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Yémen : la malnutrition infantile explose dans plusieurs régions du pays

Une mère et son enfant souffrant de malnutrition aux urgences de l'hôpital d'Amran. Yémen. 2022.
Une mère et son enfant souffrant de malnutrition aux urgences de l'hôpital d'Amran. Yémen. 2022. © Athmar Mohammed/MSF

Les équipes MSF constatent dans les structures de santé où elles travaillent au Yémen une recrudescence du nombre d’enfants malnutris, notamment dans les gouvernorats de Hajjah, Hodeidah, Saada, et Amran. Entre janvier et octobre 2022, 7 597 enfants malnutris ont été pris charge, soit 36 % de plus qu’en 2021 sur la même période.

Il y a en général un pic de la malnutrition au Yémen entre les mois de juin et de septembre. Mais en 2022, les équipes MSF de plusieurs régions ont constaté une arrivée du pic dès  avril ou mai. Cette précocité, couplée au nombre élevé d’enfants malnutris sévères, a submergé les centres soutenus par MSF. Dans certaines zones, MSF a augmenté sa capacité d’intervention et déployé des interventions d’urgence afin de répondre à l’explosion de cas de malnutrition aiguë et aux complications sanitaires aggravées telles que la diarrhée, la pneumonie et l'anémie.

« Nous nous sommes rendus à l’Hôpital d’Abs à plusieurs reprises s et à chaque fois la situation de mon petit-fils de 4 ans s’améliorait, explique Shohra Mohamed. Les centres de santé les plus proches ne disposent pas d’aliments thérapeutiques. La dernière fois qu’il a été hospitalisé, c’était il y a 20 jours. Son père est absent. Avec sa mère, on essaye de le nourrir comme on peut, mais on peut rarement se permettre de lui donner du lait. »

Les équipes MSF du gouvernorat d’Amran qui travaillent à l’hôpital Al-Salam-Khamer ont par exemple constaté une forte hausse du nombre de patients présentant une malnutrition aigüe sévère dès la fin du mois de mai. Le taux d’occupation des lits dans le centre d'alimentation thérapeutique a atteint 396 % en septembre 2022. Au même moment, le nombre de consultations d'urgence a augmenté de plus de 20 %. Entre janvier et septembre 2022, 31 patients malnutris aigus sévères sont décédés. La plupart d’entre eux sont malheureusement arrivés trop tard, avec des complications médicales trop sévères pour être traitées.

Un enfant de 6 mois souffrant de malnutrition et de complications, en consultation pédiatrique dans l'hôpital d'Ad Dahi. Yémen. 2021.

 
 © Majd Aljunaid/MSF
Un enfant de 6 mois souffrant de malnutrition et de complications, en consultation pédiatrique dans l'hôpital d'Ad Dahi. Yémen. 2021.   © Majd Aljunaid/MSF

La malnutrition est un risque persistant pour les enfants au Yémen. Le pays est affecté par des pics saisonniers et annuels, généralement liés à la saison de soudure, causée par des perturbations de la production agricole dans les zones rurales. Ce schéma a été constaté avant l’intensification de la guerre fin 2014, mais il a empiré en raison des conséquences directes et indirectes du conflit. La profonde crise économique, l'effondrement du système de santé et les pénuries de matériel et d’équipement affectent la prise en charge de la malnutrition.

Des membres des équipes MSF préparent du lait thérapeutique pour les enfants hospitalisés à l'hôpital d'Abs. Yémen. 2022.
 © Jinane Saad/MSF
Des membres des équipes MSF préparent du lait thérapeutique pour les enfants hospitalisés à l'hôpital d'Abs. Yémen. 2022. © Jinane Saad/MSF

Cette situation affecte particulièrement les plus vulnérables et notamment les personnes déplacées par le conflit. « La plupart d’entre elles n’ont aucun revenu régulier, explique Saddam Shayea, superviseur de la promotion de la santé à l'hôpital de Abs. Un autre enjeu est le manque d’accès à de l’eau propre. Cela augmente les cas de diarrhées par exemple, s’ajoutant au manque de matériel d’hygiène qui est essentiel pour réduire le risque ou limiter la propagation de certaines maladies. »

Les difficultés d’accès aux soins prénatals font aussi partie des facteurs qui contribuent à l’augmentation de la malnutrition. En 2021, seules 10 % des femmes ayant accouché à l'hôpital d’Abs avaient bénéficié au moins d’une consultation prénatale. Les consultations prénatales sont généralement l'occasion d'identifier et de traiter la malnutrition chez les femmes enceintes en les orientant vers les services de nutrition appropriés. Cela améliore l'issue de la grossesse et réduit les risques de malnutrition chez les nouveau-nés et les nourrissons. Cette année, dans ce même hôpital, plus de 50 % des mères prises en charge souffraient de malnutrition. Par ailleurs, la population est peu sensibilisée à l'importance de l'allaitement maternel et des vaccinations de routine pour les enfants;

Outre les programmes de santé, les lacunes des programmes de nutrition et d'assistance alimentaire, ainsi que la qualité insuffisante des services d'eau, d'assainissement et d'hygiène ont augmenté les risques de malnutrition et de complications associées, qui sont plus importants avec les maladies transmises par l'eau.

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