Comprendre la situation
Contrairement aux vagues précédentes en RDC, cette épidémie est causée par le virus Ebola de type Bundibugyo, pour lequel il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement approuvé. Mi-octobre 2026, plus de 8 200 cas et 4 000 décès étaient confirmés en RDC. En Ouganda, 20 cas et un décès ont été signalés, en mai et juin. Les autorités ont déclaré la fin officielle de l'épidémie le 26 août 2026.
Cette épidémie est d’ores et déjà la plus grave de l’histoire de la RDC. Si sa trajectoire actuelle se poursuit, le nombre de cas et de décès pourrait dépasser celui de la pire épidémie d’Ebola jamais rapportée, celle touchant l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Dernières actualités
L'action de MSF
La carte des actions de MSF pour lutter contre l'épidémie d'Ebola en RDC.
© MSFDès la notification des premiers cas d’Ebola en Ituri, nos équipes ont déployé une réponse humanitaire d'urgence. Plus de 2 800 membres du personnel MSF sont mobilisés au Nord-Kivu, en Ituri et au Sud-Kivu pour épauler le ministère de la Santé dans la prise en charge médicale au sein des centres de traitement et des hôpitaux soutenus.
Au-delà du soin, nos équipes interviennent sur l'ensemble de la riposte :
- Prévention de la transmission (PCI) ;
- Accès à l'eau et à l'assainissement (WASH) ;
- Sensibilisation des communautés ;
- Dépistage rapide en laboratoire.
Chaque semaine, plusieurs tonnes de matériel médical sont acheminées depuis nos centres logistiques pour soutenir ces opérations.
Comment MSF intervient-elle en l’absence de vaccin et de traitement ?
Face au virus Bundibugyo, la priorité est de repérer les malades au plus tôt, de les isoler immédiatement afin de stopper la propagation du virus. Par ailleurs, c’est en démarrant la prise en charge médicale au plus tôt que l’on offre les meilleures chances de survie aux patients. En partenariat avec les autorités locales et l’OMS, nos équipes ouvrent des centres de traitement spécialisés et sécurisent des zones d'isolement dans les hôpitaux de la région.
Depuis le début de l'intervention de MSF et jusqu'au 15 octobre, 3 200 patients ont été admis dans les centres de traitement Ebola de MSF en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dont 1 600 cas confirmés d'Ebola et 580 survivants. Nous participons également à former le personnel médical pour qu'il puisse se protéger et soigner les patients en toute sécurité.
En vidéo
Elhadji Diop, premier coordinateur de projet au Centre de traitement Ebola de Mongbwalu, situé à l’épicentre de l’épidémie, revient sur la manière dont MSF a répondu aux défis rencontrés au cours des premières phases de l’épidémie.
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FAQ
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Qu'est-ce que le virus Ebola et comment se transmet-il ?
Ebola est une fièvre hémorragique virale contagieuse, transmise à l’humain par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres fluides d’animaux infectés. La transmission interhumaine se fait par contact étroit avec les fluides corporels de personnes infectées. MSF est intervenue lors de multiples épidémies d’Ebola en RDC au cours des dernières années. Cette épidémie est la dix-septième que connaît le pays depuis la découverte du premier cas en 1976.
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Quels sont les symptômes d’un patient touché par Ebola ?
Après une période d'incubation de 2 à 21 jours, les symptômes de la maladie à virus Ebola évoluent généralement en deux phases :
- Les premiers signes (syndrome pseudo-grippal) : fièvre brutale, fatigue généralisée (asthénie), maux de tête et douleurs musculaires.
- L'aggravation des symptômes : apparition de troubles gastro-intestinaux (diarrhées, vomissements) et de douleurs au ventre.
- Les formes graves : risques d'hémorragies (saignements) et complications médicales touchant les organes vitaux.
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Qu’est-ce que le virus Bundibugyo ?
Contrairement aux précédentes urgences sanitaires en RDC, cette nouvelle vague est provoquée par le virus Bundibugyo (un membre de la famille des orthoebolavirus, au même titre que les virus Zaïre et Soudan).
