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Syrie : l'aide transfrontalière vitale doit être renouvelée

Syrie : l'aide transfrontalière vitale doit être renouvelée
Un membre du personnel de MSF marche entre les tentes lors d'une évaluation des infrastructures d'eau et d'assainissement dans un camp de déplacés au nord-ouest de la Syrie. © Abdurzaq Alshami

MSF appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à renouveler la résolution transfrontalière, qui expire le 10 juillet 2022, pour l'acheminement de l'aide humanitaire en Syrie via le point de passage de Bab Al-Hawa, à la frontière avec la Turquie. Il s'agit du seul point de passage humanitaire approuvé vers le nord-ouest de la Syrie.

Dernière voie d'accès

La fermeture de cette dernière voie d'accès au nord-ouest de la Syrie ne ferait qu’aggraver une situation humanitaire déjà désespérée dans cette zone du pays. Sur les 4,4 millions de personnes vivant dans le nord-ouest de la Syrie, 4,1 millions ont besoin d'une aide humanitaire. Plus de 60% sont des déplacés. L'accès aux soins médicaux reste difficile pour beaucoup en raison de l'insécurité, de l’éloignement des établissements de santé, du coût des services et de celui des transports. Chaque mois, les opérations transfrontalières viennent en aide à plus de 2,4 millions de personnes dans le besoin dans cette région.

 « La menace toujours présente d'un non-renouvellement de la résolution transfrontalière pèse comme une épée de Damoclès sur les populations du nord-ouest de la Syrie, avec en toile de fond des besoins humanitaires et médicaux écrasants et une grave crise économique », explique Claire San Filippo, cheffe de mission MSF en Syrie. « Le Conseil de sécurité des Nations unies doit autoriser les opérations transfrontalières qui sauvent des vies. Si cette ligne de vie est coupée, l'accès à la nourriture de base, à l'eau et aux soins de santé de millions de personnes sera drastiquement réduit et entraînera des décès » ajoute-t-elle.

En 2021, plus de 99% du matériel et des médicaments de MSF dans le nord-ouest de la Syrie ont été acheminés par Bab Al-Hawa. Si la résolution n'est pas renouvelée, la plupart des hôpitaux et des établissements de santé ne disposeraient pas des fournitures médicales nécessaires pour fonctionner. MSF serait confrontée à des difficultés accrues pour atteindre les populations les plus vulnérables et serait contrainte de revoir le volume et la qualité de l'aide sanitaire fournie dans le nord-ouest de la Syrie.

90% sous le seuil de pauvreté

Onze ans de conflit, la pandémie de covid-19, l'aggravation de la crise économique, les sanctions et les répercussions de la guerre en Ukraine sur le prix des denrées alimentaires et du carburant ont encore dégradé les conditions de vie de la population en Syrie. Selon l'ONU, plus de 14,6 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, soit une augmentation de 1,2 million par rapport à 2021. Le prix du panier alimentaire s'envole, pour atteindre le prix moyen le plus élevé jamais enregistré depuis le début du suivi en 2013. 90 % de la population reste sous le seuil de pauvreté.

L'envoi de l'aide par le point de passage de Bab Al-Hawa reste le moyen le plus rapide, le plus efficace, le plus transparent et le moins coûteux de faire passer l'aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie. Il n'existe actuellement aucune alternative viable à ce mécanisme. MSF appelle les membres permanents et non-permanents du Conseil de Sécurité des Nations unies à renouveler la résolution transfrontalière de l'UNSCR (2585) pour la fourniture d'aide humanitaire à travers Bab Al-Hawa dans le nord-ouest de la Syrie.

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