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Covid-19 : Médecins Sans Frontières appelle à une augmentation des moyens de vaccination pour les personnes en situation de grande précarité

Elias Samim, traducteur MSF, discute avec un patient afghan à la clinique mobile avant sa vaccination contre le Covi-19.
Elias Samim, traducteur MSF, discute avec un patient afghan à la clinique mobile avant sa vaccination contre le Covi-19. © Nicolas Guyonnet/MSF

L’association constate une forte hausse du nombre de personnes sans-abri et migrantes cherchant à se faire vacciner contre la Covid-19 auprès de ses équipes à Paris et en Ile-de-France. Alors que la mise en place du « pass sanitaire » risque de les marginaliser encore davantage, il est urgent que les autorités sanitaires débloquent plus de moyens financiers et humains pour garantir la vaccination de ces personnes.

Depuis le 8 juin 2021, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont vacciné 3 130 personnes vivant en situation de grande précarité à Paris et en Ile-de-France, en allant directement à leur rencontre dans des centres d’hébergement d’urgence, des accueils de jour, des foyers de travailleurs et des lieux de distributions alimentaires.

Suite aux annonces du président de la République le 12 juillet, une très forte augmentation de la demande en vaccination a été constatée sur les différents lieux d’intervention de l’association. Ainsi, 1 962 doses ont été administrées entre le 12 et le 23 juillet par les équipes MSF à Paris et en Ile-de-France, contre 755 les deux semaines précédentes.

Comme le reste de la population française, les personnes qui vivent à la rue ou en grande précarité devront d’ici quelques jours être munies d’un « pass sanitaire » pour accéder à certains lieux et activités. « De nombreuses incertitudes demeurent sur les possibilités d’accès aux centres d’hébergement d’urgence, établissements médico-sociaux ou centres d’accueil de jour. Se rendre dans un café est pour certains un moyen essentiel d’accéder à une connexion internet, de réaliser des démarches en ligne, de charger un téléphone : sans « pass sanitaire », cela ne sera bientôt plus possible » explique Corinne Torre, cheffe de mission MSF en France.

Autre sujet d’inquiétude, la situation des mineurs non accompagnés en recours judiciaire pour faire valoir leurs droits à une protection par l’Aide Sociale à l’Enfance, un public qu’accompagne MSF depuis 2017. Ces adolescents n’ont pour l’instant pas accès à la vaccination contre la Covid-19, notamment dans les centres médico-sociaux qui les vaccinent contre d’autres pathologies, faute d’un représentant légal pour assumer cet acte médical. Des solutions réalistes doivent être trouvées en urgence pour pallier à l’absence de représentant légal de ces adolescents et garantir un interprétariat afin de s’assurer de leur consentement.

Les personnes en situation de grande précarité en France, qu’elles soient migrantes ou non, font face à des obstacles quotidiens pour se nourrir, se soigner, dormir sous un toit. « Pour éviter que le déploiement du « pass sanitaire » ne devienne une double peine accentuant l’exclusion et la détresse des plus fragiles faute d’accès à la vaccination contre la Covid-19, il est indispensable que les autorités sanitaires débloquent de nouveaux moyens pour faire monter en puissance les initiatives de vaccination pensées spécifiquement pour ce public, déclare Corinne Torre. Un travail de sensibilisation, d’information et d’orientation, accompagné de services de traduction lorsque nécessaire, doit être développé afin d’accélérer la vaccination des personnes précaires qui le souhaitent et risquent  d’être les grandes oubliées des nouvelles mesures sanitaires ».

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