 consultations médicales en un mois, traitant surtout dans un premier temps des blessures liées à la violence et, dans un deuxième temps, surtout des maladies liées aux conditions de vie précaires.

A Johannesburg, où la violence a été particulièrement extrême, des soins psychologiques ont été intégrés au travail effectué par les équipes médicales MSF. Les séances peuvent être groupées ou individuelles. Plus de mille personnes ont déjà reçu une aide psychologique. « De nombreux patients, dont des Zimbabwéens et des Congolais, vivent non seulement dans des conditions matérielles difficiles mais aussi dans la peur.

Leur principal souci est de savoir ce qu’ils vont faire à l’avenir. Vont-ils rentrer chez eux en Afrique du Sud, au risque d’être attaqués à nouveau ? Ou bien vont-ils retourner dans leur pays d’origine, celui qu’ils ont fui ? C’est un choix impossible et, pour le moment, ils sont dans l’impasse. »

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