Wonder Women : portraits de femmes de Gaza

Wonderwomen (women of Gaza)
©Ovidiu Tataru

« Nous aimons la vie, nous aimons vivre, nous aimons étudier, nous aimons faire comme tout le monde mais nous ne pouvons pas. Nous aimons Gaza et nous ne quitterons jamais Gaza. Nous aidons les victimes de guerres, nous nous entraidons et nous allons protéger nos familles autant que nous le pouvons. Les habitants de Gaza sont forts, simplement du fait de vivre dans la bande de Gaza. » 

Par le projet « Wonder Women », le photographe Ovidiu Tataru dresse le portrait de femmes de Gaza, dans les Territoires palestiniens, drapées d’une cape de super-héros.

« Ma démarche tend à glorifier les qualités humaines de ces personnages. Je voulais donner une voix à toutes les femmes de Gaza, de véritables héroïnes qui vivent dans un contexte très difficile : taux de chômage élevé, guerre, droits des femmes limités. Je voulais aussi me débarrasser des images stéréotypées de la réalité gazaouite (bâtiments détruits, pauvreté…) et capter les sourires, miroirs de l’espoir de paix et d’une vie meilleure. »

Nombre des femmes qui se sont prêtées au jeu du portrait sont des employées de Médecins Sans Frontières à Gaza. Le photographe a lui-même travaillé ces derniers mois au sein de notre équipe. Par ailleurs, MSF, présente à Gaza depuis plus de 12 ans, souhaite témoigner de la situation actuelle dans le pays en sortant des images habituelles de destruction ou de la souffrance du peuple gazaouite. C’est la raison pour laquelle MSF s’associe à Ovidiu Tataru pour présenter la série Wonderwomen (Women of Gaza).

Leyan

Leyan, 19 ans, étudie la médecine buccale et est danseuse professionnelle de dabkah - une danse traditionnelle palestinienne. 
« Nous avons nos rêves, notre vie et nos habitudes. Je n’envisage pas l’échec ; ce n’est pas une notion que je connais. Je préfère parler de “seuil de réussite”. Je suis parvenue à obtenir la note la plus élevée à l‘école secondaire et je suis entrée à l‘école de médecine buccale. Je rêve de devenir dentiste. Je veux aider mon peuple et espère avoir un rôle important dans la société. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Heba & Jasmine

Heba, 30 ans, à gauche. Mère de deux enfants, elle habite à Gaza : « Être une femme à Gaza, c’est tout prendre en charge. Nous prenons soin de la famille, nous cuisinons, nous étudions et nous travaillons. Nous faisons tout sans jamais nous plaindre et nous voulons en faire plus. Nous pouvons effectivement tout faire. Nous faisons tout comme n’importe quelle autre femme dans le monde. Nous suivons la mode, à notre manière. »

Jasmine, à droite, traductrice arabe - français à Gaza : « Je souhaite juste des choses simples : que les frontières soient ouvertes à nouveau, qu’il y ait de l‘électricité et de l‘eau propre. Il est difficile de vivre à Gaza. Je veux juste vivre comme toute autre femme. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Mais

Mais, 18 ans, étudiante en ingénierie architecturale : « Je veux dire à toutes les femmes et les filles dans le monde qu‘il n’est jamais trop tard pour essayer quelque chose de nouveau. Il faut faire confiance à la magie du début et ne pas arrêter l‘aventure. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Latifa & Basma

Latifa, à gauche, environ 60 ans, mère de quatre enfants : « J’ai élevé mes enfants seule en Égypte alors que mon mari travaillait en Palestine. Lorsque nous avons finalement réussi à vivre ensemble dans la bande de Gaza, mon mari est décédé et je me suis retrouvée à nouveau seule avec mes enfants. Ma famille est au Liban. Je ne les ai vus qu’une fois en 33 ans. Mais je me sens à ma place ici, à Gaza. C’est un endroit merveilleux, parce que les gens sont chaleureux. »

 

Basma, à droite, 34 ans, mère de trois enfants (deux garçons et une fille) : « Je suis ingénieur civil. Je tiens à le souligner pour montrer que, tout comme n’importe qui dans le monde, nous nous plaisons à étudier, à travailler, à nous marier et à avoir une vie normale. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Rawand

