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20.000 malades du choléra en Angola et une réponse largement insuffisante

Dix semaines après la confirmation du premier cas de choléra à Luanda, la capitale de l'Angola, quelque 20.000 personnes ont été infectées - parmi lesquelles environ 900 sont mortes - et la maladie s'est propagée à une grande partie du pays.


Mardi 25 avril, 929 nouveaux cas et 25 décès ont été enregistrés, ce qui représente le bilan quotidien le plus lourd à ce jour. Or, les mesures prises pour endiguer l'épidémie demeurent largement insuffisantes. Médecins Sans Frontières demande au gouvernement angolais et aux organisations d'aide internationales d'intensifier leurs efforts pour contenir l'épidémie.

"Tout le monde a été lent à réagir", déplore Richard Veerman, chef de mission de MSF en Angola. "De nombreux facteurs ont contribué à faire de cette épidémie de choléra l'une des pires en Angola. Mais avec ce que l'on sait aujourd'hui, il n'y a plus d'excuse: il faut faire tout ce qui est humainement possible pour empêcher que le bilan en vies humaines prenne des proportions beaucoup plus importantes."

Cette semaine, MSF a recensé une moyenne de 30 nouvelles personnes infectées et d'un décès toutes les heures. Dans l'un des centres de traitement MSF à Luanda, 240 nouveaux patients ont été admis en 24 heures. L'équipe a rapidement monté deux nouvelles tentes, afin d'augmenter la capacité de notre structure déjà débordée.

La majorité des cas de choléra sont généralement détectés après le pic épidémique (la période durant laquelle le nombre de nouveaux cas par jour est le plus élevé). "Aujourd'hui, nous n'avons pas encore atteint le pic de cette épidémie. Même en se basant sur des estimations prudentes, on peut dire que le bilan sera extrêmement lourd", poursuit Richard Veerman.

Une épidémie hors de contrôle
Ces dernières années, la ville de Luanda et les régions reculées d'Angola ont été épargnées par les épidémies majeures. Pendant la guerre, la population se déplaçait difficilement à travers le pays et le choléra avait peu de chance de se propager à partir des bidonvilles de la capitale. En conséquence, la population est peu résistante à la bactérie à l'origine du choléra. Les habitants sont très peu informés de ce qu'ils peuvent faire pour se protéger, eux et leur communauté, de l'infection.

"Quoi qu'il en soit, cette épidémie est hors de contrôle", explique Luis Encinas, coordinateur de l'urgence choléra. "Il est crucial que les autorités définissent et mettent en oeuvre une stratégie nationale afin de contenir la propagation de la maladie, assurent l'accès aux installations de traitement, garantissent la mise à disposition gratuite d'eau potable et améliorent les conditions d'hygiène. Elles devraient également mettre en place un système efficace de collecte des données épidémiologiques et intensifier leurs campagnes de sensibilisation à la maladie, en particulier en dehors de la capitale."

MSF dispose de 10 centres de traitement du choléra en Angola: six à Luanda, un à Benguela, un à Malanje, un à 'Ndalatando et un à Caxito. 55 expatriés et 330 collaborateurs locaux travaillent dans ses projets choléra. A ce jour, 11.700 patients ont été soignés dans les centres MSF.

Pour plus d'informations, contactez:
Isabelle Merny : +33 1 40 21 28 42.
Des photographies sont disponibles et des images arriveront demain vendredi 28 avril (format Beta et DV cam).

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