Bien que le taux de létalité d'Ebola Bundibugyo soit statistiquement inférieur à celui du virus Ebola classique (estimé entre 25 % et 40 % de mortalité), la réponse médicale fait face à un obstacle majeur : il n'existe à ce jour aucun vaccin ni traitement médical approuvé pour soigner ce virus spécifique.
Sur le plan historique, il s'agit seulement de la troisième épidémie d'Ebola Bundibugyo documentée dans le monde. Ce virus a été identifié pour la première fois en 2007 en Ouganda (dans le district éponyme de Bundibugyo), où il avait causé 131 cas et 42 décès, avant de réapparaître brièvement en République démocratique du Congo en 2012.
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Comment l’épidémie d’Ebola impacte-t-elle le quotidien des populations ?
En RDC, cette épidémie s'ajoute à des décennies de conflits, de déplacements et d'insécurité alimentaire. Les habitants continuent d'aller au marché ou de travailler tout en intégrant des mesures barrières (lavage des mains, masques). Bien que familières avec le virus, les communautés subissent de lourds bouleversements sociaux, notamment la modification des rites funéraires traditionnels pour éviter la propagation de la maladie, ce qui rend le deuil très douloureux.
Ce contexte de crise chronique génère de la peur et de l'anxiété. Le déploiement massif d'aide pour Ebola - alors que la violence et la malnutrition du quotidien sont invisibilisées - crée parfois un sentiment d'injustice. Faute de réponses simples face à un virus sans vaccin, la méfiance et la désinformation se propagent, menant parfois à des tensions contre les soignants. Pour MSF, l'écoute et l'engagement communautaire sont donc les clés pour rétablir la confiance, isoler les cas et briser les chaînes de transmission.
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Quels sont les obstacles liés à la prise en charge spécifique du virus Bundibugyo ?
La gestion médicale de l'épidémie de virus Ebola Bundibugyo est extrêmement complexe, puisqu’il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique pour contrer ce variant.
Parallèlement, l'identification rapide des malades s'avère difficile sur le terrain :
- Les alertes arrivent trop tard : le manque de réactivité, en particulier dans les zones isolées ou dangereuses impacte également le suivi de l’épidémie. Les personnes infectées sont repérées trop tardivement, et les équipes de terrain ne sont pas prévenues à temps lors de l'arrivée de nouveaux malades à l'hôpital.
- Le suivi des proches est incomplet : lorsqu'une personne tombe malade, il faut immédiatement retrouver tous ses « cas contacts » pour les surveiller et éviter qu'ils n'infectent d'autres personnes. Or, la grande majorité des malades qui arrivent à l'hôpital n'avaient pas été identifiés comme cas contacts au préalable. L'épidémie progresse ainsi sans être vue.
De plus, le diagnostic est compliqué : la confirmation des prélèvements exige des équipements et des normes de sécurité spécifiques qui ne se trouvent que dans un nombre restreint de laboratoires spécialisés.
En République Démocratique du Congo (RDC), l'éloignement de ces structures par rapport aux zones isolées crée des délais logistiques importants. Ce retard pour obtenir les résultats d'analyses freine l'isolement des patients et complique grandement le contrôle de la vitesse de propagation du virus au sein des communautés.
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Y aura-t-il bientôt un traitement ou un vaccin contre Ebola Bundibugyo ?
Les vaccins utilisés lors des précédentes épidémies en République Démocratique du Congo ne protègent pas contre le virus Bundibugyo. Face à ce vide thérapeutique, l'OMS, le ministère de la Santé et les chercheurs étudient l'opportunité de lancer des essais cliniques pendant cette épidémie pour évaluer de futurs candidats vaccins et traitements.
MSF et Epicentre participent activement à cet effort à travers l’étude BRAVO : menée en Ituri et au Nord-Kivu auprès de 20 000 agents de santé de première ligne, elle évalue l’utilisation du vaccin ERVEBO® comme mesure transitoire de protection.
En attendant les avancées de la recherche médicale, la prise en charge des patients repose exclusivement sur des soins de soutien (réhydratation, oxygénothérapie, gestion des symptômes) pour maximiser les chances de survie. Faute de traitement ciblé, la riposte se concentre sur le dépistage rapide, le traçage des cas contacts et la prévention des infections dans les structures de santé.