Rawand, 29 ans, traductrice : « Vivre dans un pays en conflit peut être difficile. Gaza est un lieu merveilleux. Nous avons choisi de ne voir que ses atouts. Il faut tirer un enseignement de tout ce que Gaza nous offre, aussi bien des massacres, de la pauvreté mais aussi du taux d’éducation élevé. C’est difficile, car de nouveaux événements surviennent sans cesse. L’aventure ne s’arrête jamais ici. La seule chose que je souhaite est que nous puissions avoir un véritable espace de liberté, être libre de penser, libre de circuler et voyager. De simples droits humains. Voilà ! »

© Ovidiu Tataru
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Amani & Samar

Amani, éducatrice de santé et infirmière en soins intensifs pour MSF, originaire de Rafah, mère d’une petite fille de cinq ans : « Malgré ce que la vie m’a réservé jusqu’à présent, j’ose croire en l’avenir. Les femmes de Gaza voient grand, plus grand que l’occupation, que le blocus ou qu’une vie sans vie. »

 

Samar, 36 ans, pharmacienne MSF : « La vie est ce que Dieu nous a offert de plus précieux. Nous méritons de vivre malgré toutes les blessures et la douleur. Dans mon travail avec MSF, je défie la mort en vivant ma vie à fond et en essayant d’inspirer les autres. Le sourire de mes enfants m’inspire et rend le monde autour de moi meilleur. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Rola

Rola , 25 ans, étudiante en administration des affaires, employée en tant qu’administratrice dans une banque : « La meilleure manière de découvrir vos forces est d’affronter vos plus grandes faiblesses. »

© Ovidiu Tataru
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Safa & Nema

Safa, à gauche, 29 ans, physiothérapeute MSF, originaire de Khan Younis : « A Gaza, être femme signifie s’exposer à des problèmes, mais nous essayons de ne pas être trop affectées. Les défis que nous rencontrons nous rendent chaque fois un peu plus fortes. J’essaye de rester positive. »

 

Nema, à droite, 34 ans, infirmière travaillant dans une clinique de MSF dans la bande de Gaza. Elle a perdu sa maison durant la dernière offensive. « Je suis infirmière et j’adore mon travail. J’apprécie particulièrement de travailler avec les enfants. Mes collègues m’appellent l’"anti-douleur" parce que je fais tout mon possible pour éviter que les enfants ne souffrent. » 

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Rana & Wafa

Rana, à gauche, physiothérapeute pour MSF : « Grandir à Gaza m‘a rendue forte face à la vie. Travailler dans le domaine médical m'a rendue encore plus forte, parce que je traite les patients qui ont vraiment souffert. Nous apprenons la vie à Gaza et nous devons enseigner à nos enfants comment survivre. Nous n’apprenons pas à nos filles comment être fortes, elles sont naturellement fortes. C’est la seule façon de gérer la vie. Tu n'as pas le choix. On doit le vivre. »

Wafa, à droite, 29 ans, physiothérapeute, vit a Gaza : « Nous sommes habitués aux guerres. Tous les deux ans il y en a une. Mais nous devons être forts, et en même temps cela nous rend forts. Pendant la dernière guerre, j’ai eu particulièrement peur car j’ai deux filles et je craignais pour leur vie. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Zena

Zena, 27 ans, est administratrice pour le Programme de Développement des Nations unies : « Le monde me voit comme fille de réfugiés, femme de prisonnier, mère d’un enfant mort, mais pour moi, je suis aussi une femme et j’existe en tant que telle. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Wafa

Wafa, 28 ans, traductrice : « Les actions des femmes de Gaza parlent d’elles-mêmes. Nous n’avons pas besoin de mots. Mais je tiens à rappeler que la situation de Gaza n’est pas si compliquée ou difficile, car nous arrivons encore à étudier et à trouver du travail. Nous avons bon espoir et nous pouvons réussir à faire beaucoup de choses. Je souhaite livrer notre message au monde et leur dire que nous sommes là, nous existons et nous méritons de vivre et de changer l‘image que les gens ont de nous dans le monde entier. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Wissam

Wissam, 46 ans, originaire de Beit Lahia – une des zones les plus affectées par le conflit. Elle est fière d’avoir trois enfants à l’université : « Je suis fière d’être palestinienne. Pas seulement une femme palestinienne car la plupart du temps je me sens davantage homme. Parce que j’assume la responsabilité à la fois d’un homme et d’une femme. »

© Ovidiu Tataru
© Ovidiu Tataru

Wonder Women à Paris

© Ovidiu Tataru

Women in Gaza

Le photographe : Ovidiu Tataru

© Ikram Ngadi/MSF

Ovidiu Tataru

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