Syrie : la volonté politique manifestée sur le dossier des armes chimiques doit être appliquée d’urgence à l’aide humanitaire

Projet MSF dans le gouvernorat d'Idlib en Syrie. MSF
Projet MSF dans le gouvernorat d'Idlib, en Syrie. © MSF ©MSF

La mobilisation politique massive sur la question des armes chimiques en Syrie, soulignée le 11 octobre dernier par l’attribution du Prix Nobel de la Paix à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), doit immédiatement être appliquée à l’accès humanitaire dans le pays, déclare Médecins Sans Frontières.

En Syrie, de nombreuses régions restent assiégées, totalement coupées d‘une assistance humanitaire vitale, parce que Damas en refuse l’accès ou à cause de l’intensité des combats. Ainsi, à l’est et à l’ouest de la Ghouta, dans les faubourgs de Damas, zones visitées par les inspecteurs en charge du démantèlement de l’arsenal chimique syrien, des médecins font état de pénuries aiguës de médicaments et de cas de malnutrition liés au manque de nourriture. Mais aucune assistance ne peut pénétrer dans ces zones.

« Le peuple syrien se trouve aujourd’hui dans une situation absurde où les inspecteurs de l’OIAC se déplacent librement dans des zones où les besoins sont immenses, mais où les ambulances, la nourriture et les médicaments ne peuvent entrer, note Christopher Stokes, directeur général de MSF. Les pays influents se sont réunis pour trouver un accord sur les armes chimiques et le mettent en oeuvre. Ils ont montré que cela était possible. On se demande aujourd’hui où sont les efforts pour rééditer cet exploit sur la question brûlante de l’accès à l’aide humanitaire ? »

La paralysie de l’accès humanitaire ne se limite pas aux zones assiégées. Dans le gouvernorat d’Alep, d’intenses bombardements pendant plusieurs jours à As Safirah et Abou Djirin, ainsi que sur des camps de personnes déplacées dans la région, ont forcé 18 000 familles à fuir pour sauver leur vie. MSF a traité 20 personnes grièvement blessées, dont de nombreux enfants, mais il a été impossible d’accéder aux familles déplacées du fait des bombardements continus.

La volonté politique manifestée sur la question des armes chimiques a rapidement mené à l’adoption à l’unanimité d’une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elle a aussi permis aux inspecteurs d’être autorisés à visiter des zones assiégées depuis des mois. A l’opposé, le manque de mobilisation politique sur la question de l’accès humanitaire laisse des zones à Alep et dans les faubourgs de Damas coupées de toute assistance. Et des fournitures médicales essentielles sont systématiquement bloquées aux lignes de front.

Le déploiement d’équipes internationales qui est problématique pour les organisations humanitaires depuis le début du conflit a été  relativement simple pour l’équipe conjointe ONU/OIAC. En quelques semaines seulement, entre 50 et 100 inspecteurs pour les armes chimiques sont arrivés en Syrie. A titre de comparaison, après deux ans et demi de conflit, l’agence humanitaire de  l’ONU a dû, en mars dernier, diviser par deux ses effectifs qui comptaient 100 personnes et n’a pas pu les ré-augmenter depuis.

« MSF reconnaît la gravité de l’utilisation d’armes chimiques et l’importance capitale de la tâche des inspecteurs de l’OIAC. Mais la rapidité du déploiement de ces inspecteurs a créé un précédent. Dès lors, la déclaration présidentielle du Conseil de Sécurité de l’ONU du 2 octobre sur l’aide humanitaire doit être mise en œuvre avec effet immédiat, conclut Christopher Stokes. MSF appelle les autorités de Damas, les groupes d’opposition et les pays qui ont une influence dans ce conflit à s’assurer que les humanitaires peuvent travailler en toute sécurité et sans entrave et que l’aide humanitaire puisse être immédiatement déployée dans les régions du pays qui en ont le plus besoin. »

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ACTIVITES DE MSF EN SYRIE ET DANS LA REGION

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