Guerre au Yémen : comment empêcher la catastrophe programmée ?

Michaël Neuman, directeur d'études au CRASH, en débattait dans l'émission 28 Minutes sur Arte.

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Au Yémen, une situation humanitaire «désespérée»

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Bataille de Mossoul, Irak : un an après, les capacités des structures médicales de la ville toujours réduites de 70%

Hôpital Nablus, Mossoul
Salle des urgences de l'hôpital Nablus, à Mossoul-Ouest, Irak. ©Louise Annaud/MSF

Un an après la fin de la bataille de Mossoul entre le groupe État islamique (EI) et les forces irakiennes, la reconstruction de la ville tarde. Les centres de santé ne sont pas en capacité de faire face à l’afflux des milliers de personnes qui reviennent y habiter, et qui sont confrontées à la présence d’engins explosifs et à des conditions de vie précaires.

Au cours du mois de mai, près de 46 000 personnes sont revenues s’installer à Mossoul. Neuf hôpitaux publics sur treize ont été endommagés lors de la bataille pour le contrôle de la ville, réduisant les capacités de prise en charge et le nombre de lits d’hôpitaux de 70%. La reconstruction des structures de santé a été particulièrement lente. La ville dispose de moins de mille lits d’hôpitaux pour une population totale de 1,8 million de personnes, soit la moitié du nombre requis par les normes minimales internationales en matière d’assistance humanitaire.

« La population de la ville augmente quotidiennement, et l’écart entre les services disponibles et les besoins de la population ne cesse de se creuser », explique Heman Nagarathnam, chef de mission de MSF en Irak. « Des services d’urgence, chirurgicaux, oncologiques et de prise en charge des grands brûlés sont nécessaires. Pour les nombreux blessés de guerre, qui n’ont pas accès aux soins, il faut des services de suivi chirurgical, de gestion de la douleur et de kinésithérapie. »   

« Les autres besoins comprennent notamment des services de santé mentale afin d’aider les personnes à surmonter les traumatismes liés aux violences qu’elles ont subies pendant l’occupation de la ville par l’EI, puis pendant le siège, ainsi qu’à la perte de proches. »

Au sein de l’hôpital de MSF situé dans l’ouest de Mossoul, l’équipe a constaté ces 12 derniers mois une augmentation des blessures causées par des mines, et plus récemment, liées aux conditions de vie très difficiles dans la ville – mauvaise hygiène à cause du manque d’eau et d’électricité, bâtiments endommagés, présence d’engins explosifs improvisés. En mai dernier, MSF a reçu 3 557 patients au service d’urgence de son hôpital dans l’ouest de Mossoul. 95% des cas de traumatismes admis étaient liés aux conditions de vie dangereuses.

« La bataille a officiellement pris fin il y a un an à Mossoul, et il y a encore beaucoup à faire dans l’année à venir pour améliorer l’accès aux soins », explique M. Nagarathnam. « Les autorités nationales avec le soutien de la communauté internationale doivent s’engager dans la reconstruction des infrastructures médicales publiques. Les établissements de santé ont besoin de médicaments et de matériel médical pour assurer la prise en charge et le traitement des patients. »

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