MSF exhorte les pays du G7 à suivre l’initiative française sur l’accès aux médicaments

Manu Brabo
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Pour espérer atteindre la ‘couverture sanitaire universelle’, il est urgent de diminuer le prix des médicaments essentiels.

Médecins Sans Frontières (MSF) salue l’initiative du gouvernement français, qui a mis à l’ordre du jour du sommet du G7 au Japon les questions de l’accès aux médicaments (et de leurs prix exorbitants) et de la recherche et développement (R&D) des médicaments essentiels. Cependant, cette initiative a rencontré la forte opposition d’autres pays du G7, empêchant d’arriver à une déclaration et un engagement clairs de la part des pays du G7 quant au rôle qu’ils entendent jouer en faveur de l’accès aux médicaments.

MSF exhorte les pays du G7 à changer de position, en donnant la priorité à la discussion sur ce sujet, et en soutenant le travail du Groupe de haut niveau sur l'accès aux médicaments du Secrétaire général des Nations Unies, qui va culminer dans une importante réunion à New York en septembre prochain. MSF appelle aussi les pays du G7 à ne pas céder à la pression de leurs lobbies pharmaceutiques, qui leur demandent d’ignorer ou de réduire l’importance de ce sujet au sommet du G7 et au-delà.

« Dans nos programmes, nous constatons tous les jours les conséquences du prix trop élevé des médicaments, ou du fait que certains traitements n’existent tout simplement pas, explique le Dr. Greg Elder, coordinateur médical de la Campagne d’Accès aux Médicaments Essentiels (CAME) de MSF. Il s’agit d’une crise globale, et elle mérite l’attention des dirigeants des pays les plus puissants. La balle est dans le camp des Etats, qui doivent arrêter la politique de l’autruche et trouver des solutions pour que les gens aient accès aux médicaments dont ils ont besoin, et puissent vivre en bonne santé. La ‘couverture sanitaire universelle’ va rester un rêve si le problème des prix des médicaments n’est pas résolu. »

Le prix exorbitant des nouveaux traitements contre l’hépatite C, vendus à 1 000 dollars par comprimé (soit près de 100 000 dollars par traitement) aux Etats-Unis, est un exemple connu de politique de prix ayant entraîné le rationnement d’un médicament, alors que 150 millions de personnes souffrent de cette maladie, et que 700 000 personnes en meurent chaque année. Ainsi, malgré l’existence de ces nouveaux traitements pouvant soigner un patient en trois mois, l’hépatite C est la maladie infectieuse la plus meurtrière aux Etats-Unis.

Dans le domaine des antibiotiques, le manque de nouveaux médicaments pour traiter les infections résistantes donne lieu à une inquiétude croissante : un rapport récent du gouvernement anglais estime qu’en 2050, 10 millions de personnes par an pourraient mourir d’une infection résistante aux antibiotiques.

Enfin, le manque de vaccins et de traitements contre Ebola a rendu très compliquée la lutte contre la maladie, qui était en train de se propager de façon incontrôlée.
Ces exemples montrent le besoin urgent de changer la façon dont les laboratoires mènent la R&D, afin qu’elle soit réorientée vers les besoins sanitaires essentiels, et qu’elle permette aux populations d’avoir accès aux médicaments à un prix abordable.

« Les Etats doivent arrêter de mettre le commerce avant la vie humaine, affirme Nathalie Ernoult, de la CAME de MSF. Le temps presse, et les pays du G7 ont la responsabilité de faire avancer ce dossier. »

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