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Accompagner le retour des familles déplacées dans leurs villages

Sept mois après le séisme du 8 octobre 2005, les familles qui avaient dû quitter leurs villages de montagne rentrent chez elles. Pour les aider, notre équipe dans la province de la Frontière du Nord-Ouest a ouvert un centre de consultations et d'hospitalisation à Kaghan. Caroline Colinet, médecin, fait le point sur la situation à son retour de mission, après presque six mois sur place.

Quelles activités menons-nous aujourd'hui au sein de l'hôpital de district de Mansehra ?
Nous travaillons toujours dans la structure sous tentes gonflables que nous avons installée à Mansehra en novembre dernier suite au tremblement de terre du 8 octobre. Peu à peu, les services de l'hôpital de district avec lequel nous collaborons ont retrouvé leur fonctionnement normal et nous nous concentrons donc sur les consultations et la chirurgie orthopédiques. Nous poursuivons aussi la kinésithérapie (environ 900 séances par mois) pour la réhabilitation fonctionnelle des blessés du séisme à Mansehra. A Balakot en revanche, nous avons transféré fin avril cette activité à Handicap International.

Pour notre projet orthopédique, nous avons réalisé en mars un peu moins de mille consultations et 63 opérations, 1.200 consultations et 76 opérations en avril. La plupart des cas que nous traitons sont des patients qui n'ont plus besoin de pansement, mais dont la fracture n'est toujours pas consolidée. Si on leur retirait leurs fixateurs, ça ne tiendrait pas, donc ils faut les réopérer.
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Hôpital sous tentes gonflables à Mansehra
Les services de l'hôpital de district de Mansehra avec lequel nous collaborons ont retrouvé leur fonctionnement normal et nous nous concentrons donc sur les consultations et la chirurgie orthopédiques.
Les chiffres montrent une nette décroissance du nombre de patients par rapport au début de l'année, explicable par le retour dans leurs villages des personnes déplacées suite au tremblement de terre. Les patients sont aujourd'hui plus éparpillés et pour aller les chercher nous avons commencé début mai des consultations dans les vallées, avec une équipe composée d'un chirurgien orthopédique et d'un kinésithérapeute qui se rendent une fois par semaine à Balakot, une fois à Kawaï (vallée de Kaghan) et une fois à Sinkiari (vallée de Siran).
Où en est le retour des personnes déplacées dans leurs villages ?
Depuis le mois de février, le gouvernement pousse les gens à rentrer chez eux. Les camps mis en place par l'armée ont été fermés et une aide financière a été promise à l'arrivée. Le processus de retour se poursuit et, sur le principe, nous n'avons pas à nous y opposer. L'idée est que les familles rentrent à temps pour reconstruire leur maison, cultiver leurs champs et être prêtes pour passer l'hiver dans de bonnes conditions. Les familles qui quittaient les "villages médicaux" que nous avions créés à Mansehra sont reparties avec près de 800 kilos de matériel, y compris le bois, la tôle et l'isolant de l'habitat semi temporaire que nous leur avions construit. Organiser le transport ne fut pas facile mais chaque famille est arrivée où elle le souhaitait.

Nous avons cependant constaté une certaine désorganisation de ce retour et une impréparation en termes d'abris et de suivi médical pour accueillir les familles. De plus, la distribution de l'aide financière a pris du retard. Les cas extrêmes, ce sont des familles qui ont perdu leur terrain à cause de l'effondrement de pans entiers de montagne lors du tremblement de terre, et n'ont donc pas d'endroit pour se reconstruire une maison. L'autre exemple, c'est la ville de Balakot, déclarée "zone rouge" inconstructible avec le projet de rebâtir la ville à proximité. Mais la décision a été prise tardivement, alors qu'un hôpital venait d'être construit au coeur de la "zone rouge", et l'emplacement de la ville nouvelle n'est pas encore déterminé. Du coup, les personnes qui sont rentrées vivent sur les gravats, dans une grande précarité. Les organisations d'aide ont eu un moment de flottement, ne sachant pas où s'installer pour assister la population de Balakot.
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Balakot, "zone rouge"
La ville de Balakot, entièrement détruite, a été déclarée "zone rouge" inconstructible, mais l'emplacement de la ville nouvelle n'est pas encore déterminé. Du coup, les personnes qui sont rentrées vivent sur les gravats, dans une grande précarité.

Comment avons-nous adapté nos activités au retour des familles chez elles ?
D'une part avec les consultations orthopédiques mobiles déjà mentionnées. D'autre part en ouvrant un projet à Kaghan, en collaboration avec un médecin du ministère de la Santé sur place. Nous travaillons dans le centre de santé de ce village de montagne, proposant des consultations et avec une capacité d'hospitalisation de 12 lits. Nous avons aussi la possibilité d'assurer une consultation hebdomadaire dans deux centres de santé en périphérie du village.
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Vaccination à Kaghan, en novembre 2005
A Kaghan, où nous avions travaillé en octobre et novembre, nous proposons à nouveau des consultations et avons mis en place 12 lits d'hospitalisation dans le centre de sante.
Nous avons choisi Kaghan parce que nous y avions travaillé en octobre et novembre dernier, juste après le séisme, et parce que d'autres organisations se sont engagées à couvrir les besoins médicaux dans les vallées voisines d'Allaï et de Siran. Dans la vallée de Kaghan, nous sommes à Kaghan même et Médecins du Monde est présent en aval.

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